Jâai entendu un bruit sourd dans le salon, jâĂ©tais dans la chambre et je mâagaçais du bruit que tu pouvais faire pour les voisins.
Tu es entrĂ© dans la chambre et tu mâas dit en rigolant « jâai rait tomber la statue qui ressemble Ă ma mĂšre ».
Mon visage se transforme « tu lâas cassĂ©e ? »
« Oui elle sâest cassĂ©e aux pieds »
Je me lĂšve, les larmes me montent aux yeux, je hausse le ton « ce nâest pas la statue qui ressemble Ă ta mĂšre, câest la statue de ma grand mĂšre ». Je pleure Ă torrents.
Je me lĂšve de panique et me dirige vers le salon pour voir la statue, jâavais espoir quâelle se soit cassĂ©e au mĂȘme endroit que ce que je lâavais recollĂ©e.
Je tâentends marmonner « oh ça va, jâai pas fait exprĂšs ».
- « je mâen fous que tu nâaies pas fait exprĂšs, câest la seule chose quâil me reste dâelleâ
Je la regarde, elle est cassée par ailleurs de la fracture précédente. Je sent instantanément ma bouche se contracter, ma vision se trouble, un voile épais de larmes déferle sur mes joues.
Tu as osĂ© me dire âde toute façon tu lâavais dĂ©jĂ cassĂ©eâ
Jâai hurlĂ© âJE NE LâAVAIS PAS CASSĂE, ELLE SâEST CASSĂE PENDANT LE TRANSPORTâ
- Baisse dâun ton, on a des voisins
- je mâen fous des voisins
- Câest ton problĂšme tu tâen fous toujours de tout »
Quand je perdu ma grand mĂšre, jâai pleurĂ© pendant 1 semaine en presque continu, jour et nuit. Tu Ă©tais lĂ , tu sais.
A lâannonce de la casse, je me suis mise Ă pleurer comme si cela venait dâarriver.
Plus dâ1h30 aprĂšs, je nâarrive pas mâarrĂȘter de pleurer. Mes yeux sont enflĂ©s, ma mĂąchoire serrĂ©e.
Au bout de 10 minutes Ă mâĂ©couter pleurer, tu as pris la fuite dans la chambre dâĂ cotĂ©.
Je tâen veux, je pense que je ne pourrais pas te pardonner. Je rejoue la scĂšne en boucle, aussitĂŽt que je me calme, mon visage se remet Ă grimacer, les larmes coulent en riviĂšre.
Câest matĂ©riel, ce serait nâimporte quoi dâautre je tâaurais dit que ce nâĂ©tait pas grave. Cet objet lĂ , câest le seul que personne ne pourra jamais remplacer, racheter.
Je ne te pardonnerai pas de me lâavoir annoncĂ© en riant comme si câĂ©tait insignifiant, tu sais pertinemment ce que cette statue reprĂ©sente pour moi; dâavoir Ă©tĂ© obligĂ© de ramener cet objet Ă toi âqui ressemble Ă ma mĂšreâ cette statue est Ă MA grand mĂšre et ressemble Ă MA mĂšre; de ne pas tâĂȘtre confondu en excuses; dâavoir utilisĂ© un argumentaire absurde comme si tu ne pas pouvais anticiper le mal que cela me ferait.
Je ne te pardonnerai jamais dâavoir altĂ©rĂ©, souillĂ© mon souvenir dâelle. Ce souvenir que jâaurais voulu garder intact Ă vie. Jâaurais beau la recoller, tu lâas altĂ©rĂ© et tu nâavais pas le droit, cela ne tâappartenais pas.
Je nâai rien dâelle Ă part cette statue et 3 colliers fantaisies.Tu sais trĂšs bien que ce nâest pas une simple statue Ă mes yeux, câest elle, mon souvenir.
De tous les objets dans lâappartement, il nây en a quâun irremplaçable, qui a une valeur sentimentale inestimable, et tu lâas cassĂ©.
Tu nâas aucune excuse valable : tu nâes pas un enfant, nous nâavons pas de chien, la disposition de lâobjet nâĂ©tait pas risquĂ©e.
Tu nâas pas Ă©tĂ© precautionneux, tu nâas pas respectĂ© mon objet et ne tâes pas comportĂ© avec respect Ă proximitĂ© de celui ci.
Il nây aura aucun niveau dâĂ©nergie ou de temps qui pourra rĂ©parer cela. Il mâest impossible de te pardonner, et je ne le ferai pas.
Je suis tellement en colĂšre, jâen ai la nausĂ©e.