Minable : adj.
1. Qualificatif adressé à un personnage dont les pratiques et la conduite déplaisent fortement. Surtout la conduite en état d’ivresse.
2. Depuis peu, désigne l'attitude antipatriotique d’un contribuable préférant la langueur du Plat Pays à l'ivresse des cimes du fisc hexagonal. Un minable pousse notamment la mesquinerie à refuser de vider ses poches devant les sollicitations des porteurs de roses. C’est intolérable.
Débusquer un minable
Pour débusquer un minable, il faut se munir d’une déclaration de revenus et d’un baromètre. Quand le taux d’imposition avoisine celui de l’humidité par temps de mousson, les minables commencent à perdre leurs plumes. Ils prennent alors leur envol vers des contrées où, pendant au moins 6 mois et un jour, ils pourront hiverner au chaud. Très aléatoires, les périodes de migrations sont aussi imprévisibles qu'une loi de finances socialiste. Aussi est-il est impératif de consulter l’Almanach Ayrault, qui indique par exemple : « à la Saint-Marylise, assomme les entreprises ; à la Saint-Arnaud, vote un crédit d’impôt ».
Interception du minable
Cependant, quand les minables atteignent une taille critique, ils ne passent guère inaperçus et se font descendre, le plus souvent dans la presse. Philippe Torreton, citoyen vigilant mais artiste avant tout, en a ainsi profité pour faire une entrée remarquée dans le monde des lettres -celles de dénonciations.
Excité comme un douanier embusqué sur la route de Monte Carlo, il s'est fait l'avocat de l'intérêt général, contre ce confrère égoïste voulant couper les vivres à l'État et donc au cinéma français. Retrouvant le souffle des dialogues de ses plus grands téléfilms, il a fait cingler aux oreilles couperosées de l'émigré que « l’ISF, c’est comme la France : tu l’aimes et tu l’acquittes ! »
Il serait injuste de ne pas relever aussi les efforts du chef du gouvernement provisoire, qui a réussi à transformer un cas d’évasion fiscale classique en quasi exil politique. On aura à ce propos une pensée émue pour les frères Castro, le président Karimov, le Tsar Vladimir ou le parrain thétchène Kadyrov, qui ont découvert que celui qu’ils prenaient pour leur ami Gérard n'était en fait qu'un sale dissident.
Lors de ses contrôles fiscaux, Philippe Torreton allait jusqu'à saisir les enfants des contribuables en défaut de paiement.


















