Remise du prix Nathan Katz du patrimoine
Cette année nous avons pu assister à la remise du prix Nathan Katz du patrimoine, crée en 2004 par notre parrain, Gérard Pfister. Merci à Timothée pour le compte-rendu :) !
La cérémonie de remise du prix Nathan Katz du patrimoine, rend hommage à la pièce Annele Balthasar écrite par ce dernier et récompense le travail de son traducteur Jean-Louis Spieser.
Annele Balthasar est une pièce de théâtre écrite en dialecte alémanique, dont le cadre de l’histoire est placé à l’époque de la chasse aux sorcières, événement réel et important de l’histoire de l’Alsace.
La couverture de Annele Balthasar
La salle réunissait un bon nombre de personnalités et artistes alsaciens, comme le poète Jacques Goorma qui anima et initia la cérémonie.
Après quelques applaudissements qui marquèrent le début de la remise du prix, les discours se succédèrent, entrecoupés par des écoutes d’interviews de Nathan Katz ainsi qu’une lecture du texte par des acteurs.
Il y eut par exemple le neveu de Nathan Katz, qui remercia Gérard Pfister pour l’édition de la traduction et fit part de son bonheur de retrouver en cette œuvre la figure énigmatique du poète qu’était Nathan Katz. La lecture d’un extrait de la pièce par des membres de la compagnie du Lys permit de donner un peu de vie au texte.
Les acteurs de la compagnie du LysÂ
Jean Louis Spieser, le traducteur, nous raconta qu’à l’origine, il traduit la pièce pour sa petite fille Annabelle, qui lui rappelait le personnage d’Annele. Mais finalement, pourquoi la laisser au grenier ? Il affirme que Nathan Katz n’utilise pas la langue alsacienne pour des trivialités quotidiennes comme des blagues grasses, mais réellement pour nous faire entrer dans un autre univers dans lequel il nous guide pour nous transmettre quelque chose de notre patrimoine. C’est alors qu’il remercia lui aussi le parrain de notre classe, Gérard Pfister, pour son travail d’édition qui permis à sa traduction d’être vendue et connue du publique
Au pupitre, Jean Louis Spieser
Mais c’est Justin Vogel qui fut le premier à prendre la parole, initiant ses dires par un chaleureux « salut bissoma ! ». Dans cette atmosphère détendue qu’il venait seulement d’instaurer, il abattit ces mots criants de vérités : « tout ce qui vit est amené à disparaître, même les langues ». Il me fit par cette simple phrase prendre conscience de la perte grave du dialecte alsacien qui n’a été transmis ni à moi ni à aucun de mes camarades, mais qui pourtant est une part prépondérante du patrimoine de notre région.
C’est en cela que Jean Louis Spieser a fait honneur à Nathan Katz. En effet, selon Justin Vogel, cet auteur sait exprimer toute la diversité du monde en utilisant la langue alsacienne et de ce fait le recours à la traduction s’est avéré une arme redoutable pour porter une pièce de théâtre dialectale au rang des grands classiques.
 Mais Annele Balthazar n’est pas une œuvre de fiction, puisqu’elle s’ancre dans un contexte réel : celui de la chasse aux sorcières qui pris place en alsace au Moyen-Age et fit plus de 200 000 victimes sur le bûcher.
Jacob Rogozynski découvrit en cette pièce un texte intense et profond car encré dans la réalité. Il rappellera plus tard que les personnes persécutées n’étaient pas de véritables sorcières. Elles étaient des bouc-émissaires, soumises à la jalousie ainsi qu’à la malveillance d’autrui et qu’accusées de sorcellerie et de fornication avec le diable elles étaient avant tout des victimes plus que des criminelles. Mais ce qui fait la force d’Annele Balthasar c’est l’encrage de cette pièce dans un contexte également contemporain. Aujourd’hui, de la même manière qu’une justice impitoyable condamnait des « sorcières » cibles de misogynies et de convoitises, les réseaux sociaux sont précurseurs de l’imposition d’une pensée unique et manipulée.
L’influence de l’opinion publique était aussi présente sous les régimes totalitaires et justement, Jacob Rogozynski souligna qu’en même temps qu’Hitler écrivait Mein Kampf dans sa cellule, Nathan Katz écrivait Annelle Balthazar.
 Cette conférence a été très intéressante puisqu’elle m’a permis de réaliser le déclin de la transmission du dialecte alsacien et la perte progressive de notre propre patrimoine. En effet, lors des écoutes des interviews de Nathan Katz les échanges étaient effectués en alsaciens et il m’était impossible de comprendre quoi que ce soit. Mais elle nous a aussi permis de connaître de nouveaux artistes de la région qui exprimaient d’intéressants avis sur la pièce.
En sommes Nathan Katz nous transmet à travers sa pièce de théâtre Annele Balthasar des vérités historiques et éclair notre temps. En raison du thème qu’elle abord, qui a quelque chose d’intemporel, elle est une mise en garde contre les dangers de la persécution qui découle de la haine.