[Les expressions du dimanche] [RACONTAGE] #5 J'ai créé une histoire Ă partir d'une expression française. Tout est (presque) vrai ! Dites-moi en commentaires si vous avez trouvĂ© l'expression đ
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[Les expressions du dimanche] [RACONTAGE] #5 J'ai créé une histoire Ă partir d'une expression française. Tout est (presque) vrai ! Dites-moi en commentaires si vous avez trouvĂ© l'expression đ
La correspondance
#4 [RACONTAGE SPĂCIAL HALLOWEEN]
31 octobre 2021, 23h Ă Paris sur la ligne 4.
Le mĂ©tro de Camille arrive Ă la station ChĂątelet-les-halles. Son portable vient de vibrer et la tirer de son Ă©tat de somnolence. Une notification lui indique quâelle doit descendre alors que la sonnerie du mĂ©tro annonce la fermeture des portes. Elle se lĂšve dâun bond pour sortir de la rame et Ă©ternue dĂšs quâelle arrive sur le quai. Une odeur aigre vient de lui chatouiller ses narines pourtant bien bouchĂ©es. Il y a un an les personnes autour dâelle lâauraient fusillĂ©e du regard, mais ce nâest quâun souvenir lointain.
Aujourdâhui câest Halloween et pour cĂ©lĂ©brer les infirmiers, les blouses et les tuniques mĂ©dicales sont Ă lâhonneur. Câest la premiĂšre annĂ©e quâelle voit autant de personnes jouer le jeu. Les blouses de docteur tĂąchĂ©es de sang et les infirmiĂšres dĂ©moniaques pullulent. La victoire des hommes sur la maladie lui fait lĂącher un petit sourire et elle commence sa quĂȘte.
Chatelet est un vĂ©ritable dĂ©dale de sorties et de lignes. Il faut quâelle se dĂ©pĂȘche si elle veut vite rejoindre ses amis. Elle dĂ©teste Halloween et ne se sent pas vraiment bien. Sa rupture avec Ahmed lâa dĂ©vastĂ©e. Elle pense en plus avoir un dĂ©but de grippe. Sa copine Daffy lui a forcĂ© la main pour quâelle sorte et ne reste pas seule chez elle Ă dĂ©primer. Elle porte du maquillage noir et une fausse verrue sur le visage en dessous dâun voile lĂ©ger noir. Sa longue robe noire, son collant trouĂ© et son balai Ă manche complĂštent son style et font dâelle une vĂ©ritable sorciĂšre avec tout lâattirail.
Cela fait plus de cinq minutes quâelle marche sans trouver la ligne 7. Certains panneaux lâenvoient tout droit, tandis que dâautres lui indiquent de faire marche arriĂšre. Aucun agent de la RATP nâest lĂ pour la renseigner et les personnes dĂ©guisĂ©es nâont pas lâair dâĂȘtre ouvertes au dialogue. Toutes ces infirmiĂšres pleines de sang ne la rassurent pas. En plus de cela, un homme dĂ©guisĂ© en membre du Ku Klux Klan vient dâattirer son attention. Il porte une longue robe blanche et une capuche pointue masquant son visage. Elle a lâimpression de lâavoir vu dans sa rame de mĂ©tro mais elle chasse vite cette idĂ©e de son esprit. Il est impossible quâil se soit perdu comme elle dans les couloirs de la station.
Camille sâarrĂȘte un instant pour rĂ©flĂ©chir. Elle tente de se rappeler de la derniĂšre fois quâelle a rĂ©ussi Ă trouver le bon itinĂ©raire. Elle ferme les yeux un instant et câest alors quâune main lui agrippe le bras. Son cĆur fait un bon dans sa poitrine et lorsquâelle ouvre les yeux elle voit un jeune homme dĂ©guisĂ© en Dracula. Ce dernier ayant vu sa rĂ©action sâempresse de la rassurer : « Vous avez lâair perdue Madame, je peux vous aider ?
-Ah oui, vous mâavez fait peur. Je cherche la ligne 7, vous savez oĂč câest ?
-Oui bien sûr, il vous suffit de prendre cette direction ».
Il lui indique alors dâaller vers un portail Ă©lectrique derriĂšre lequel elle voit un tapis roulant. La mĂ©moire de son dernier passage en ces lieux lui revient. Elle le remercie avec un sourire poli et Ă©ternue Ă nouveau en partant. La mĂȘme odeur aigre vient de chatouiller ses narines.
La sorciĂšre avance avec son balai vers le tapis mĂ©canique et sâappuie contre le rebord. Elle commence Ă se sentir fĂ©brile. Les gens autour dâelle lui sont bruyants et lui semblent excitĂ©s, sĂ»rement Ă cause de lâalcool. Une fois arrivĂ©e de lâautre cĂŽtĂ©, elle se rend compte que lâaccĂšs est fermĂ©. Une main frĂŽle le dos de Camille qui se retourne brusquement. Câest une infirmiĂšre ensanglantĂ©e avec des yeux de dĂ©mons et des couettes. Cette derniĂšre souhaite lui indiquer la bonne direction pour rejoindre la ligne 7, il faut aller dans la direction opposĂ©e. La jeune femme la remercie briĂšvement avant de continuer sa route.
