La case départ
Indice mini-fée: sacres, références sexuelles, déprime
2020, 28 Septembre.
3 semaines.
C’est le temps que ça m’a pris pour virer sur le top. OR DID I ? Je me suis tiré aux cartes, hier. Je préfère ne pas le faire trop souvent. Lorsque je les ai achetées, je me pigeais souvent. J’imagine que j’avais soif que le criss pour des réponses. Mais, j’ai réalisé, tout comme l’horoscope, et n’importe quel discours de croissance personnelle… que le but réel, c’est d’avoir un dialogue avec l’univers. Puis moi, j’ai eu une pas pire engueulade avec elle (on dit : un univers, mais peut-être qu’on se trompe sur le sexe de l’univers… Eille, j’aime ça comme titre. Peut-être qu’on se trompe sur le sexe de l’univers.) En écoutant You Are Loved de Josh Groban, je me suis tiré en y croyant à moitié, et en appréhendant les forces occultes qui allaient venir me posséder, et me déposséder à la fois, et me ravir du pouvoir que j’ai sur ma destinée. Bref. C’est pas arrivé. Le dialogue que j’ai eu face à ma situation présente était même étonnamment juste. Ça parlait de contraintes, de fardeau, de guérison, d’identification à ses émotions, et de créativité. Ça parlait des vraies affaires.
Je l’ai tu conté, quand j’ai badtripé ? J’ai finalement reparlé à mon petit Churros après. Il m’a dit qu’il faisait de l’anxiété… qu’il était anxieux ? Une couple de trucs, revenir à un rythme de vie plus en phase avec ses démarches… Ouin; crédible. Légitime. On a fait une vidéo la semaine passée. Je semblais avoir pris peur pour rien. Enfin… pas pour «rien».
Il m’a dit qu’il aurait plus de temps cette semaine. Mais notre courte discussion par texto hier s’est arrêtée sur moi, et je n’ai pas eu de réponse à ma question : tu me diras quand tu as du temps cette semaine. Question-affirmation. Ça fait une journée, et je suis de retour à la case départ. La case départ… N’est-ce pas la case des aux revoirs ? «Va-t’en.» Va-t’en, douleur, doute, stress, vampire, et maudit agace et hypocrite, et criss de branleux. Voilà ce qui bout depuis deux semaines. Ça, et bin de l’incompréhension. Voilà ce que je pense : la dynamique s’est peu à peu enlignée vers moi qui relance. Et maintenant qu’il sent qu’il m’a acquis, quel est l’intérêt de me contacter ? C’est probablement la chose qui me pique le plus. J’étais content de plonger dans un échange où je me sentais bien, et où je m’amusais. Pourquoi le cacher ? Mais pour une raison que j’ignore, les flamboyants comme moi, on se fait tout le temps avoir. Pendant trois semaines, les échanges se sont enfilés rapidement, et avec plaisir. Et puis, tout d’un coup, Churros a repris ses jetons, ne m’a plus rien dit—sinon si peu—et j’ai réalisé que j’avais sauté des étapes, ou des informations. Parce qu’après tout, je le connais pas, Churros. Vraiment pas beaucoup. Mais pour moi, c’était secondaire. Je voulais le connaître, le reste, je m’en sacre tu. Le problème—ou plutôt l’enjeu, c’est : j’ai besoin, MOI AUSSI, de sentir qu’on veut me connaître. Je ne suis plus sûr que ce soit le cas.
La solution est simple. On recule d’un pas. On réajuste le tir en maudit, parce que là, ça marche plus, mais plus pantoute ! J’ai passé une nuit blanche, je me suis fait du sang d’encre au moindre silence, et progressivement, sans que je m’en rende compte, pendant que monsieur Churros planche sur une vidéo, travaille, etc, etc, moi j’ai coupé dans mes projets et j’ai consacré plus d’énergie dans cette relation. GROSSIÈRE ERREUR. J’écoutais Florennce99 parler de son parcours (que j’ignore encore parce que ce sont les premières vidéos que j’écoute d’elle) de rupture avec un gars, si j’ai bien compris, parce que justement, il était question qu’elle lâche la vidéo. Éh bien, la voilà, la cristie de vérité, en plein dans ma face. J’ai lentement cessé d’être moi. J’ai pensé que Churros serait une source inépuisable de réconfort, et de bonheur. Puis aujourd’hui, j’en aurais eu besoin en câlisse. Mais monsieur me boude, ou monsieur s’anxiose, ou monsieur peut bin crisser ce qu’il veut ! Je suis fâché, parce que j’ai l’impression que ça s’arrête là, quand je commençais justement à y prendre goût, et je comprends pas, parce que tout semblait m’indiquer que lui aussi. Tout ça pour dire que s’il y avait eu un moment où j’aurais pu bénéficier d’un bon moment, ç’aurait été aujourd’hui. Mais je suis tanné, Churros, de te courir après. Puis aussi, je comprends pas. Encore. Si je suis si plate que ça, t’as qu’à me le dire. Puis sinon, je comprends pas. Encore. Si t’as envie de me voir, 1 : ça paraît crissement pas. Puis 2 : c’est pas parce que t’es occupé que tu peux pas m’envoyer un petit texto, une photo, ou juste se faire une vidéo. Mon pronostic : la relation a surchauffé. Maintenant, ça le stresse, même s’il veut pas me le dire (pourquoi—OK, POURQUOI ? Le monde veut pas le dire, les choses comme ça, invisibles, sous-jacentes ? ‘me semble que ce sont les choses qui sont LE PLUS IMPORTANTES à dire.) Ça se dit ! Ça se dit, tabarnak ! En tout cas, c’est clair : s’il faut que je lui tire les vers du nez, oublie ça tout de suite. Donne-moi juste une osti de bonne dernière baise pour la route, puis on repart. À la case Repart.
