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Là-bas l’Angleterre - Par Thomas Salva
Mars 2009
Déjà bien longtemps que l’on connaît Calais et sa jungle, elle est cependant loin d’être la seule ville à recevoir les migrants qui tentent leur chance en France !
Originaire de Normandie, notre cher Thomas Salva s’est aperçu que nombreux étaient ceux qui, après avoir échoué à Calais, tentaient leur chance à Cherbourg.
Chaque jour, les ferrys partent pour l'Angleterre ou l'Irlande.
Le camp visible sur les photographies a été installé à flanc de colline, loin de la mer et des riverains. On peut y voir des adolescents que les autorités ne veulent pas prendre en charge, mais également de nombreuses femmes.
Malgré ce que l’on peut penser, ceux-là n'ont pas fui la misère, mais la situation politique de leur pays. Ils espèrent trouver en Europe un Eldorado tant fantasmé.
Voir la série complète : ici
Dallas buyers Club - par Jean-Marc Vallée
1985 : Ron Woodroof, interprété par le phénonémal Matthew McConaughey, représente le cliché du texan machiste et homophobe, fou de rodéo. Sa vie est une grande débauche : Prostituées, alcool et drogues dures..
A 35 ans, il apprend qu’il est atteint du SIDA, et qu’il lui reste 30 jours à vivre. Bien destiné à ne pas mourir, il fait tout pour trouver un traitement adapté qui le fera tenir le plus longtemps possible. Petit à petit, il découvre que les laboratoires se servent des séropositifs pour tester de nouveaux médicaments, puisqu’ils sont dans tous les cas destinés à mourir.
Révolté, Ron mène le combat pour lutter contre l’impuissance du corps médical et l’hypocrisie des autorités féodales.
Au fur et à mesure, le beauf aigri et belliqueux devient humaniste, un exemple même de la tolérance. Cette terrible expérience l’amène finalement à changer, et le regard du spectateur sur lui évolue également. On se lie d’amitié pour ce simplet mordu de la vie.
Une bataille esthétiquement bien menée avec des décors qui nous plongent dans l’univers du Texas que l’on reconnait dès les premières minutes du film, sur des airs de T-Rex et de Shuggie Otis.
Des performances absolument ahurissantes avec un Matthew McConaughey toujours aussi vrai et performant dans la peau d’un nouveau personnage et un Jared Leto exquis et ultra sexy dans son androgynie.
La bande annonce ici : ici
Les Chroniques de Lumento, le 20 avril 2015, à Paris
DaVid BoWie Is : Un retour vers le futur
Ils sont forts ces Rosbifs ! Après la transcendante expérience du Musée des Beatles à Liverpool - qui absorbe le spectateur dans les lieux et les anecdotes les plus croustillantes sur la vie des quatre scarabées - l’exposition David Bowie Is, conçue par le V&A Museum de Londres, pose son derrière à la Philarmonie de Paris.
Une expérience multisensorielle qui replonge les fanatiques intemporels de Mister Bowie dans les années 70, tout en alléchant les plus jeunes avec des atmosphères révolutionnaires. En passant par le personnage de Ziggy Stardust, les films de S. Kubrick, l’exposition est extrêmement bien foutue, et retranscrit à merveille le parcours artistique et les influences de l’hermaphrodite.
Bienvenue dans le monde hypersensible et surcréatif de l’homme extraterrestre.
Un peu torturé sur les bords comme la plupart des membres de sa famille, Bowie s’estime heureux d’être un artiste qui peut s’exprimer sur n’importe quel support créatif pour effectuer son analyse. De la musique, mais pas seulement : Des films, de la peinture, du collage, de l’écriture, du théâtre... Puisque tout est bon pour l’inspirer : Un passant dans la rue, une mission de la NASA, un costume, ou un simple morceau de tissu...
“All art is unstable. It's meaning is not necessarily that implied by the author, there is no authorative active voice. There are only multiple readings.” David Bowie, 1995
Soutenu par la création de ses nombreux personnages, de ses périodes de vie qui l’ont mené à créer sur de nouvelles perspectives, ceci est certainement une des convictions les plus profondes de l’artiste : L’interprétation de l’art est personnelle et peut évoluer avec le temps.
Allez hop, vous avez jusqu’au 31 mai !
Adresse :
Philharmonie de Paris 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris
Les Chronique de Lumento, le 13 avril 2015, à Paris
The Voices - Marjane Satrapi
Un peu à la manière des films Tarantino, The Voices est un mélange entre comédie et le thème du Serial Killer.