La situation lâexaspĂšre. Lâheure tourne, ses pieds commencent Ă lui faire mal et elle trouve les gens de plus en plus bizarres autour dâelle. Ils parlent bruyamment. Leurs yeux sont rouges et elle en voit mĂȘme certains se bagarrer. Elle a bien fait dâemprunter la voie non mĂ©canisĂ©e, au moins elle Ă©vitera de se prendre un coup perdu. Sur le chemin une porte attire son attention, elle sâarrĂȘte devant elle. Il y a une indication affichant le logo de la ligne 7 et informant que la zone est en travaux. Elle ouvre la porte, entre et la referme derriĂšre elle. Cette derniĂšre mettant un peu de temps Ă se fermer elle dĂ©cide dâavancer dans lâobscuritĂ©.
La jeune femme sort son portable afin dâactiver son flash mais aussitĂŽt allumĂ©, il sâĂ©teint. Il nâaffiche que 10% de batterie. Elle soupire et Ă©value la situation. Il fait froid et sombre mais elle prĂ©fĂšre quand-mĂȘme continuer dans lâobscuritĂ© plutĂŽt que de rebrousser chemin et cĂŽtoyer tous ces gens qui lui font peur. Leur comportement nâĂ©tait pas normal. Toutes ces personnes dĂ©guisĂ©es lâoppressaient. Elle avance donc Ă petits pas, en mettant son balai devant elle pour sâassurer que la voie est dĂ©gagĂ©e.
Le bruit dâune porte qui se ferme se fait entendre derriĂšre elle. Camille est pourtant certaine quâelle aurait dĂ» ĂȘtre fermĂ©e depuis un moment. Cela doit ĂȘtre son imagination. Elle continue son parcours en essayant quand-mĂȘme de lâĂ©clairer avec la lumiĂšre de lâĂ©cran de son portable, lorsquâil ne se verrouille pas. Son balai finit par toucher quelque chose de mou. Alors quâelle commence son inspection, elle touche une plus grosse masse et entend un miaulement strident. Elle hurle et se met Ă paniquer, Camille a la phobie des chats.
La jeune femme court pour faire marche arriĂšre et dans sa course elle heurte quelquâun qui tombe en mĂȘme temps quâelle. Les yeux de Camille sont habituĂ©s Ă lâobscuritĂ© et elle distingue juste une longue masse blanche complĂ©tĂ©e par une capuche pointue. Elle crie Ă nouveau. Lâinconnu ou les chats ? Elle se relĂšve, et court dans lâautre sens, elle choisit dâaffronter le chat et sa proie.
Qui Ă©tait-ce ? SĂ»rement un homme. Mais le seul qui aurait pu la suivre jusque-lĂ Ă©tait habillĂ© en Dracula. Aucun bruit de pas derriĂšre elle, Ă©trange. Elle en profite pour enlever ses talons qui la gĂȘnent et recommence Ă courir balai Ă la main, mais pieds nus cette fois.
Le sol est glacĂ© et elle sent des bouts de pierre traverser la plante de ses pieds. Elle sâarrĂȘte un instant Ă cause de la douleur mais nâa pas le temps de souffler car elle entend des bruits de pas accĂ©lĂ©rĂ©s se rapprocher dâelle. Elle continue sa course et essaye dâutiliser son portable pour appeler quelquâun.
Sur son Ă©cran sâaffiche un message dâAhmed : « Tâes oĂč ??? » a-t-il Ă©crit. Camille panique de plus en plus et se demande la signification de ces mots. Elle soupçonne alors son ex petit-ami dâĂȘtre son poursuivant. Un flash lui rappelle quâelle a croisĂ© quelquâun dĂ©guisĂ© en membre du KKK plus tĂŽt dans la soirĂ©e. Il nây a que lui qui aurait assez de mauvais goĂ»t pour se dĂ©guiser de la sorte.Â
Alors que les pensĂ©es et les suppositions se bousculent dans sa tĂȘte elle heurte violemment une barriĂšre et fait une chute dans des escaliers. Son corps fait une roulade dans les marches quâelle cogne une par une violemment. Ses phalanges et ses genoux sont en sang lorsquâelle atterrit dans une flaque dâeau. Son balai qui ne lui a pas Ă©chappĂ© des mains lui sert dâappui pour se relever. Elle nâa pas le temps de souffler, car elle ressent la lumiĂšre du flash projetĂ© par son agresseur venir dâen haut. Â
Ses pieds baignent jusquâaux chevilles dans une eau glacĂ©e, elle sent une forte odeur aigre et des moustiques lui foncent dans les yeux. Il nây a quâune seule issue Ă©clairĂ©e, elle nâa pas le choix. Elle doit avancer dans ce sens-lĂ sans se retourner et prier pour que ce soit ouvert. Pendant un instant elle se demande pourquoi Ahmed la poursuit. Ils se sont quittĂ©s en trĂšs mauvais termes mais rien ne justifie une telle poursuite dans le mĂ©tro. Elle est certaine quâil nâest pas ici pour lui faire une mauvaise blague.
