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@loindeschamps
Article dans le journal "Marianne" / Août 2014
Documentaire complet
Interview à Radio Scarpe Sensée
Interview à l'Astv - 7 mai 2014
Loin des champs / Note d'intentions / Bastien Larue, Pierre Muys
Ça commencerait un soir. Des couleurs. Une grande fête. 14 juillet.
On entendrait la pétarade des armes à feu de joie.
On verrait le feu des artifices projeté sur un écran de ciel noir.
Spectacle d'une fête que l'on ne saurait voir et entendre.
* *
*
Un documentaire sur le lendemain de la fête, le matin, au café-tabac, lors de la réunion des gueules de bois,
La compagnie des hommes.
Leurs voix, remisées au bistrot, raconteraient, la fête, celle qui célèbre les vivants ou les morts et pourquoi tout ça c'est si beau.
Ces hommes, ils s'adresseraient à nous qui les filmons, qui les regardons, qui ne sommes pas faits faits du même zinc. Ils s'en moqueraient, eux, d'être beaux.
Ils raconteraient cramponnaient à leurs phrases casse-gueule ivresses et mythologies de glorieux vaincus.
On comprendraient peut-être pas grand chose à ce qu'ils racontent et ce sera tant pis et ce sera tant mieux.
Leur langue est celle des hommes à qui l'on ne demande plus rien par Indifférence, délicatesse ou mépris. Dialogue rompu d'hésitations balbutiées.
* *
*
Cartographier le rythme, la pulsation d'une journée de bistrot, de l'ouverture à la fermeture à travers la captation de plusieurs journées dans plusieurs endroits.
Evoquer le café en tant que lieu générique à travers une multitude de cafés, aussi impersonnels que des fleurs plantées en ronds-points.
* *
*
Filmer le commun, le familier, la trame invisible du bistrot du XXIème siècle.
Entre deuil assumé et modernisation nostalgique.
On montrera moins les gens que le lieu et l'influence qu'il peut avoir sur lui.
Tantôt théâtre, tantôt église, exhibition et recueillement, le café comme espace du voir et du se faire voir.
Extrait "Allez les verts !"
Interview de 13" minutes à l'ASTV avec Cédric Hardy.
Les idées ont fusées pendant que je regardais ces hommes au blanc de l'oeil tout jaune au fond du noir et blanc de leur tombe. C'est une tombe ce film, il me tombe sous les yeux et dans les oreilles comme une tombe. Comme une tombe de vie de mort blanche et noire, le monolithique mémorial pour des oubliés de la terre, dans le reflet duquel leur visage se double comme les sabots des chevaux qui courent dans la boue. Et cela sous la révolution, celle des astres, des désastres et des artifices, mais aussi l'autre, la française, celle de la "mère patrie" accordéon au corps, regardant tristement ses fils perdus du haut de sa scène, chantant sa sérénade sui n'est pas, justement, l'hymne national. C'est comme une France de sous la France que vous nous montrez là, à même la vie de chacun, qui est à même la mort, comme le noir et blanc serré entre les couleurs qui l'encadre. Il faudrait que je sois plus clair, mais enfin comment dire ? Il y a la vie d'hommes qui parlent de leur mort, morts de rire parfois, mordus au jeu, comme mordus au mors des chevaux pour se retrouver avant les pompes funèbres, et une femme, une seule, sous les couleurs d'un feu d'artifice pour la France. C'est très "politique", sans discours politique, comme si vous exhumiez, pour les coincer dans le politique, des traces de vie hors-politique. J'aurais beaucoup à dire d'un tel film, qui est de loin l'un des plus beaux, l'un des plus évocateurs je dirais, des courts-métrages qu'il m'est arrivé de voir.
Jordan Willocq
Allez les verts ! // Extrait de Loin des Champs, un documentaire de Bastien Larue & Pierre Muys (Agitateurs Public)
Première du film à domicile.
Tournage de Loin des champs, dangers & errances dans la torpeur d'un été nordiste Par Bastien Larue
L'affiche du film.
Création graphique: Eva Navaux
Article Voix du nord, par Marion Wattiaux
Interview du 10/09/13 sur Radio6
Bande-annonce de Loin des champs, un documentaire réalisé par Bastien Larue et Pierre Muys.