Jerry est un garçon gentil mais un peu perturbé, qui vit dans son monde. Il voit la vie en rose, parle avec ses animaux, et tout le monde l’adore au travail. Seulement, alors qu’il est tombé amoureux de sa collègue, qu’il décide d’emmener un soir au restaurant, il la tue sauvagement, mais un peu par accident. Et ouais. S’en suit une dégringolade tumul-tueuse, drôle et décalée.
The Voices propose un sujet sérieux - Un homme s’est inventé un monde où il peut vivre heureux, loin de la culpabilité qu’il porte depuis des années, après avoir commis un crime ignoble - sans se prendre au sérieux. Sur une note de légèreté, l’auteure nous oblige à nous attacher et à prendre pitié de ce pauvre Jerry, victime de sa propre folie.
L’esthétique du film colle parfaitement à la personnalité de Jerry, avec des couleurs saturées, des lumières vives et des costumes flashy. Un chouette film, sans prise de tête !
Bande annonce : Ici ( Mais elle en révèle beaucoup sur le film, donc à vous de voir ! )
Les Chroniques Lumento, le 24 mars 2015, à Paris
Dancer in the dark (2000) – Lars von Trier
Dans une région perdue des Etats-Unis, Selma (interprétée par la chanteuse Björk), une immigrée tchèque, partage son temps entre travail à l’usine, son fils Gene et ses répétitions pour la comédie musicale dans laquelle elle joue, « La Mélodie du Bonheur ».
Un soir, son ami Bill, également son voisin, lui rend visite et se confie sur ses problèmes financiers dont il n’ose pas parler à sa femme, de peur qu’elle le quitte. Pour le réconforter, Selma décide de lui divulguer son secret : Elle est en train de devenir aveugle. Elle lui dit également que qu’elle met de l’argent de côté pour payer une opération à son fils, atteint de cette même maladie, qui est héréditaire. Bill tente ensuite de trouver cet argent…
Björk incarne une femme positive et déterminée, malgré sa situation compliquée. L’amour qu’elle porte pour son fils est tel que c’est la seule chose qui la fait vivre. Tout ce qu’elle fait est construit autour de ce qu’elle pense bon pour son lui, et ceci monte en puissance durant tout le film. Sa vie n’est qu’une quête du bien-être de Gene, qu’elle pense avoir eu pour des raisons égoïstes. La culpabilité la ronge au point de sacrifier sa propre vie au profit de celle de son enfant.
L’affiche fait déjà rêver car elle présente un duo improbable : Björk et Catherine Deneuve. Cvalda (Deneuve) est l’amie la plus fidèle de Selma. Elle l’aide à s’orienter lorsqu’elle n’y voit pas clair, à travailler lorsqu’elle décide de faire des heures supplémentaires à l’usine, et la défend lorsqu’elle se fait virer de son travail. Il est d’ailleurs très étonnant de voir la grande Catherine Deneuve se laisser surnommer « la bonne grosse ». Björk lui pose même la question suivante, pendant le film : « T’aimerais pas être dans un grand film ? ». Ce qui est assez amusant, lorsque l’on connaît la carrière de notre icône française.
Un film tourné en vidéo numérique, la caméra à l’épaule, comme un documentaire. Rien de conventionnel. Von Trier crée un oxymore entre des chansons de comédie musicale et l’obscurité du tribunal et de la prison. Une œuvre terriblement poignante et émouvante. Difficile de retenir ses larmes, sans pour autant ressentir le sadisme pour lequel von Trier est parfois blâmé. On n’est pas mal à l’aise ou dérangé par ce film, seul un gros chagrin nous envahit. Bref. Beau film.
Bande annonce : Ici
Les Chroniques de Lumento, le 16 mars 2015, à Paris
La Chasse (Jagten) - Thomas Vinterberg
Ceci n’est pas un film sur la chasse (juste au cas où).
Lucas, d’une quarantaine d’années, travaille dans un jardin d’enfants. Il se bat pour obtenir la garde de son fils adolescent après un divorce douloureux. Petit à petit, il parvient à améliorer les relations avec ce dernier et rencontre quelqu’un avec qui il débute une histoire d’amour. Les choses se compliquent le jour où une petite fille de l’école, qui par ailleurs est la fille de son meilleur ami, l’accuse d’avoir montré son pénis. Tout le village commence à douter de lui et une impitoyable chasse à l’homme s’en suit.