Toutes ses questions lâempĂȘchent dâavancer rapidement. Son poursuivant est presque au mĂȘme niveau quâelle. Elle crie de toutes ses forces « Laisse-moi tranquille !! » tout en continuant dâavancer vers la seule issue qui ne semble toujours pas se rapprocher dâelle. Lâagresseur masquĂ© finit par la rattraper et la plaquer au sol.
Lâhomme Ă la capuche pointue retourne alors sa victime, qui a maintenant lâarriĂšre de la tĂȘte sous lâeau, et essaye de lâĂ©trangler. Camille hurle et se dĂ©bat. Elle crie :« Ahmed arrĂȘte ! Par pitiĂ© ! ». Tout en sâĂ©gosillant Ă crier au secours, ses mains touchent la poitrine de son bourreau qui reste toujours silencieux. Elles palpent des seins et elle comprend que son poursuivant est en fait une femme. Cet instant de surprise et de relĂąchement oĂč elle aura utilisĂ© son Ă©nergie pour demander « Qui câest ? » lui sera fatal. La femme masquĂ©e a dĂ©sormais totalement pris le dessus et ses mains sont solidement ancrĂ©es sur sa gorge. LâĂ©trangleuse lĂąche alors un rire diabolique. Câest bel et bien une femme.
Camille ne comprend pas. Elle va mourir sans mĂȘme savoir pourquoi. Son odorat qui ne lâa pas encore lĂąchĂ©, lui fait encore sentir la mĂȘme odeur aigre qui avait piquĂ© ses narines plus tĂŽt. Elle tousse aussi fort que les mains de la folle qui lâĂ©tranglent le lui permettent. Alors quâelle commence Ă abandonner et Ă perdre connaissance, elle croit entendre la femme au-dessus dâelle dire « Enfin dĂ©barrassĂ©e de toi !! ». Son incomprĂ©hension est encore plus grande, Ă quelques instants de la mort. Un flash commence Ă lâĂ©clairer. Serait-ce la lumiĂšre du fameux tunnel ?
Un bruit de course succĂšde Ă la lumiĂšre et elle voit sa future-ex meurtriĂšre tomber sur le cĂŽtĂ©. Ses yeux voient flous et elle se met Ă tousser. Elle nâentend pas bien et commence Ă se sentir bizarre. Quelque chose monte en elle. Camille reconnaĂźt lâinfirmiĂšre dĂ©moniaque qui lui avait indiquĂ© le chemin plus tĂŽt. Elle nâentend que quelques mots : « ⊠vu vous suivre⊠croyais⊠blague⊠au cas oĂč ». La jeune femme qui vient dâĂ©chapper Ă la mort fait juste un geste de la main en remerciement, elle ne comprend pas tout. Elle souhaite juste prendre sa sauveuse dans ses bras. LâinfirmiĂšre lâenlace et la rĂ©conforte. Quelques secondes passent lorsque soudain, les muscles de sa sauveuse se contractent. Cette derniĂšre la serre de plus en plus fort dans ses bras et commence Ă lâĂ©touffer. Elle souhaite des remerciements et se met Ă lâembrasser de force.
Camille, totalement dĂ©passĂ©e et excĂ©dĂ©e, lui arrache la langue avec ses dents. Son nouvel agresseur crie de douleur et se tient la bouche. EnragĂ©e, lâancienne victime cherche son balai sur le sol. AussitĂŽt retrouvĂ©, elle hurle et tape sa sauveuse Ă la tĂȘte avec le manche. Cette derniĂšre tombe dâun coup. Mais ce nâest pas assez pour la sorciĂšre, elle continue de la taper au sol jusquâĂ ce son maquillage blanc devienne totalement rouge sang. Elle ne veut pas sâarrĂȘter et dĂ©cide dâinfliger le mĂȘme chĂątiment Ă la femme masquĂ©e. Son pied accompagne le balai qui frappe la tĂȘte de son premier agresseur sans sâarrĂȘter. Elle se met Ă gueuler comme un animal.Â
Elle enlĂšve la capuche de la femme qui attentĂ© Ă sa vie afin de lâidentifier. Un sentiment de stupeur sâempare dâelle lorsquâelle reconnaĂźt la nouvelle copine de son ex : « ThaĂŻs ! ». Cette fois câest dĂ©cidĂ©, elle va tous les tuer, un par un : Ahmed, le Dracula qui lui a mal indiquĂ© le chemin, son voisin en vis-Ă -vis qui essaye de la mater, sa mĂšre qui la saoule, Daffy, son dernier employeur⊠Dans cette bouffĂ©e dâadrĂ©naline et de colĂšre, la sorciĂšre se sent toute-puissante. La douleur ne lâaffecte plus. Elle marche dâun pas dĂ©terminĂ© avec son balai vers la seule issue qui sâoffre Ă elle.
