Martin, c’est un étudiant francophone venu de Londres pour étudier en Belgique. Je l’ai rencontré 1 an plus tôt à une soirée étudiante.
J’avais perdu mes potes, il avait perdu ses potes, on s’est vus dans la foule et on a dansé ensemble.
Un pote m’avait présenté Martin plus tôt cette soirée là dans un bar. Le truc c’est que ce pote était gay, du coup j’ai pensé que Martin l’était aussi. Donc après avoir de toute façon pécho la moitié des mecs de l’évènement pour oublier mon ex, même si je le trouvais mignon et que j’étais mega pleine, dans ma tête c’était niet.
Finalement on s’est trop marrés, on a fini la soirée ensemble et je l’ai amené en after avec mes potes. On avait juste le même état d’esprit du coup ça a trop matché. Après ça on l’a invité de temps en temps à nos soirées. C’était cool, on est devenus potes.
Puis un soir je marchais dans la rue avec une copine et on le croise. Il nous dit qu’il est avec sa meuf et il nous la présente. Là je comprends que non seulement il n’est pas gay, mais aussi qu’il a une meuf depuis 4 ans. Elle habite à 8h d’ici et est en relation à distance avec Martin parce qu’ils ont choisis des masters dans des villes différentes. Sa copine a l‘air sympa alors on leur propose de nous rejoindre dans un bar avec ma pote. On passe la soirée ensemble et lendemain elle me suit sur insta.
Cool. Je la trouvait super sympa. Et bien non. En réalité, elle ne m’aime pas et elle veut me surveiller. Ajouté à ça, elle ne veut pas que son mec traine avec moi particulièrement.
C’était débile (enfin pas trop avec du recul) parce que son mec ne m’intéressait absolument pas et jusqu’à la vieille dans ma tête il était gay.
Les mois qui ont suivit on s’est rapprochés, et par rapproché j’entend qu’on a juste commencé à beaucoup traîner ensemble avec des potes et faire des activités. Du coup, j’ai rencontré son coloc Thomas, qui était aussi son meilleur pote. Dés le premier jour où on s‘est vus, il était intéressé. Et pour être honnête, j’en avais un peu rien à fouttre. Le truc c’est que je n’étais juste pas indifférente à l’attention qu’il me donnait. Soucis d’ego et „Hoe phase“ post rupture ont conduits à ce qu’après quelques soirées arrosées, on couche ensemble.
Cette décision, quoique regrettable après réflexion, amène au fait que la copine de Martin arrête de stresser à mon sujet. Du coup, on continue à traîner ensemble sans qu’il n’y ait de soucis. D‘une certaine manière, je me réjouissais plus du fait que ça règle les histoires avec la meuf de Martin que de coucher avec Thomas. En plus en faisant ça, je chassais de mon esprit l’idée qu‘il puisse y avoir un jour quelque chose entre Martin et moi. Quelques semaines plus tard Martin nous invite Thomas et moi pour l‘anniversaire de sa sœur à Londres. On fait la fête avec ses potes, Martin peut passer du temps avec sa meuf et nous on rencontre toute la famille. C‘était génial et j‘ai adoré ses potes, sa famille, tout le weekend était incroyable.
Les mois qui suivent on continue à se voir tous les 3 en mode potes inséparables. Et c’est le cas, parce qu’on s’entend trop bien, on est tout le temps ensemble… Jusqu’à ce que Thomas parte en stage.
Là du coup, le trio était cassé. Je me suis retrouvée à passer tout mon temps avec Martin. Il a rencontré tous mes potes, le courant est super bien passé, on a fait plein de choses ensemble. En fait, c’est avec Martin dans le trio que je m’entendais le mieux. Mais il y avait cette ambiguïté avec sa meuf qui faisait qu’on évitait de se retrouver à deux jusqu’à ce moment là.
On passe des heures à discuter chez moi comme des nuits à danser, on écoute les mêmes musiques, on a la même philosophie, entourés de gens ou seuls. Ça m’a traversé plusieurs fois l’esprit que je l’aimais bien mais je préférais entretenir une relation platonique et amicale plutôt que de briser tout. Mais le fait de se voir juste à deux, de passer du temps ensemble, de se rapprocher, ça a mit de l’huile sur le feu. Je savais qu’il tenait à sa meuf et je voulais qu’il soit heureux. Je me disais que si je devais avoir un truc avec lui ça devait se faire naturellement et sans embûches.