Contrairement à Festen, Thomas Vinterberg propose cette fois-ci un film où l’accusé est innocent. Face à la vindicte populaire, Lucas est livré à lui-même pour prouver qu’il n’a commis aucun acte pédophile. Ce qui est intéressant dans ce film, c’est que la justice n’est pas du tout impliquée, mais que l’exclusion sociale se fait à travers le village, ses collègues et de ses amis qui se montent tous contre lui.
La Chasse est un film plutôt anxiogène, dans la mesure où le spectateur se lie rapidement d’amitié pour le personnage principal. Incarné par le talentueux Mads Mikkelsen, il dégage un sentiment profond d’amour et de sagesse. Il semble cependant vulnérable, et certaines de ses réactions sont maladroites, ce qui donne envie au spectateur de lui venir en aide. Cela vous tient en haleine pendant tout le film.
La fin du film est ouverte, et pose la question des séquelles d’un traumatisme psychologique lié à un rejet aussi puissant. L’homme est un loup pour l’homme, et ce qu’il construit pendant des années peut se retourner contre lui du jour au lendemain. A qui peut-il faire confiance ? Qui l’aime inconditionnellement ?
L’esthétique du film est d’une grande qualité, la performance des acteurs est exceptionnelle (je pense notamment à la gamine), et les personnages sont ultra réalistes. On s’identifie aux deux côtés, il n’y a pas de bons ou de mauvais. On comprend la frustration de Lucas qui ne peut pas prouver son innocence, mais on comprend également le parti des parents qui tentent absolument de protéger leur fille.
Si vous ne l’avez pas encore vu, foncez, vous ne serez pas déçus !
Les Chroniques de Lumento, le 13 Mars 2015, à Paris
En tournage Fondation de France, on fait du tourisme en mode Tuning lolcat. La montagne ca vous gagne. #lolcat #cat #tuning #annecy #clio #lol #onaimenotrejob
*** Cinéma : La sélection de la semaine ***
En attendant la sortie officielle de Chasing Bonnie and Clyde, voici la petite sélection de films que nous avons spécialement concocté pour vous mettre dans le bain !
Les trois films se rejoignent sur le thème de la délinquance juvénile. Chasing Bonnie and Clyde s’est penché sur le sujet en se posant une question essentielle quant à la pertinence de l’enfermement de ces jeunes : parce que nous avons commis des erreurs à l’âge de 16 ans, cela veut-il obligatoirement dire que nous sommes condamnés à les reproduire toute notre vie ?
Comme le souligne Michele Deitch (Université du Texas à Austin) dans le film, on ne se pose certainement pas encore les bonnes questions, et on ne mesure pas encore les conséquences de nos actes. Le désir de liberté et de faire ses propres expériences (et donc ses propres erreurs) est tel qu'il en devient presque viscéral, et c'est ce que les films de la sélection vous montreront !
Attention, attention…
FILM n°1 : La part des anges (The Angel’s share) - Ken Loach
Sorti en juin 2012, il s’agit d’une comédie dramatique qui retrace le parcours de Robbie, un jeune écossais, qui aime la bagarre. L’histoire débute par le drame : Robbie n’a pas de travail, sa copine est enceinte, et il s’est attaqué à un inconnu qui restera handicapé à vie. Condamné à des travaux d’intérêt général, il va rencontrer d’autres bras cassés et un superviseur passionné de Whisky, qui le prendra sous son aile. Tous ensemble, l’aventure commence…
Une histoire drôle, touchante et très optimiste, avec un travail profond sur les personnages. Bref, du grand art.
La bande annonce : Ici
Film n°2 : Sailor and Lula (Wild at heart) – David Lynch
Sorti en 1990, il s’agit cette fois d’un thriller qui raconte l’histoire d’un amour passionnel entre Sailor, le badboy en cavale, et Lula, sa groupie blonde qui le suivrait jusqu’au bout du monde. Au début du film, Sailor, voulant se défendre, tue malencontreusement l'homme de main de sa belle-mère. Il prend alors la fuite avec sa belle, en direction du Texas et de la Nouvelle-Orléans.
La parallèle avec le couple Bonnie and Clyde est vite fait, puisque la mère de Lula tente de les séparer, comme l’avait fait la mère de Bonnie. Lula et Bonnie ne sont pas des criminelles nées, elles sont les femmes dévouées qui ne peuvent imaginer leur vie sans leur bien-aimé.
Lynch propose cependant une version revisitée de l’histoire de Bonnie and Clyde, dans un univers qu’on lui connaît bien : des figures qui rappellent des monstres et des souvenirs qui réapparaissent à travers des rêves et des fantasmes. Tout ça sur des airs d'Elvis Presley...