Câest une piĂšce Ă©clairĂ©e dans laquelle il y a un autre escalier. En traversant la piĂšce, elle voit un miroir dans laquelle il y a son reflet. Le voile dĂ©chirĂ© met en exergue le maquillage qui a coulĂ©. Ses habits sont dĂ©chirĂ©s et trempĂ©s. Ses cheveux mouillĂ©s et volumineux lui donnent lâair dâune folle. Sa seule rĂ©action est de rire diaboliquement comme une vĂ©ritable sorciĂšre. Camille emprunte lâescalier et arrive sur une autre porte.
Lorsquâelle lâouvre, câest une scĂšne invraisemblable qui sâoffre Ă elle. Câest le quai de la ligne 11, le mĂ©tro est Ă lâarrĂȘt et tous les usagers du mĂ©tro sont en train de taper leur voisin. Des jeunes femmes bastonnent des femmes ĂągĂ©es Ă terre alors que des vieux hommes tabassent des enfants avec leurs cannes. Dâautres jeunes hommes eux se mettent des droites et des gauches tout en se cassant des bouteilles de verre sur la tĂȘte. La sorciĂšre, crie de tous ses poumons et arme son balai pour taper la foule et participer au chaos qui rĂ©gnait dĂ©jĂ . Elle se dĂ©chaĂźne jusquâĂ ce que tout devienne sombre pour elle.
Camille se rĂ©veille en sursaut Ă lâhĂŽpital, menottĂ©e Ă un lit. Elle a mal Ă la tĂȘte. Dans son dernier souvenir, la sorciĂšre se rappelle avoir vu des personnes avec des masques Ă gaz dĂ©barquer sur les quais, et balancer des fumigĂšnes qui ont endormi tous les fauteurs de trouble. La tĂ©lĂ© est allumĂ©e et sa mĂšre qui a remarquĂ© son rĂ©veil grĂące Ă ses soupirs, engage la conversation : « Tu vas bien ma fille ? Tu es drĂŽlement amochĂ©e.
-Tu vois bien que je ne vais pas bien, pourquoi est-ce que tu me poses des questions stupides ?
-Calme-toi. Tu ne sortiras pas dâici avant que lâon soit assurĂ©s que tu as totalement repris tes esprits.
-OĂč suis-je ? Pourquoi est-ce que jâai des menottes ?
-Tu es Ă lâhĂŽpital. Il y a eu une fuite de gaz hier Ă ChĂątelet et tout le monde a perdu les pĂ©dales. Il y a eu beaucoup de morts et de blessĂ©s. Câest une chance que tu sois quasiment indemne.
-Du gaz ? Quel genre de gaz ?
-Un gaz inconnu. On pourra en parler plus tard, pour le moment repose-toi. »
Quelques heures plus tard, lorsquâon lui apporte Ă manger, un homme en blouse blanche entre dans la piĂšce. Il se prĂ©sente et demande Ă Camille de lui raconter sa soirĂ©e et ce dont elle se souvient. La jeune femme raconte alors son rĂ©cit dans les couloirs de la correspondance de ChĂątelet-les-halles. Dans un Ă©clair de luciditĂ©, elle omet la course-poursuite et les deux femmes gravement blessĂ©es quâelle a laissĂ©e derriĂšre elle dans les souterrains. Pendant quâelle dĂ©clare ne plus se rappeler ce quâil sâest passĂ© aprĂšs avoir perdu connaissance, elle a des flashs du massacre de la veille. Elle rĂ©siste pour masquer le plaisir quâelle ressent Ă la mĂ©moire de ces doux souvenirs de rage.
Lâhomme lui explique alors ce quâil sâest probablement passĂ© selon la police et lui ajoute quâelle a eu de la chance, Ă©tant donnĂ© le temps quâelle a passĂ© au sein de la station. Camille feint dâĂȘtre soulagĂ©e et joue les victimes pour rassurer sa mĂšre et le docteur.
Ce dernier la libĂšre de ses menottes et lui annonce quâelle pourra partir aprĂšs quelques questions des policiers. Elle le remercie poliment et lui souhaite au revoir. Camille repense Ă nouveau Ă tout ce quâelle a subi et aux deux fois oĂč elle a Ă©chappĂ© Ă un sort funeste. La meurtriĂšre vomit lorsquâelle repense Ă la langue quâelle a arrachĂ©e et aux crĂąnes quâelle a fendus.
