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Aqua Utopia|海の底で記憶を紡ぐ
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@la-salamandre
Comment se reconstruire une fois que l’on a tout perdu ? Que tout ce qui bâtissait nos repères en cette vie s’écroule inéluctablement ? Qu’à cela ne tienne, ne reste que soi-même, cette entité que l’on connaît très souvent le moins.
Cheryl Strayed se lance donc un pari insensé, avancer seule, ses démons sur le dos, sur 17000 kilomètres à travers le Chemin des crêtes du Pacifique. Marcher pour se sentir vivre, souffrir dans ce dépassement d’elle-même dans cette nature inhospitalière, avancer à tout prix pour se sauver.
Ce récit est de loin l’un des plus beau qu’il m’est été donné de lire, de part son âpreté et sa sincérité dans son combat contre elle-même. Avec une belle place dans les ouvrages féministes du XXI siècle, Wild illuste avec justesse la ténacité d’une femme au bout de ses forces, pour ré-apprendre à vivre de nouveau.
Wild, de Chery Strayed.
Souvenirs d’un temps désormais révolu.
Je me souviens encore de nos projections de jeune couple à l’époque, nous qui rêvions d’avoir un chez-nous, être ensembles de par notre volonté, fini l’avis des autres, fini la route, fini l’attente, cette interminable attente .. Je me souviens d’un bistrot typique, en bas de notre immeuble idéal, où nous passerions des soirées emplies de notre invincible complicité.
Ce souvenir que nous avons laissé vieillir et se racornir au fond d’un tiroir, celui de l’innocence des premières années, a soigneusement été gardé par la douce et lancinante routine, cette même routine qui a fini par nous rattraper, nous aussi.
Ce souvenir qui n’aura jamais lieu, par le coup de grâce que je nous ai donné il y a un an aujourd’hui, ne supportant plus la vision de la lente agonie de notre amour qui en fardait pourtant si bien les contours. Mise à mort que l’on savait nécessaire, mais pourtant qu’on ne se pardonne jamais complètement.
A l’évocation de ce souvenir j’ai reposé mon livre, le coeur battant sourd et la cigarette brûlant mes yeux.
A toi que j’ai aimé au-delà de mes propres limites, j’espère qu’à travers ton chemin tu fera revivre ce souvenir, et que de vos sourires vous attendrirez l’assistance au creux de ce doux repère.
Et qui sait, peut-être un jour moi aussi.
Patti Smith by Annie Leibovitz, Café de Flore.
Orfèvrerie des sens : la musique, les danses, les couleurs. Pas solitaires sur les pavés, enveloppe nocturne.
L’aube, l’aurore, le jour. Amour abyssal, travail et espoir. Notes douces et saisissantes, coeur palpitant du Jazz, simplicité et vérité.
Le fil du temps et de la vie qu’on ne maîtrise pas. L’amour prenant racines aux premières lueurs de l’aurore, dans un couloir d’étoiles. Qui perdure à travers le temps, fidèle à sa mémoire, une empreinte à jamais nous définissant ici et là. Le feu d’un rêve et celui d’un amour, ceux-là même peuvent-ils brûler sous le même ciel ?
Après ça, s’étendre dans le lit de la rivière, laisser son flot tout recouvrir, la vie suivre son cours irrémédiablement. Ne pas lutter ... Attendre, et voir ce qu’il se passera alors ... En musique Jazz, celà va de soi.
Inspiration inspiration inspiration.
Errer dans la rue grouillante, verrouiller mon attention sur toi, inconnu à la vie vaporeuse. Te suivre, respirer comme tu respires, voir ce que tu vois, hâter le pas, vite, où te hâtes-tu comme cela ? M’imprégner de ta vie, est-elle meilleure que la mienne ? Fais-tu face à ces doutes, ces angoisses, ces regards ?
Es-tu toi aussi euphorique, as-tu envie de révolutionner la vision du monde, de le sauver, d’imploser sous les idées fusant sous ta peau ?
Filer une vie comme on enfile un vêtement. Tes habitudes seront-elle pour moi cachemire ou cuir élimé ?
La Filature, Sophie Calle.
Curiosités, vies imprégnées, trésors exhumés.
L’Hôtel, Sophie Calle.