La bande annonce : Ici
Film n°3 : Cry Baby - Jon Waters
Bon ok, ça c’est une blague. Mais ce film est génial.
Sorti en 1990 et tourné à Baltimore, Cry Baby est une comédie musicale décalée à prendre au 42ème degré.
C’est l’histoire d’une union impossible entre un Froc Moulant (ceux qui fument des clopes et jouent du rock’n roll) et une Coincée (ceux qui apprennent les bonnes manières et préparent leur mariage à l’école de bonne conduite). Ils ne se mélangent pas. Et pourtant, le délinquant juvénile Cry Baby va tomber amoureux de la belle Alison... Cry Baby, joué par le jeune et sexy Johnny Depp, fera un détour en prison suite à une petite fête qui tournera mal. Ses amis et sa belle blonde feront tout pour le sortir de là (surtout en chantant) !
Ce film est une petite perle. L’histoire ne tient pas la route, c’est mal joué, les chansons sont nulles, mais ça marche quand même. On adore !
La bande annonce : Ici
***Prisons - G. Korganow***
Thomas est allé voir, pour vous, l’exposition « Prisons » de Grégoire Korganow, à la Maison Européenne de la Photographie.
« C’est une exposition intense, douloureuse, à la limite de l’anxiogène »
Crédits : Grégoire Korganow
Depuis 2011, Korganow travaille en totale immersion,puisqu’il est allé jusqu’à se faire nommer « contrôleur général deslieux de privation de liberté ». Ce statut lui a permis de pénétrer dansles endroits cachés du milieu carcéral.
Aucun lieu ne m'est interdit. Je saisis l'indicible, le temps qui s'arrête, la vie qui rétrécit, qui s'efface - Grégoire Korganow
La photographie de Korganow est dans une démarche frontale. No esthétisation, no spectaculaire. C’est un témoignage 100% brut, qui donne à voir sans jamais dénoncer. Une distance « objective » permet au visiteur de s’imprégner des lieux et du quotidien des prisonniers.
Tout se passe au rez-de-chaussée et au sous-sol et les photos sont disposées dans tous les recoins voutés de la MEP. La scénographie donne l’impression de traverser le parcours du prisonnier. « J’ai été personnellement touché par la démarche de Korganow dans la mesure où nous aussi, nous sommes passés par là. Avec notre projet Chasing Bonnie&Clyde, nous avons tenté de comprendre et d’analyser l’univers carcéral. Les questions auxquelles nous nous sommes confrontés sont notamment : Comment photographier l’homme privé de sa liberté ? Que faut-il montrer ? »
La question centrale que se pose l'artiste est celle du temps. Le temps qui s'écoule, s'arrête, s'efface.
« C’est un lieu plein de tabous et de fantasmes, et je pense que le travail de Korganow est très représentatif de ce que l’on peut ressentir lorsque l’on pénètre dans une prison (Ok, moins bien que nous, mais c’est pas mal quand même). »
En bref :
Les points forts : La qualité des cadrages, la distance photographique, la volonté de non-esthétisation (contrairement à Klavdij Sluban, qui laisse une véritable empreinte sur ses oeuvres), une certaine pudeur photographique.
Les points faibles : Presque anxiogène, l’anonymat dépersonnalise les sujets, beaucoup de photos sont de dos.
Alors dépêchez-vous, vous n'avez plus qu'un mois pour aller voir l'expo ! N'hésitez pas à réagir et à nous faire part de vos impressions, nous serons ravis d'en discuter avec vous.
LA MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE 5/7 Rue de Fourcy - 75004 Paris
Les Chroniques de Lumento, le 02 mars 2015, à Paris
Hey, I think we need to Spock... #streetart #paris #belleville #startrek
Über Hubert Uber arrive :) #belleville #taxi #paris #chauffeurprive #cab
Antoine de Maximy @antoinedemax dort à Sheffield aujourd'hui #jiraidormirchezvous #sheffdocfest
Le webdoc existe-t-il ?
Les questions se posent depuis l'apparition des premières formes nouvelles de documentaires sur Internet : Qu'est-ce qu'un webdocumentaire ? Que pourrait-il, que devrait-il devenir ? Comment concevoir un tel objet ? Comment l'écrire ? Avec quelles formes narratives ? Quid de l'interactivité et de la délinéarisation ?
Autant de questions abordées dans cet ouvrage de Nicolas Bole et Cédric Mal.
Lumento vous le recommande vivement !
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