Sa mĂšre lui propose de dormir chez elle quelques jours, au cas oĂč il y aurait des sĂ©quelles. Elle accepte et une fois chez son hĂŽte, la fille demande Ă sa mĂšre une feuille et un stylo pour prendre des notes. Son portable Ă©tant perdu elle nâa plus aucun support pour pouvoir le faire.
La sorciĂšre inscrit alors plusieurs noms sur la feuille et entoure le premier. Sa mĂšre voyant cela lâinterroge : « Tu as fait une liste de noms ? Câest pour ton anniversaire ?
-Non, Maman. Ce sont les personnes que je souhaite remercier. GrĂące Ă elles je me sens bien dans ma vie en ce moment.
-Ah, jâespĂšre que je suis dessus alors !
-Oui bien sĂ»r, tu es la premiĂšre, regarde. Je viens dâentourer ton prĂ©nom. » dit-elle dâun sourire quâelle ne tarda pas Ă dĂ©former en rictus lorsque sa mĂšre lui tourna le dos.
Illustration de @paulinegwczillustrations
Capucine
#3 [ROMANCE TRISTE]
Une douce odeur atteignit ses narines alors quâil se promenait. Le parfum l'attira dans les bois, l'Ă©cartant ainsi du chemin quâil devait suivre. La richesse de la riviĂšre Ă©clairĂ©e par le soleil lui apparut moins attrayante.
Il ressentait une Ă©nergie inconnue dont il devait trouver la source. Mais sans s'en rendre compte, il s'enfonçait dans les ronces. Il sâarrĂȘta un instant pour Ă©valuer la situation. C'Ă©tait le crĂ©puscule et il commençait Ă entendre des bruits de bĂȘtes sauvages.
Il fit un pas et son pied se retrouva enfoncĂ© dans des marĂ©cages. Il essayait de se dĂ©battre sans savoir oĂč aller. D'un cĂŽtĂ© la plage quâil connaissait, oĂč il serait en sĂ©curitĂ©. De l'autre les tĂ©nĂšbres et l'inconnu, mais la possibilitĂ© de trouver l'objet de sa convoitise. Irrationnellement, il s'enfonça dans le bourbier en direction de ses futurs problĂšmes. Il rĂ©ussit Ă s'en sortir, mais des sangsues s'Ă©taient attachĂ©es Ă ses jambes.
Les moustiques volaient prĂšs de ses oreilles et les branches des arbres lui Ă©corchaient le bras. Il se demandait pourquoi il s'infligeait tout cela et c'est lĂ quâil la vit. Elle Ă©tait lĂ , rayonnante malgrĂ© l'obscuritĂ© grandissante. Son parfum Ă©tait plus doux et agrĂ©able quâun Ă©glantier un jour de pluie. Il n'en avait jamais vu d'aussi belle. Il n'avait qu'une envie, la cueillir et la conserver Ă jamais auprĂšs de lui.
Il continua de s'approcher en espĂ©rant la toucher, mais ses forces commencĂšrent Ă l'abandonner. Lâhomme continua son chemin en rampant. Il entendait le gueulement des sangliers se rĂ©jouissant d'avance de leur festin, mais cela ne l'effraya pas. Tout son corps ne voyait, sentait et ressentait qu'elle. La douleur s'Ă©tait transformĂ©e en plaisir. Les plaies et les sangsues avaient vidĂ© son sang. Il ne put qu'effleurer la capucine marron de sa main avant de s'Ă©teindre, en mĂȘme temps que le soleil qui se couchait.
Illustration faite par la talentueuse @paulinegwcz.artÂ
Danse
#2 [RACONTAGE]
Une femme s'est approchée de moi dans le métro alors que j'étais assis.
Je me suis d'abord demandé si elle voulait ma place avant d'essayer d'estimer son ùge. Métisse avec des cheveux défrisés, elle portait des lunettes fumées à la James Brown et un casque audio noir.
Debout, elle faisait ma taille alors que j'Ă©tais assis. J'ai donc pensĂ©, au vu de la maniĂšre dont elle se rapprochait de moi, qu'elle voulait ma place. Je l'ai regardĂ©e du coin de l'Ćil car j'avais rĂ©ellement la flemme de me lever. Dans mon champ de vision, je l'ai sentie s'agiter de haut en bas, comme si une folle envie d'uriner l'avait prise.
Ses Ă©paules bougeaient de la gauche vers la droite et de l'avant Ă l'arriĂšre. "Serait-elle en train de danser ?" ai-je pensĂ©. Il Ă©tait 12h et sur la ligne 4 Ă ChĂątelet, ce n'Ă©tait pas quelque chose d'habituel. J'ai donc tournĂ© la tĂȘte en estimant qu'elle devait sĂ»rement avoir envie de pisser.
