Conservation de mouvement canin
Saviez-vous que les animaux de la race canidé avaient un aussi beau profil aérodynamique ? Ce beau spécimen noir semble le découvrir à ses dépens, vu le magnifique vol plané qu’il subit de manière bien involontaire. De même, sans le vouloir (ou peut-être que si, au fond) il permet d’illustrer un phénomène physique, connu sous le terme de conservation de la quantité de mouvement.
Reprenons les faits. Dans ce qui semble être une attraction improvisée, en tout cas sans norme de sécurité qui plairaient à l’Union Européenne, un long toboggan est installé. Il y coule un peu d’eau, pour favoriser accélération en descente d’un vieux rafiot de fortune. Le voici qui déboule, sous le regard béat d’une troupe de fidèles sur le côté. A son bord, il semble y avoir là encore de l’excès dans les normes, avec la présence de deux humanoïdes, et un très large cygne noir gonflable (ou très bien dressé). Cet ensemble rafiot+humains+cygne forme un tout, du point de vue de son moment cinétique. C’est à dire la multiplication de sa masse m et de sa vitesse v, que l’on nommera “P”.
P(rafiot) = m(rafiot) * v(rafiot)
Vient ensuite la star du jour, le chien noir (comme le cygne, coïncidence ?). Lui n’a aucun moment. Ni de répits, ni cinétique. En effet alors qu’il se jette avec enthousiasme sur la piste, il s’arrête pour voir à sa droite débouler (trop tard) le canot humano-cynoïde. Sa vitesse est nulle, et donc sa quantité de mouvement cinétique également.
P(chien) = m(chien) * v(chien) = 0
C’est le choc. Heureusement pour notre amis à quatre pattes, le rafiot en plastique absorbe bien l’impact et ne causera pas de blessure. En revanche il l’absorbe tellement bien qu’il lui permet de transmettre son énergie cinétique ! Or la quantité de mouvement totale est conservée, si bien que l’on arrive à cette équation :
L’ensemble P(chien) + P(rafiot) se conserve => P = m(rafiot)*v(rafiot) + m(chien)*v(chien)
Après le choc, une partie de l’énergie du rafiot passe dans le chien. Le rafiot ne perd pas de masse, uniquement un peu de vitesse. Cette vitesse doit devenir celle du chien. Or,
m(rafiot) > m(chien)
Donc,
v’(chien) > v’(rafiot)
C’est pourquoi notre fier canidé s’envole avec bien plus d’élan que le rafiot humano-cynoïde ! Il tombe donc très logiquement selon Sieur Newton plus loin dans l’étang que le petit rafiot, qui s’empresse de lui porter secours. Le chien et sauf, la physique aussi.