Je suis fâché parce que j’ai été troublé par Churros, c’était pas mon genre de gars, mais justement j’étais tanné de mon genre de gars, puis comme un bon Bob L’Éponge, j’ai tout absorbé. Apprendre l’espagnol en flirtant. Apprendre quelqu’un. Toucher. Faire l’amour dans le placard au travail. Se trouver des surnoms. On dirait que dans la tête à Churros, tout ça est là, accessible, et il peut y accéder en tout temps. On dirait, en fait, que ça fait aucune différence que ça soit accessible ou pas. Il me texte pas, puis il continue à mettre des stories sur instagram. Sans moi. C’est quoi, l’affaire ? Je m’attendais tu à ce qu’il arrête de vivre pour moi ? Peut-être que oui. Car, au final, c’est ce que moi, j’ai fait. Bravo, le sans-dessein.
J’en reviens à me manquer, et à être hors de moi comme je ne l’ai jamais été. Puis je veux pas ça. Moi, le criss de niaisage, j’ai donné. Fait que : non. J’espère ! qu’on sera bons amis. Mais ça regarde pas bien pantoute pour le reste. Puis c’est bin correct comme ça. Après tout… On a même pas dépassé la phase de fréquentation. Puis, à vrai dire, je me demande si on y est jamais entré, dans cette putain de phase, selon les critères de Churros-branleux. J’en ai parlé à quelques-uns, de notre décollage trois-semaines-à-se-parler-à-tous-les-jours. Certains d’entre eux m’ont répondu que c’était «bin intense». Oui et non. J’avoue m’être senti un peu confus par rapport à certaines questions. Mais je ne suis pas d’accord. On aurait pu ralentir, on aurait pu se donner rendez-vous dans une semaine. Et non pas juste me ghoster en me laissant en plan. Ha ! Après trois semaines au quotidien ! L’histoire de mes fréquentations.
***
J’en reviens à You Are Loved. À Grosh Joban. À il y a un an, deux, à il y a même pas deux mois. J’étais bien, célibataire ! Un mois plus tard, je dors plus, je suis en criss, je m’appartiens plus, je me sens mal, je l’ai tout le temps derrière la tête, alors que je l’imagine pas, lui, s’en faire du tout—aucune manifestation. Comment, merde, suis-je passé de ça à ÇA ? Comment ça se fait que j’avais mes projets cordés (mais pas encore débrouillés), que le but était défini, même si lointain, puis que là, un mois plus tard, je me ramasse de-même ? J’ai bien géré ces trois semaines. Assez bien. Mais c’est quand ça a commencé à se débalancer que j’ai complètement perdu les pédales. Résultat ? Je suis de retour à être juste une criss de grosse bouette informe. Je me reconnais plus. Mais pire, je suis de retour dans la pire souffrance de ma vie. Ce sentiment de ne rien valoir. Absolument rien. Parce que l’autre ne m’accorde pas l’attention attendue. L’attente attendue, tellement longtemps attendue ! Puis quand finalement, j’ai arrêté d’attendre, pour attendre encore—ironie !—mais attendre différemment, les choses ont chié solide. Mais j’avance quand même un peu. J’arrive à repousser un peu plus loin le délai d’attente. À repousser ma date d’expiration en relation—puis j’expire vite ! C’est drôle. Je m’attache si rapidement. Mais je viens pas vite, par contre. Je peux me masturber longtemps avant de venir. Résultat ? Grosse bouette. Je le sais même pas si Churros apprécie mon écriture. J’ai pas l’impression que Churros me voit. C’est moi qui ai posé les questions. Il s’est juste habitué à me partager sa vie. C’est généreux. Mais je ne me sens pas prisé. Je ne me sens pas retenu. Je ne me sens pas désiré. Je ne me sens même pas choyé. Je me sens juste comme une osti de bonne ration de malbouffe—qui a certes durée trois semaines—qu’on a tôt fait de disposer. Ça goûte bon. Mais c’est purement pratique. On s’en câlisse tu de ma yeule.
Je suis pris par la coordination d’un événement qui me prend trop de temps et d’attention pour l’organisation que je possède, fait que je fais ça, puis le reste du temps, frustré et exténué, je me jette sur Netflix. Fait que ma vie, depuis deux semaines environ, c’est ça : Stresser, organiser, planifier, coordonner, réviser, aller travailler, transport, Netlfix. Lever tard, coucher tard. Puis souvent, pas assez de sommeil. La bouffe, on en parle même pas. Je suis gras comme jamais, prêt à être embroché et rôti. Puis dans tout ça, Churros me fait la yeule, en prétextant qu’il est occupé. J’adore ma vie, parfum de pandémie. La covid sera bientôt troisième vague, elle aussi. Comme les cafés branchés.
