Le service civique ? Ce contrat de merde bon marché fait sur mesure pour les patrons.
Contexte: Sélection à l’université & désengagement de l’état= Débrouille toi FDP. ça faisait un bout de temps que je voulais écrire et témoigner de mon impression en service civique, et de l’arrière goût amère qu’il m’a laissé. Pour contextualiser les faits, c’était il y a deux ans. A ce moment là, je venais d’être refusé dans ce qui sera plus tard ma futur université, alors que je cherchais à finaliser mes études par une licence professionnelle. Sans fac, et sans projet pour l’année, je me suis dit qu’il fallait que je mette toutes les chances de mon coté pour entrer en licence pro l’année suivante et que puisque je ne pourrai pas changer mes notes des années précédentes, je n’avais qu’à faire des stages. Les joies de la sélection à l’entrée de l’université m’ont donc amené à passer les pires semaines de ma vie, à stresser ma race pour trouver comment trouver un stage sans fac pour couvrir une convention. Après quelques jours de recherche j’ai appris que j’avais le choix entre falsifier moi même un document, payer des étudiants pour le faire via des universités peu regardantes Ou bien payer des entreprises pour des stages à l’étranger OU TU PAIES TOI MÊME DES FRAIS EXORBITANT (sans le prix du billet d’avion bien sûr) POUR EN PLUS BOSSER GRATUITEMENT A L’ARRIVEE . J’ai donc décidé d’aller à la mission locale , discuter avec une femme qui après m’avoir proposé une série de solutions totalement inadaptés (ce qui n’est pas en soit la faute des agents que j’y ai rencontré… la pauvre femme n’arrivait pas à saisir en quoi consistait réellement ma formation) ,elle m’a ensuite parlé du Service civique. T’as pas de taff & tu proposes de bosser grâtos ? Mdr fdp on va tellement pas te respecter: Saint grôâleuh, Tellement opé tel un cock-man un jour d’APL, j’appelle direct une série de Parcs naturels pour leur proposer de me prendre en service civique. Je trouve un parc proche de chez moi, dans lequel il y a une programmation culturelle avec des artistes contemporains , des performeurs… très étonné par le projet et ayant étudié pas mal de module autour des performances et de l’art contemporains, je me dis que j’ai sacrément de la chance. Je suis reçu en rendez vous (après avoir été appelé 2 fois le jours même pour un rendez vous l’après midi & quelques réflexions désagréable sur le fait qu’un chômeur doit être disposé à se libérer pour le boulot dès que le téléphone sonne.) , j’expose l’idée d’un service civique et en réponse, il m’explique qu’ils auraient besoin de faire un test avant cela. Me voilà donc médiateur pendant 1 mois, ou 1 fois par mois, mon travail consiste à nettoyer 5 petites tentes où des artistes diffusent un récit audio , une collab entre un écrivain & un musicien. Plein de bonne volonté j’avais appris la présentation de l’oeuvre par cœur, mais j’ai vite compris qu’il avait surtout besoin de quelqu’un pour nettoyer et surveiller le matos pendant que les techniciens partaient manger... A la fin du mois, alors que je venais une fois par semaine en me tapant 40 minutes de caisse allez et 40 minutes de caisse retour gratuitement, j’ai appris très sobrement que ‘’ la programmation culturelle touchait à sa fin et que …maintenant il n’allait pas vraiment avoir besoin de qui que ce soit pour le travail de fond.’’ Traduction: MDR T’ES TEG’ SALLE SHLAGUE AVOUE TU T’ES FAIT TELLEMENT NIKEEE CHEEEEE! NORAJ bisous. J’ai donc repris le chemin de l’usine, histoire de trouver une occupation et de rentabiliser le temps perdu par une rentré d’argent.. Au fait FDP , t’as un taff là ? une rentrée d’argent ? Ca te dis de retourner chez nous pour bosser pour 500€ un 35h parce que tes études exigent un simili de stage pour être accepté ? (même si on s’est bien foutu de ta gueule y’a quelques mois.) Ca, c’est à peu près ce que j’ai entendu au téléphone en février, 3 mois après avoir recommencé à bosser à l’usine. Forcément, je n’avais pas vraiment le choix même si j’avais terriblement envie de les envoyer chier, je me suis surtout dit qu’un mois de bénévolat ça pesait pas bien lourd dans mon cv pour retenter ma chance afin d’entré dans cette licence pro. ..j’ai donc demandé quand commençait le contrat…environ deux semaines. J’ai donc annoncé à la boite dans laquelle je bossais que j’arrêtais 2 semaines plus tard… et le début de mon service civique a débuter … 2 semaines après avoir mit fin à mon contrat. Super , 600€ en moins parce que ces gens se foutent vraiment de ma gueule jusqu’au bout , j’avais déjà beaucoup trop d’amour pour ce lieu & la direction de la structure. Le service civique a donc débuté de façon assez naz, et j’ai eu pour missions de jouer le coursier pour déposer des flyers, des affiches dans les boutiques, faire de l’envoie de mail & constituer une base de donnée.. pas super palpitant mais au moins c’était l’une des réalités du métier en structure culturelle (la plus merdique en vrai.) Une seconde fille est arrivé en service civique, avec qui j’ai gardé de très bon contact d’ailleurs , et on a rapidement discuté ensemble d’à quel point ce type de contrat était merdique. Notre présence ici ce justifiait surtout par le fait de bosser les samedis & les dimanches pour