Numero 12 - Hors sujet HB Game Boy
On l’a aimé de tout notre petit cœur de petits cons pourris gâtés. Avec ses malheureuses 8 petites bites, elle a su tout nous donner, jusqu’à en perdre son écran qu’on recollait avec du scotch à l’arrache. Parfois on lui a hurlé dessus au point de presque se taper une rupture d’anévrisme, mais dans l’ensemble elle a incontestablement marqué nos vies de petits puceaux pré-pubères à jamais. 4 piles battons pour 10 heures de plaisir en solitaire. La Game Boy ( le ou la est un débat que les grands philosophes du nostalgico-bullshit que nous sommes tous après 14 bières n’avons pas pu trancher) fête aujourd’hui son 25ème anniversaire, voici donc le classement des 6 meilleurs jeux les plus pixelisés du monde qui ont bercé nos roubignoles imberbes. (pourquoi 6 ? Because fuck you that’s why)
6. Gargoyle's Quest
L’immonde avec une gargouille à chier digne des Teletubbies ne rendait pas honneur à ce jeu de qualité à l’ambiance pesante et obscure. Ce jeu que certains ont peut-être regretté avoir jeté direct à la poubelle après l’avoir reçu d’une tante lointaine, fut finalement un réelle bonne surprise. A une époque où la découverte des belles choses se faisait encore en y jouant et non pas en lisant l’article pondu par un sombre connard, il mit du temps à outrepasser le mur du bouche à oreille. Mélangeant habilement un mode jeu de rôle vu du dessus et des passages actions en 2D, ce jeu au graphisme relativement soigné pour l’époque (la pub ci dessus abuse un chouïa) fut une réelle innovation.
5. Duck Tales
Seul allongé sur le sol de votre chambre, les doigts constamment appuyé sur A & B simultanément, c’est avec un grand sourire que vous avez traversez cet univers au commande de Picsou sautant sur sa canne. Alors oui, par moments il vous a fallu rapidement lâcher un cri de désespoir quand une abeille vous faisait perdre une vie précieuse ou casser quelque chose rapidement pour faire passer vos nerfs après avoir dérailler avec votre sale wagon de merde. Mais somme toute vous avez un agréable souvenir de ce joli voyage.
4. World Cup
Le jeu de foot le plus WTF de l’histoire était aussi le plus amusant. Des matchs à 5 contre 5, des putain frappes de mules dignes des spéciales d’Olive et Tom suscitant des animations hilarantes du gardien, ainsi que la possibilité de tacler à outrance tous les joueurs ou de leur mettre des coups de coudent car aucun arbitre était présent, furent autant d’éléments qui rendaient jeu jouissif au possible. On notera au passage les équipes et les musiques stéréotypés à tel point qu’elles feraient passer Luc Trullemans pour un combattant acharné de l’égalité des chances. Le jeu était tellement facile que parfois on devait s’obliger à faire toute une Coupe du monde en s’interdisant les tirs dévastateurs pour se donner un challenge plus « réaliste » si ce mot pouvait encore avoir du sens dans un monde où l’on gagnait ses matchs 24-0.
3. Zelda Links Awakening
Une musique digne de Beethoven qui passait par ce petit baffle pourri et grésillant, des graphismes quasi égaux à ceux de la Super Nintendo, une aventure longue et une histoire simple mais efficace ont fait de cet opus de Zelda un des meilleurs de la série. Quand je ferme les yeux j’entends encore parfois au loin l’écho du son que faisait ce jeu quand on avait résolu une énigme ou trouvé un objet important.
2. Tetris
Les yeux dans le vide, regardant par la fenêtre, il vous est souvent arrivé de ressasser ce moment où en 1990, glorieux comme Vercingétorix vous alliez enfin Terminer ce putain de jeu pour la 1ere fois. Enfin tout cela bien sûr, avant que vos 4 batteries de merde ne décident de rendre l’âme sur l’autoroute au milieu de nul part entre Tours et Poitier. Dans votre tête résonne encore cette discussion : « non tu n’as pas besoin de batteries maintenant, tu n’as qu’à attendre qu’on arrive…mais maman….Non c’est non, on a juste assez de liquide pour l’essence….Pfff vive vos priorités ». N’y allons pas par 4 chemins : ce jeu est un putain de mythe. Ayant acquis le statut d’icône générationnelle à part entière, c’est comme un objet d’art vintage qu’il est systématiquement inclus dans les Game Boy que laissent « trainer » ostensiblement les trentenaires dans leurs chiottes. Un peu comme on laisse « trainer » un vinyle de Curtis Mayfield.
1. Mario Land
C’était en 1990, je m’en rappel comme si c’était hier. Les lambeaux de quelques posters de NBA et de Maradona flottaient au gré de la brise qui s’infiltrait par la minuscule ouverture que j’avais laissée dans mon volet. Dans l’air flottait une amère odeur de sueur, de larmes et colère que l’on pouvait humer sur la langue. Mes tympans résonnaient encore suite au traumatisme provoqué par ma propre voix. Comme après me passage d’un ouragan de force maximale, ma chambre avait été transformée en un réel champ de bataille en 4 secondes à peine. Le silence était désormais revenu, et c’est avec un regard emplit de chaudes larmes, de haine sincère et les joues rouges de honte inouïe que je la fixais. ELLE. La Maitresse de la pulsion dévastatrice, gisait agonisante dans un coin, au pied du mur. Ouverte, brisée tel un oiseau mourant. Sa lumière rouge clignota encore quelques secondes avant de s’évanouir à tout jamais. « T’es contente sale pute ?!» furent les seuls mots que mes lèvres tremblantes purent prononcer. Au prit de sa vie ELLE m’avait donné le Game Over de trop. Le monde Chai de Mario Land fut le cimetière de plusieurs espoirs de jeunes garçons mais aussi de plusieurs Game Boy que beaucoup furent contraint de jeter contre le mur dans un reflex de frustration ultime. Les plus nantis d’entre nous après avoir exercé les mensonges et les talents de négociation d’un diplomate en pleine 2eme guerre mondiale, purent recevoir une nouvelle console et une nouvelle chance de finir ce jeu magnifique et insupportable à la fois. Certains ont fait la guerre du Vietnam d’autres ont fait Mario Land, mais dans les deux cas ils auront appris une chose dans la vie « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire » et te frottent pas aux asiates sinon tu te fais déchirer grave.


















