J'ai dû écouter mon amie me parler de toi, renforçant toutes mes inquiétudes sur la façon dont tu te sentais puis sur ta capacité à te tourner vers moi dans des moments de doutes. Je t'ai vu arriver fanfaronnant et exaltant vers les autres, espérant que tu choisirais juste la discretion et la sobriété pour me féliciter. J'ai dû t'entendre chercher à lancer un joyeux anniversaire collectif pour quelqu'un, me rappelant que tu n'avais fait aucun effort pour me faire plaisir quand c'était le mien. Puis je t'ai entendu parler d'une grande empathie face à la souffrance d'une autre personne, que si tu pouvais tu y mettrais fin, alors que tu as, visiblement, la capacité de me savoir et de me voir souffrir tous les jours sans une once de volonté d'agir. Tu m'as forcé à devoir te dire "merci" alors que tu ne m'as accordé aucune parole. J'ai senti, parfois, ton regard sur moi, sauf qu'il n'a pas de raison d'exister puisque la façon dont je me sens t'es complétement égal. T'as encore fait ce putain de truc où tu écoutes quand tu sais que je parle, quand ça ne s'adresse pas à toi, alors que tu n'avais aucune envie de travailler avec moi, me forçant à travailler avec une autre personne qui ne voulait surement pas plus de moi. Mais c'était certainement plus stable pour moi que de te voir complice avec Elle. J'ai du, encore une fois, te sentir passer à côté de moi, ce moment où tu pourrais, loin des autres, faire ce putain de pas, et comprendre que tu marches indifférent. J'ai subit une nuit quasiment blanche à culpabiliser de ne pas te féliciter pour qu'au final, quand je le fasse, tu ne sois même pas assez poli avec moi pour me les rendre. Je les attendrais certainement toujours. Comme j'attendrais toujours ce moment où tu feras enfin un peu vers moi parce que tu sais que je suis loin d'être la personne que je te renvoie depuis des mois et que de toutes ces personnes à qui tu donnes de l'attention, personne n'a jamais été aussi sincère et prête à t'accepter comme tu es que je ne l'ai été. Tout ça n'arrivera pas, parce que tu l'as décidé. Je reste avec l'idée que ta passivité est une grande erreur, parce qu'elle n'amoindrit pas mes sentiments ou toute la beauté que je vois en toi, elle me fait juste sentir à quel point je peux être rejetée par une personne dénuée de méchanceté et de mauvaises intentions.
Je crois que le problème, c'est que je tiens bien trop à toi pour t'obliger à sortir de ta passivité où tu restes parce qu'elle est confortable. Mais je pense que tu le sais, que tu le sens, que ça n'est pas la bonne solution, que ça ne m'aide pas. Il reste si peu de temps que ça te semble probablement facile. Mais tu n'es pas celui qui se retient de pleurer toute la journée et qui tremble de nervosité. Sans avoir une personne dans cette classe qui comprend ce que tu ressens. Tu ne devrais pas avoir peur de me faire du mal, tu as déjà brisé mon coeur, tu m'as déjà vu pleurer pour toi, tu sais que je suis blessée. Tu te confrontes au pire tous les jours, si tu me faisais un peu confiance pour accueillir tes pensées et permettre de donner un sens à toute cette situation, tu verrais que ce serait bien plus supportable. Ou juste, simplement, si tu me montrais que tu t'inquiètes, que ça te travaille aussi, que je te blesse même parfois. Mais enfin, peut-être que je n'ai pas toute cette importance après tout et que véritablement, rien ne t'affecte et tu ne vois pas ce qu'il y a à arranger, que tu penses vraiment que je le vis mieux.