It took a while for “Voldemort” to catch on…
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It took a while for “Voldemort” to catch on…
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Échos
Plus j’avance dans DMDS, plus je m’amuse à fonctionner en miroirs. Bien sûr, la saga originelle est elle-même construite autour d’un pilier central qu’est la Coupe de Feu. Ce n’est un secret pour aucun pottergeek que les passerelles sont nombreuses - et généralement, justifiées. [s’incline devant Lady Rowling] J’adore écrire l’amitié James-Sirius, et si ça doit paraître évident pour beaucoup de lecteurs, le parallèle avec la relation Harry-Ron n’a pas pris toute son ampleur dans ma tête que depuis que j’écris cette fic. Depuis, je regrette d’autant plus amèrement que Sirius n’ait pas été suffisamment “remis” d’Azkaban pour nouer de véritables liens avec Harry, et pas un ersatz de sa relation avec James, parce que BON SANG, si quelqu’un ressemble à Sirius Black, c’est bien son filleul ! Tous les deux parias dans leurs familles pré-Poudlard, avec de nombreuses qualités de Serpentard, et une tendance à se refermer sur eux-mêmes, tandis que Ron et James viennent de familles chaleureuses et fonctionnelles et sont naturellement répartis à Gryffondor… tous deux ont subi leur famille biologique et se sont construits une famille d’élection. Tous deux sont régulièrement challengés sur leurs personnalités, et les limites qu’ils tracent dans leur conscience entre le bien et le mal. Le parrain et le filleul auraient eu tellement de choses à dire. Pas merci les troubles post-traumatiques, pas merci la dépression, pas merci l’alcoolisme. Sirius et Harry auraient eu tant à partager de part leurs expériences propres, avant même de parler du deuil qu’ils ont en commun. Et en plus, cette fois, ça aurait été à parts égales : Sirius regrette quelque chose qu’il a connu, qui a empli sa vie et été tout à fait réel pour lui, alors que Harry regrette une absence, une présence dont il n’a aucun souvenir conscient et qui apparaît comme une illusion, un fantôme de réalité qui hante pourtant son existence. Ils ne partent pas du tout du même endroit concernant la mort de James et Lily. Bon sang, formez des psy-sorciers, on aurait peut-être évité la catastrophe du destin tragique de Sirius Black... Bien sûr, les patronus de Harry et James sont des cerfs, et chacun à leur manière sont des leaders naturels, tandis que ceux de Ron et Sirius sont des chiens, loyaux et acceptant (encore une fois chacun à leur manière) de vivre dans l'ombre de leurs meilleurs amis. J'aime bien cet effet miroir, où l'histoire se répète d'une certaine manière… mais pas complètement quand même. On sait que James et Harry sont des leaders, d’excellents joueurs de quidditch, et qu’ils partagent un certain mépris pour le règlement. Surtout quand la perspective de transgresser les règles se justifie par une impérieuse nécessité du genre : aider quelqu’un. Qu’ils ont un faible pour les filles qui ont confiance en elles, qu’ils détestent farouchement la magie noire et qu’ils sont prêts à se sacrifier sans hésitation pour sauver ceux qu’ils aiment. Pourtant, à la fin de la lecture de la saga, on reste sur l’impression d’une trop grande disparité entre eux : pendant sept bouquins, Harry vit avec un tel poids sur les épaules, qu’il est fondamentalement différent de James au même âge. Que la bonne nature de Harry (qui adore Hagrid dès le départ, sans aucune forme de mépris, et éprouve si facilement de la pitié pour Pettigrow, Lockhart, Fudge et tous les autres pathétiques du coin) ressemble davantage à celle de sa mère, si flexible dans ses amitiés et donc forcément aimable au sens littéral du mot. Du coup, je m’amuse d’autant plus à disséminer quelques liens supplémentaires entre le père et le fils. Comme la cicatrice de James dans son dos (pure coïncidence, mais peu importe), ou quand James raconte avoir fait enfler sa prof de piano, façon Harry et Tante Marge...