que le personnel puisse rattraper ses heures en plus. Légalement, on avait pas vraiment le droit d’être seul sauf que c’était le cas bien souvent. Aucun cadre de discussion, aucun point sur l’avancé de nos projets, aucune consigne si ce n’est de nous occupé du sacrosaint fichier contact. Entre temps, on a eu le temps d’apprendre à connaitre la direction, et notamment la directrice … de contempler à quelle fréquence elle arrivait à faire pleurer ses employés et à quelle point sa présence était parasitaire. Le genre de boss qui te demande d’avancer sur 4 dossiers en même temps, qui débarque dans ton bureau, y reste l’aprem pour réorganiser une série de choses sur la com”, et s’étonne en fin d’après midi que tu n’es pas avancé sur ces 4 dossiers … mais! Attention, une véritable humaniste qui a pleuré au résultat des Elections Européenne pour le FN, & a tout naturellement proposé de faire une couscous party au travail pour montrer notre engagement pour la diversité (non non…je sais ce que tu penses, mais c’est malheureusement pas des conneries, et je sais pas non plus si c’est une poto de nadine morano mais je te répondrais bien que y’a moyen… ). Elle nous portait particulièrement dans son coeur, ma collègue d’infortune et moi, et on avait droit à des missions ‘’spéciales.’’ Des trucks tellement honorifiques magueule, histoire de bien te rappeler ton statut de soumission. Me voilà donc devenu serveur de cake à la rose et à la pistache et de vin bio à la buvette écolo ouverte spécialement pour la halte du président du Conseil général & sa famille… j’ai donc dû lui exprimer à quelle point travailler en service civique c’est super, tout en effaçant de mon visage l’air blasé d’un mec qui a attendu 2 heures que ce cher président pointe son derch à la buvette. La tension a forcément fini par exploser, et j’ai eu la chance d’assister à une scène mémorable ou pour la 114 ième fois , on nous a gentiment demandé d’être flexible. un peu plus flexible… ‘’Flexible’’ , c’était le mot de trop, le mot que ma collègue n’a pas supporté et qui l’a conduit à rappeler à nos collègues ce qu’était la réalité du service civique: des conditions de travail merdique ou chaque jour on efface un peu plus le peu d’estime de sois que t’avais. Les conditions de travail ont continuées à se dégrader au point que je finisse moi même par hurler contre une collègue bien trop stressé par ses conditions de travail. Pleures & crises de nerfs étaient devenus quasi hebdomadaire pour le personnel et nous passions la plus part de nos temps de creux , ma collègue en service civique et moi à chercher un autre emploi. La venue de l’inspection du service civique: Ou quand la direction qui s’en bas les couilles puissance 10 de toi devient soudainement un peu trop présente (et gratte l’amitié de ouf.) Vient l’annonce d’une prochaine visite de deux membres de l’inspection du service civique, l’idée c’était d’avoir un entretient individuel pour parler de nos projets..de notre vision du service civique, de faire le point en somme. Le rendez vous a bien sûr été décalé plusieurs fois jusqu’à être pris pendant nos jours de repos…et puis finalement après avoir râlé , nous avons reçu les membres de l’inspection. Après un petit point d’intro ou la direction a reprécisé qu’il souhaitait renouvelé le service civique avec d’autres jeunes l’année suivante, (en même temps payé 100€ boules, complété par l’état qui lui paie 400€ de sa poche, un bac +2 ou bac +3 pour un 35h , tu m’étonnes qu’ils aient pas envie d’arrêter ça .) Vient enfin notre tour de parole… et bizarrement la direction feignit de ne pas saisir qu’il faut nous laisser seul. Entretien sous tension, impossibilité d’expliquer ce qu’on aurai tant aimé dire… avec le sentiment de l’avoir réellement dans le cul. Après ça, les journées avaient repris leur rythme, les pleures hebdomadaires et les crises aussi…je suis parti prématurément prétextant une rentré précoce à l’université et j’en ai profité pour partir en italie une semaine avant la vrai rentré..avec les maigres thunes qu’il me restait sur mon salaire de 500€ par mois. En souhaitant tout le courage du monde à mes collègues. Une fois entré à l’université puis diplômé, me voila à la recherche d’un taff, et devinez quoi ? depuis deux semaines je tombes sur de superbe offres d’emploies qui correspondes parfaitement à mon niveau d’études et à ce que j’aimerai faire… sauf qu’il ne s’agit ni de cdd , ni de cdi. Mais bien de service civique. Le plus fou ça reste de ce dire que parmi les jeunes, beaucoup ce sont battu contre le CPE, pour finalement ne pas voir venir le service civique comme une alternative patronale au CPE. ! A ma connaissance, il n’existe aucun syndicat qui couvre ni organise les services civiques, pourtant exploité et avec un large consensus sur le fait qu’il s’agisse à chaque fois d’une enculade de ouf (je vous laisse chercher ‘’service civique de merde sur google, si vous ne me croyez pas :) ) Une enculade de ouf qui revient à 500€ dans votre poche et dont seulement 100€ sont à la charge de l’entreprise! Une enculade de ouf qui vient s’ajouté aux stages universitaires qui ont aujourd’hui, à eux deux remplacés les offres d’emploies sur les propositions de job sur le web...