Le soir où on s’est vraiment rapprochés et que j’ai commencé à douter, à me persuader qu’il fallait que je prenne mes distances, il s’est fait larguer.
Je suis sure que sa meuf a senti le truc venir au loin. Du coup j’étais dans la merde. Parce qu’il voulait me voir car j’étais son amie et qu’il avait besoin de réconfort mais que je devais prendre mes distances.
Alors j‘ai passé du temps avec lui.
Sauf que 5 jours plus tard, un soir, on s’est embrassés et on a couché ensemble.
Pour la première fois parmi mes chaotiques relations et expériences douteuses, je n’étais pas motivée par l’adrénaline mais par le fait de partager un moment avec quelqu’un que j’aimais vraiment bien. Je me repasse le scénario 50 fois dans la tête. J’essaie de trouver à quel moment j’aurais pu stopper le truc et le réserver à plus tard. Pour rester dans le déni de ce que je ressentais mais toujours passer du temps avec lui. Sauf que je suis visiblement servante de mes émotions et beaucoup trop impulsive. Mais ça me brûlait les lèvres. J‘en avais tellement envie. J’pouvais même pas dire que c‘était une décision irréfléchie sur un coup de tête. C‘était une envie que j’enfuyais au fond de moi et que j’espérais contrôler. Du coup j‘ai merdé.
De son côté, il a été pris de remords la seconde où je suis partie. Il savait que parmi toutes les meufs qu’il pouvait baiser j’étais la seule qu’il ne fallait pas toucher. Surtout que sa meuf a proposé un couple libre ou d‘arrêter leur relation jusqu’à ce qu‘ils se retrouvent. Du coup ça a rendu le truc bizarre. Il m’avouera plus tard être complètement perdu et ressentir un truc pour moi depuis bien plus longtemps que sa rupture. Sauf qu’il est toujours attaché à sa meuf. Et je le sais. On ne passe pas à autre chose après 4 ans de relation avec quelqu’un en quelques jours. Je suis certaine que le jour où sa copine m’a rencontrée, elle savait que ça allait arriver. La vraie jalousie pour moi c‘est pas la peur d’avoir son mec qui couche avec une autre fille, parce que le sexe peut être purement physique et animal. C’est de savoir son mec partager plus de choses avec quelqu’un d’autre que soi. En tout cas, j‘aurais plus peur de ça si j’étais amoureuse.
Alors ça m’énerve. Parce qu’il a honte de moi, et que je suis la raison pour laquelle il culpabilise. Parce que je suis le pansement et la raison de ses problèmes. Ça lui fait du mal qu‘on arrête d‘être potes, et moi aussi pour être honnête. Mais j‘arrive pas à digérer le truc. En réalité, j’ai peur de mes sentiments, j’ai peur que qu’on en abuse. J’arrive à me taper 20 mecs quand j’ai le contrôle, quand je sais que j’ai toutes les cartes en main et qu‘ils me mangent dans la main. C’est juste qu‘en amour, j’ai peur d’être abusée et utilisée. J‘ai cette angoisse perpétuelle d’être un trophée qu’on a envie de baiser mais jamais d‘aimer. Alors je préfère me défiler. Pourtant j’ai envie de l‘appeler et de lui raconter ma journée, de savoir ce qu‘il fait, qu‘on s’emmerde ensemble ou qu’on parte à l’autre bout du pays sur un coup de tête. 
En tout cas moi ça me rend triste parce que j‘ai tout gâché et lui aussi.
D’un autre côté, je me dis que ça devait arriver et que si on doit avoir quelque chose ensemble ça doit se faire sans pression et ça arrivera. Sinon, c’était peut être juste une expérience pour me prouver que c’était possible de trouver quelqu’un avec qui on partage autant et où la présence de l‘autre semble si naturelle.
Dans tous les cas, il n’y a que le temps qui nous le dira.