Teen Drama
Tu as beau être jeune, quand tu écris et que tu fais agir des personnages qui ont dix ans de moins que toi, il y a des moments où il faut remettre les pendules à l'heure. Ces grandes réflexions s'imposent particulièrement nettement (en tant cas en ce qui me concerne) au moment de nouer les intrigues sentimentales. Pour le moment, j'ai l'impression que deux choix s'offrent à moi :
- Faire fi de la petite voix dans ma tête qui me rappelle que personne ne fait ça à dix-sept ans. Dans ce cas, je sombre pleinement dans les tics de Vampire Diaries, Gossip Girl et autres Riverdale : ce qui, à dix-sept ans, me complexait, et maintenant a tendance à m’agacer. C'est à dire, construire des personnages qui ont la maturité de leur âge mais agissent cependant comme des jeunes adultes d'une vingtaine d'année. J'ai un souvenir assez net de mes années lycée : à part quelques filles qui avaient des petits amis (généralement plus âgés et qui ne faisaient pas partie de notre école : la faune masculine n'était pas incroyable), la plupart d'entre nous vivions une existence sentimentale morose. En partie parce qu'effectivement, y'avait pas des masses de choix pour celles qui étaient hétéros. Quant à celles qui se sentaient des velléités bi, pan ou lesbiennes, j'ai le souvenir d'une grande chape de timidité. Et c'est normal : à quinze, seize ou dix-sept ans, il y a plein de premières fois, et que c'est terrifiant voir paralysant, et que plus on flippe, moins on ose. C'est justement à ce moment-là qu'on commence un apprentissage (plus ou moins long selon les personnalités) du « en fait, il y a peu de choses dont j'aurais vraiment honte d'ici quelques années ». C'est précisément le temps et l'expérience qui permettent de relativiser, et donnent les clés pour oser faire presque tout ce dont on a envie. Je me rappelle me sentir particulièrement peu concernée par des séries comme Gossip Girl où les protagonistes se laissaient si facilement emporter par leurs sentiments, et en même temps couchaient avec n'importe qui juste pour le plaisir de créer des péripéties supplémentaires. Ça prétendait s'adresser à nous sans parler de nous, et en fin de compte, c'était très agaçant en plus d'être complexant.
- Faire preuve de réalisme. Sauf que si on part dans cette voie, il n'y a pas d'histoire. Vu qu'on parle des aventures d'une bande d'ados qui volent sur des balais et peuvent théoriquement domestiquer des dragons : à ce stade, ce serait hypocrite d'opter pour un récit au réalisme exacerbé… En plus, personne n'a envie de lire (alors parlons d'écrire…) la vie d'ados coincés dans une bibliothèque avec leurs devoirs, et échangeant des baisers tellement maladroits qu'ils font douter d'être véritablement amoureux ou pas (toi-même tu sais).
Pour le moment, j'essaie donc de trouver un équilibre… en créant une palette de personnages aux parcours différents, par exemple. Lily et Marlene n'ont pas eu les mêmes histoires sentimentales auparavant, il est logique que la première soit plus hésitante, et la seconde plus entreprenante. Idem pour Remus et Sirius, bien sûr. Quant à Emma… Emma, je lui dois justice par égard pour tous les adolescents LGBT pour qui c'est si compliqué à l'école !
Pourquoi avoir attendu de publier de 13 chapitres pour mettre en mots les pensées qui me me viennent précisément au fur et à mesure que j'écris ?
Peut-être pour préserver la qualité de mon sommeil, d'une part. (sinon je commence à réfléchir au moment où on éteint la lumière : et trois heures plus tard, j'y suis toujours.)
Peut-être parce que j'arrive dans le dernier tiers de cette histoire, qu'il faut donc tout articuler, ranger, classer, englober… tisser les derniers liens, et que ça donne un peu le vertige parfois, et que l'écriture est un remède au chaos, et que ça paraît donc logique d'ouvrir un tumblr pour jacasser de tout ça.
Peut-être parce que ma nature de nerd me fait espérer que d'autres gens obsédés par un monde fictionnel pourraient sourire à la lecture de ces futurs billets.
Peut-être parce que j'éprouve simplement l'envie de garder une trace de cette aventure si formidable pour moi : réussir à écrire 400 pages en six mois après des années de crises de pages blanches, c'est pas si pire. En fait, c'est même une petite victoire personnelle ! (le véritable triomphe résonnera en trompettes et tambours dans ma tête quand je publierai le dernier chapitre)
Ou peut-être juste parce que.
Parce que quand on écrit, on a aussi besoin d’un endroit où écrire qu’on écrit.