Sur le banc de trois places qui me faisait face, le siÚge s'était libéré. L'agitée s'est approché et au lieu de s'asseoir elle a déposé son sac pour y remettre des affaires. Faisant face à la vitre, elle a recommencé à gigoter et j'ai eu la confirmation qu'elle était bien en train de danser. Tout son corps bougeait en rythme alors qu'elle rangeait des affaires dans son sac tout en se regardant dans le miroir.
Le masque imposĂ© par le contexte sanitaire ne permettait pas de voir l'expression de son visage mais je suis quasiment certain qu'elle Ă©tait heureuse. J'ai alors souri. Pas le sourire moqueur qu'on pourrait esquisser en voyant un fou dĂ©lirer, mais plutĂŽt celui d'une envie d'ĂȘtre aussi heureux et libĂ©rĂ© du regard des gens.
Le titre de Damso que j'Ă©coutais Ă ce moment-lĂ m'a paru bien triste. J'ai ensuite coupĂ© ma musique pour pouvoir Ă©crire, tout en rĂȘvant du jour oĂč je danserai comme cette femme, et qu'un autre Ă©crira comme moi, sur moi.
A quand la prochaine danse ?
Illustration faite par la talentueuse @paulinegwcz.art
Le(s) labo(s)
#1 [RACONTAGE]
"La covid", qu'est-ce que c'est moche. PrononcĂ© comme Ă©crit je n'y arrive pas. MĂȘme avis pour "le covid". C'est Ă cause de cette maladie partageant le mĂȘme nom qu'une biĂšre, que je me suis retrouvĂ© Ă faire la tournĂ©e des labos, au lieu des bars.Â
(Bon ok il Ă©tait 11h du matin et dans tous les cas, je n'ai jamais fait la tournĂ©e des bars.) âCas contactâ, je pense que ça parle Ă tout le monde. J'ai vu une personne qui doutait de ses symptĂŽmes, on en a fait des blagues et manque de peau, elle s'est avĂ©rĂ©e ĂȘtre positive. Nouvelle nĂ©gative pour moi. Le premier labo oĂč je me suis rendu Ă©tait Ă©tonnamment vide. Pas de file d'attente interminable et une atmosphĂšre calme et dĂ©tendue Ă l'intĂ©rieur. Bizarre, ce n'est pas ce qu'on m'avait dĂ©crit. Je m'approche pour prononcer le pitch que j'ai rĂ©digĂ© avec ma coach de la SĂ©cu, et je comprends au soupir de la secrĂ©taire que ça ne va pas le faire : «Uniquement sur rdv, vous pouvez en prendre un pour lundi.
-Mais c'est Ă©crit sur votre site que c'est possible. -Roh ils l'ont toujours pas enlevĂ© ?! C'est pĂ©nible {elle rĂąle auprĂšs de sa collĂšgue tout en essayant de froncer les sourcils pour montrer qu'elle est contrariĂ©e, compliquĂ© d'ĂȘtre expressive quand on a un masque}. On a dĂ©jĂ fait remonter l'info. DĂ©solĂ© monsieur, mais si vous voulez vous pouvez essayer Ă Richelieu Drouot ? Le labo ferme Ă 13h. -{Je regarde l'heure et estime la distance} Non ça va aller. Merci au revoir. » Je suis donc rentrĂ© chez moi en ayant gĂąchĂ© 30 minutes de ma vie pour voir Christelle de l'accueil se plaindre du service informatique. Heureusement que je fraude, payer 3,8⏠pour ça aurait Ă©tĂ© excessif. Fort de ce premier Ă©chec, je dĂ©cide de tenter un autre labo durant l'aprĂšs-midi sur recommandation de ma sĆur et aprĂšs avoir vĂ©rifiĂ© sur le site du MinistĂšre de la SantĂ©. C'est supposĂ© ĂȘtre la source d'info la plus crĂ©dible en ce moment et je fais confiance Ă ma sĆur mais, l'expĂ©rience m'a prouvĂ© qu'il valait mieux prĂ©venir que guĂ©rir.Â
J'ai essayĂ© d'appeler et je suis tombĂ© sur une hotline fantĂŽme qui a raccrochĂ© dĂšs que le jingle Ă©tait fini. Sympa. Je prends une capture d'Ă©cran cette fois, en espĂ©rant quand-mĂȘme que Mamadou le stagiaire de l'informatique, tient Ă jour le site.
C'est Ă pied que j'ai dĂ©cidĂ© d'y aller. 28 minutes de trajet selon l'appli. Sur le chemin je me suis arrĂȘtĂ© prendre un sandwich tomates mozza et Ă ma grande surprise la vendeuse m'a offert "une douceur pour accompagner mon vendredi aprĂšs-midi". La phrase Ă©tait tellement prĂ©parĂ©e que ça m'a fait sourire. Peut-ĂȘtre les astres seront-ils favorables Ă l'accomplissement de ma quĂȘte.
