Le jour du Seigneur
“Ce que tu vois comme un lieu d’attente, c’est mon paradis” Compter les corps, Vulgaires machins
Je suis athée.
Depuis ma quatrième année du primaire, mes cours de religion ont été remplacés par des cours de morale parce que je trouvais que les cours de religion étaient bidons. Je ne me définissais pas comme athée (j’imagine que je ne connaissais même pas le mot), mais j’avais discuté avec ma mère et je ne souhaitais plus suivre les cours de religion.
Pour apprendre la morale, on était quatre autour de la table incluant le professeur. C’est quoi le partage, l’écoute, le respect de l’autre, la fraternité, ce qu’il ne fallait pas faire, etc. C’est que je me souviens de mes cours de morale au primaire en tout cas.
En plus, les cours de morale étaient plaisants parce que le professeur de morale s'adonnait à être aussi notre professeur d’éducation physique. Il arrivait donc qu’on puisse faire du sport durant nos cours de morale. Pour un enfant de 9 ans, c’est pas mal le paradis!
J’ai vécu mes 20 premières années à Valleyfield. Mon primaire, je l’ai fait à l’école Sacré-Coeur (le nom de mon école était prédestiné pour mon parcours d’athée). C’est l’école du quartier pauvre de Valleyfield, appelé le quartier nord. Je n’ai jamais cherché pourquoi ce nom, mais ce quartier est au centre de la ville, c’est étrange.
Je crois que ma solidarité, mon désir de faire progresser la vie de ceux qui m’entourent, d’offrir un monde meilleur à nos enfants, ça vient de là. Je serais toujours reconnaissant de cette école qui m’a permis d’apprendre la vie, de comprendre la souffrance (la vraie), de voir ce que fait l’exclusion, la pauvreté chez les gens.
Mais, je dois tout de même avouer que j’ai eu de grands débats avec notre madame du midi. Elle s’appelait Pauline. Je la détestais et je suis pas mal sûr qu’elle me détestait aussi. Une bourrue que j’ai rencontrée à nouveau, 10 ans plus tard alors qu’elle militait pour le Parti libéral. Comme quoi j’avais tout compris avant le temps!
Si le titre de ce billet est le jour du Seigneur, c’est que dans ma vie un peu fofolle depuis le début de 2015, le dimanche est un jour de repos. Je travaille les six premiers jours de la semaine. Je dirais une moyenne de 10 heures par jour (je vous dirais 12, mais je ne veux pas me faire chicaner par ma femme). Je me donne à fond pour mon entreprise dont je vais vous parler plus en longueur dans un prochain billet.
J’imagine que vous saviez :
Que le dimanche est le septième jour de la semaine,
Qu’il y a même une norme internationale ISO 8601 qui considère que le dimanche clôt la semaine,
Qu’en Europe, le dimanche est considéré comme un jour de repos depuis plus de 1700 ans,
Que le dimanche est le seul jour de la semaine qui ne représente pas une planète, car il est le jour du Seigneur,
Que dans la Genèse, après que Yahvé a achevé l’univers en six jours, il se reposa le septième jour,
Que tsé là les dix commandements dont on se rappelle plus ou moins, il y est dit que le septième jour de chaque semaine devra être un jour de repos pour les êtres humains, qu’ils soient des hommes libres, des esclaves ou même des femmes.
Je travaille comme un déchaîné et je suis l’homme le plus heureux au monde. Développer le projet, créer le réseau, approfondir les prévisions financières, penser au plan de marketing, prendre une bière avec un chum pour parler du projet, je sens que c’est ma voie.
Mais le dimanche, j’arrête tout. Et je désire:
Écouter Shrek avec ma fille,
Finir le livre que je dois lire pour mon cercle de lecture,
Regarder une entrevue d’Aaron Sorkin sur Bloomberg TV que je viens de découvrir sur mon Apple TV,
Faire une sieste (J’en fais une à tous les jours, mais là c’est différent!),
Regarder un épisode de My name is Earl,
Lire la revue L’actualité qui traîne depuis trop longtemps,
Réfléchir sur mes agissements de la semaine dernière,
Jouer une partie de crible avec ma femme,
Planifier la semaine à venir.
Je ne désire pas:
Développer mon projet,
Travailler sur des tâches de la maison à moins que ça ne compromette notre sécurité,
Prier.
Je pense que de prendre un jour par semaine pour faire une pause de notre vie déchaîné, c’est sain. Ben sûr que le dimanche je me lève tôt et que je change la couche de mon petit pet de loup. Et ça me rend fier!
Mais voilà le défi que je nous lance. Prenons une journée par semaine pour arrêter de courir. Il faut prendre ce jour de recul pour apprécier les six autres à leurs justes valeurs. Je reconnais que le bon Dieu avait quand même des bonnes idées!
Pour chiller, prendre ça relax, prendre une petite crème de menthe, faire des anges dans la neige, pour prendre le temps d’être avec ceux qui nous entourent, ceux qui constituent notre réel paradis!
Living the dream!