Ces temps-ci, je me rappelle que je peux haïr ma vie. C’est plutôt rassurant de voir que ça m’arrive de moins en moins. Bien souvent, c’est l’amour qui déclenche ma fureur. Je ne pensais pas que je pouvais être aussi hystérique—ah ! J’avais une idée de ma théâtralité, mais je pensais pas que c’était aussi facilement déclenchable. Au-delà des actions de Churros, ce que je déplore le plus, c’est ma responsabilité dans tout ça. Parce qu’au final, Churros peut bien faire ce qu’il veut. Si ça le rend heureux, pourquoi vouloir le contrôler ? Je suis qui, moi, après tout, pour juger de ce qu’il devrait faire ? C’est juste que je me sens la marde sur un moyen temps, ces jours-ci. And it really isn’t that great. Mais bon, c’est un peu évident…
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J’avais envie d’en parler à Mille-Feuilles… Combien c’est con… Je le vois bien, ce qui se passe ! Je le sais bien que je prends pas les bonnes décisions, que je suis pas bien avec moi, que je le projette sur l’autre. Que le développement de cette relation est le fruit de tout le reste. Ce n’est pas un hasard, ce silence, cette hypocrisie menaçante, et cette détresse que je vis à la moindre trace de rejet… Il y a des jours, je ne sais plus qui je suis. Tout ce que je vois, c’est l’osti de gros échec, avec la bedaine bien visible en-dessous de son uniforme tank top noir, qui l’amincit à peine. Tout ce que je suis capable de me dire, en me voyant dans le miroir, c’est à quel point je suis gras, puis que maintenant qu’il y a vraiment plus personne pour en vouloir, je peux plus me le cacher. Tout ce que je vois, c’est un criss d’attardé qui a toujours pas décollé sa vie pendant que le restant de la planète entière avance, réussit, fait des choses intéressantes. Mais pas moi, non. Non, moi je moisis toujours dans des criss de postes de second plan, puis je suis donc poli puis bon, puis juste assez drôle pour bien faire mon travail, puis m’en faire passer une couple, jusqu’à tant que je me tanne puis que je reparte la machine. Tout comme les relations, d’ailleurs. Tout ce que je vois, c’est tout ce que j’ai pas fait, tout ce que je ne suis pas. Et je ne me sens jamais rassasié. Je ne me sens jamais arrivé. La vie devient vite dérisoire à ce rythme-là. Et bien, j’y pénètre, dans la saison des dérisions. J’suis t’écoeuré. J’ai envie de varger sur tout le monde. Je m’endure plus pantoute. Je n’entends plus ma voix. Mes rêves. Et je ne me reconnais plus.
Fait que : oui. Je pense que c’est une bonne chose que Churros me force à être sacré là avec moi. Parce qu’en fait, j’ai plus rien à lui offrir. Je suis dans l’avidité, la dépendance. Parce que… j’ai peur de ne plus jamais faire l’amour de même. D’aimer apprendre une langue de même. De rire de même. J’ai surtout peur… de ne jamais m’aimer. Je ne pense pas que je m’aime. Et ça me rend triste. Je ne crois pas en ce que je crois. Je déteste parler de mon roman. Les gens ne comprennent pas que ce n’est pas un roman, c’est ma voile pour partir. Quitter la case départ, puis l’osti de case départ ! J’ai tu hâte de la laisser derrière moi ! Mais non ! Je n’ai pas le sentiment de l’avoir quittée ! Je m’impatiente ! Je suis tanné ! Fatigué ! Épuisé ! Je ne sais plus si je suis réellement qui je crois être. Parce que je ne le suis pas. Je ne l’incarne pas. Je ne le montre pas. Je… n’y crois pas. Alors, c’est ce que j’obtiens en retour. Des postes, des fonctions, des relations qui ne croient pas vraiment en ce que j’ai à offrir. Des relations qui me laissent tomber en plein milieu. Probablement parce que je fais la même chose avec moi.
Une chose me semble claire. C’est bon. C’est bon que je m’insurge contre le comportement crissement inconséquent de Churros, c’est bon que je veule me sentir désiré, puis que je le laisse mariner pendant deux semaines. C’est bon que je prenne conscience de tout ça, que je manque surtout d’amour-propre, et que c’est la cause de beaucoup de mes symptômes irritants. C’est bon que je lutte, que je sois plein de marde ? En nettoyant la pièce principale au travail aujourd’hui, j’ai gueulé avec Josh : You Are Loved. À quel point j’ai besoin de me le rappeler… À quel point j’apprécie pas qui je suis, ce que j’ai à offrir… À quel point je ne suis jamais que «gras» «lourd», trop ci, trop ça… Pas assez, JAMAIS assez… pour les autres. Mais surtout pour moi…
Revenir à la case départ.