{Ătant immigrĂ©, j'ai eu la joie chaque annĂ©e depuis mes 18 ans de faire la queue Ă la prĂ©fecture pour: dĂ©poser mes documents, redĂ©poser d'autres documents, encore revenir car Jean fermait son guichet une heure avant la fin sans raison particuliĂšre, rĂ©cupĂ©rer un deuxiĂšme document provisoire et, enfin recevoir mon titre de sĂ©jour. Ces longs allers-retours sont d'autant plus usants que si on ne veut pas passer sa journĂ©e Ă espĂ©rer que Jean ne fermera pas plus tĂŽt son guichet, il faut ĂȘtre parmi les premiers.Â
Mais pour ĂȘtre en tĂȘte de la file d'attente de la sous-prĂ©fecture d'Antony, il faut se lever de bon matin. La premiĂšre fois, j'y suis allĂ© Ă 7h du mat' et il y avait dĂ©jĂ 20 personnes devant moi. A quelle heure ouvre la prĂ©fecture ? 9h. J'ai donc appris au fil des annĂ©es que si je voulais plier cette affaire en dĂ©tente et rentrer chez moi tĂŽt, il fallait au moins que j'y sois Ă 5h30. Mais bon, ça c'est une autre (longue) histoire.} GrĂące Ă mes compĂ©tences confirmĂ©es en pliage de file d'attente, j'ai eu la bonne idĂ©e de me pointer 30 minutes avant l'ouverture, soit Ă 13h. Une seule personne devant semble attendre. J'ai le temps de checker les infos affichĂ©es sur la porte. DĂ©but septembre le Dr a annoncĂ© que le labo ne prenait que les rdvs. Pourtant, leur site mis Ă jour rĂ©cemment par Mamadou dit le contraire. Je dĂ©cide quand-mĂȘme de patienter en regardant un Ă©pisode de Gumball.Â
L'homme qui Ă©tait lĂ avant moi m'apostrophe alors : « Vous ĂȘtes en train de les appeler lĂ ? -Euh non pourquoi ? -Ah, vous connaissez les dĂ©lais ? -Une semaine voir plus si vous n'avez ni ordonnance ni SMS de l'assurance maladie, sinon 48h. Regardez {je lui montre le saint-Ă©crit produit par Mamadou} -Putain c'est trop long ! »
J'ai rentrĂ© mes lĂšvres, et haussĂ© mes sourcils en mĂȘme temps que mes Ă©paules et mes mains: la tĂȘte qui veut dire que j'approuve et que j'en ai rien Ă foutre en mĂȘme temps, sentiment assez ambivalent. Il soupire (sans masque) et retourne Ă son appel vidĂ©o en s'Ă©loignant du laboratoire.
Je prends place devant une barriÚre située juste en face de la porte d'entrée. Désormais je suis seul, je suis le premier. Mon k-way est jaune poussin, personne ne pourra dire qu'il ne m'a pas vu.
13h17: Une premiĂšre dame avec un chapeau arrive, et se met Ă ma gauche sans poser de question.Â
13h20: Un second homme à lunettes arrive livre à la main et se met à ma droite. Il fait un tour rapide de la porte d'entrée et des environs, me regarde, puis ouvre tranquillement son livre.
13h22: Un troisiĂšme homme avec un afro arrive au tĂ©lĂ©phone, il fait Ă©galement un tour rapide des environs et se met Ă la droite du second.Â
13h25: Un quatriĂšme homme arrive en boitant et se met Ă la gauche de la seconde dame. A partir de ce moment lĂ il arrive une cinquiĂšme, puis sixiĂšme, et septiĂšme⊠J'arrĂȘte de compter en me disant que mon k-way jaune me donne le totem d'immunitĂ© pour pouvoir entrer en premier. Toutes les personnes qui arrivent essaient de comprendre la logique de la file d'attente et se positionnent Ă gauche ou Ă droite. Je suis alors pris d'un malaise et me dis qu'il aurait peut-ĂȘtre fallu effectuer une file d'attente en bonne et due forme car c'est une situation propice au "j'Ă©tais lĂ avant". Ă la sous-prĂ©fecture d'Antony j'ai vu des gens se battre pour moins que ça. Bah, aprĂšs tout ce n'est pas mon problĂšme aujourd'hui, je suis premier. Une dame aux cheveux rouges arrive alors et se positionne prĂšs de la porte. Tous les regards se tournent vers elle et je crois que nous lui avons bien transmis notre pensĂ©e "ça sert Ă rien de te mettre lĂ , c'est pas Ă qui sera le plus proche". Je pense qu'elle a bien reçu le message car elle s'est Ă©loignĂ©e de la porte, tout en restant sur le cĂŽtĂ©. 13h29: Je range mon portable et enlĂšve mon casque. Ăa faisait un moment dĂ©jĂ que je suis plus focalisĂ© sur les arrivĂ©es que sur ma musique. L'homme Ă lunettes me voyant faire, il dĂ©cide de fermer son livre.
