Ah oui, cette nuit avant de me coucher à une heure quasi ok, je m'étais interrogée sur la possibilité de laisser une note pour la postérité, enfin un post sur facebook qui sera noyé dans les gif de chats, les niouzes pourraves et les infos complotistes.
Comme Ă chaque fois que je me couche, les pensĂ©es Ă©taient bien organisĂ©es, affutĂ©es mĂȘme, mais j'avais rĂ©sistĂ© Ă cette urgence de publication, parce que quand mĂȘme, me glisser sous les couvertures avant 3h du matin offre un goĂ»t de victoire Ă mes papilles que trĂšs peu de personnes peuvent imaginer.
Dans mon esprit, je mentionnais le temps qui passe, la sagesse qui arrive par petites touches, la joie de se rendre compte de l'apaisement vis-à -vis de certaines situations et personnes, les projets qui frappent à la porte alors qu'on a tout fait ces derniers mois pour que rien ne vous atteigne (oui, ces derniers mots* peuvent se comprendre de deux maniÚres, et dans les faits, c'est ce qui est arrivé, j'étais littéralement hors de portée, réseau bloqué, passage sous tunnel permanent, mieux vaut rien que le risque de se brûler encore).
Nous sommes demain, et ce que je voulais dire hier, enfin techniquement ce matin puisque quand mĂȘme aprĂšs minuit, suivez s'il vous plait, est passĂ© en mode myopie. C'est flou.
Alors je vais improviser.
J'ai en ce jour 116 ans, mais c'est juste un chiffre.
Dans les faits, je navigue entre 8 et 14 et 28 et 37 et 50 et 70, numĂ©ro complĂ©mentaire le 48. C'est souvent Ă©puisant, parfois source de problĂšmes, mais toujours enrichissant, si je suis honnĂȘte.
J'aimerai ĂȘtre un tout cohĂ©rent, c'est mon but depuis que je suis enfant, ĂȘtre un tout estampillĂ© "conforme", mais je suis une mosaĂŻque qui s'assemble et se dĂ©fait au rythme des Ă©vĂ©nements qui jalonne le parcours, qui devient Parkour parfois, qui laisse la place Ă un grand parc apaisĂ© les bons jours.
...
Une fois c'est un événement isolé, deux fois une coincidence, mille fois ... Un modus operandi.
Et if you can't beat it, join it, comme les grands bretons disent.
Premier point réglé, donc ?
Allez, on va dire oui.
L'autre point important en tant qu'individu vivant, c'est  que je suis mon propre véhicule - et oui, Capitaine, le spoiler alert se trouve ici, ton vaisseau c'est toi, et personne ne te file le manuel au départ, donc y'a moyen que tu percutes arbre/récifs/trou noir en moins de temps qu'il ne faut pour dire "Fillon rends l'argent" si tes planÚtes sont mal alignées -
Du coup le mieux Ă faire c'est de profiter du voyage en regardant le paysage, tranquillement, en gardant en tĂȘte que de toute maniĂšre personne n'en sortira vivant. Et voila, en quelques mots vous vous retrouvez empli de la quiĂ©tude nonchalante du philosophe français commentateur officiel de l'actualitĂ© (Finki, rends l'antenne).
En 2020, j'ai pris pour résolution timide de faire quelque chose de 2021, de me rapprocher un tout petit peu de ma premiÚre vocation (tu demandes laquelle ? Hum, maßtre du monde, oui, mon moi de 5 ans avait de l'ambition).
Au pire j'ai encore mes trois autres vocations sous le coude, fée, archéologue, et chanteuse disco. Ce n'est pas abaisser mes ambitions, c'est se préparer à rebondir s'il le faut, nuance Hortense.
Alors voila, la note pour la postérité est là , et si tu la lis, c'est que d'une maniÚre ou d'une autre je t'apprécie.
* le truc rigolo, c'est que j'ai fait un lapsus de doigts en écrivant ces derniers "mois" et pas "mots" au départ, et que là aussi, les deux propositions font sens ...