13h30: J'ai l'impression d'ĂȘtre le gĂ©nĂ©ral d'une armĂ©e dans Kingdom et que l'on attend mon feu vert pour commencer la bataille. C'est pas hier, c'est pas demain, c'est maintenant. Je m'avance donc vers la porte pour l'ouvrir⊠Sans succĂšs. La pause dĂ©jeuner n'est pas encore finie. Je retourne Ă ma place en me disant qu'il ne me reste qu'Ă patienter.
13h32: Une dame Ă l'allure snob arrive comme les autres, mais vient se positionner prĂšs de la porte et essaye mĂȘme de l'ouvrir. Insensible au regard assassin des (im)patients, trĂšs sĂ»re dans ses mouvements, je me suis dit qu'elle devait travailler au labo. Ou alors elle est sacrĂ©ment gonflĂ©e.Â
13h37: Les volets se sont ouverts et une secrétaire médicale est sortie du cabinet pour annoncer "c'est ouvert". La dame-snob en profite pour se glisser dans le cabinet et ainsi échapper aux protestations en commençant à parler au docteur. Je m'avance alors pour limiter la casse et ne pas perdre ma place de premier. DerriÚre moi mon armée a formé les rangs et chacun avait l'air de connaßtre sa place, excepté la dame aux cheveux rouges. J'entre alors dans le cabinet et elle m'emboßte le pas. Là , c'est le drame.
Lunettes-man ouvre le bal : « Qu'est-ce que vous faites ? Vous voyez pas que y a une queue ? Allez derriÚre comme tout le monde ! Rousse-woman: J'ai juste une question ! Lunettes-man: Ouais ben moi aussi j'ai une réunion, et je fais la queue !
Pendant la cohue, l'homme qui boitait en a profité pour passer devant moi en montrant une carte.
Rousse-woman a alors continuĂ© : -Et eux alors ils Ă©taient lĂ avant ?! J'ai fait ma tĂȘte d'approbation qui veut aussi dire que je m'en fous comme de l'an 40 et lui ai rĂ©pondu : -Elle c'est dĂ©jĂ trop tard, et lui il a une carte d'invaliditĂ©. Dr: Fiioouuou on peut tous se dĂ©tendre et souffler ? Afro-man: Faites la queue comme tout le monde ! Lunettes-man : Y en a toujours qui respectent rien c'est pas possible ! Rousse-woman: J'ai juste une question, si ils rĂ©pondaient au tĂ©lĂ©phone je serais pas lĂ . Chapeau-woman: Oui oui c'est ça, moi aussi j'ai une question. Lunettes-man : Ouais moi aussi j'ai une rĂ©union et pourtant je fais la queue ! » MalgrĂ© tout le bazar qui rĂ©gnait, mon tour est enfin arrivĂ©. Je vais voir le Dr en lui exposant ma problĂ©matique grĂące au mĂȘme pitch que j'ai utilisĂ© le matin, et en m'appuyant cette fois sur une capture d'Ă©cran du saint-Ă©crit de Mamadou. Il me regarde et me rĂ©pond simplement : « Non on ne prend pas sans rdv, vous pouvez en prendre un maintenant et revenir mardi. -Mais c'est pourtant Ă©crit sur votre site. -Non non on ne prend pas de rdv. » Je sais reconnaĂźtre une situation oĂč il est possible de nĂ©gocier, ce n'Ă©tait clairement pas le cas. Je suis donc parti sans demander mon reste en laissant mes troupes dĂ©sorganisĂ©es se fritter avec Rousse-woman. {Mamadou le stagiaire de l'informatique 2 - 0 Le raconteur du dimanche} Si ça n'en tenait qu'Ă moi j'aurais abandonnĂ© et je serais juste restĂ© isolĂ© pendant 14 jours en attendant que ça passe. Mais le fait est que j'aime les relations sociales et mon syndrome du FOMO a commencĂ© Ă se rĂ©veiller Ă l'idĂ©e que j'allais passer le week-end seul, sans mes supers potes. J'ai donc persĂ©vĂ©rĂ© et continuĂ© mes recherches. En croisant les publications de trois sources diffĂ©rentes et en prenant en compte leur date de publication, j'ai enfin rĂ©ussi Ă trouver le Labo Promis parmi une dizaine de candidats. {Mamadou le stagiaire de l'informatique 2 - 1 Le raconteur du dimanche} J'ai donc rĂ©ussi Ă passer un test sans rdv Ă Issy-les-Moulineaux dans un gymnase rĂ©amĂ©nagĂ©, aprĂšs 2 heures de recherches, 5 km parcourus Ă pied et un incident diplomatique. Comment Ă©tait la file d'attente ? Je pourrais vous le raconter mais ça, c'est une autre histoire đ