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@macolocesttraductrice
Happy St Patrick's day!
Le chômage
Je savais que ça allait m'arriver. Ma responsable avait été très claire avec moi : pas de contrat à la fin du stage. Mais j'ai vu tellement de stagiaires dans mon département décrocher des contrats de consultants une ou deux semaines après avoir fini...
Elle a été très claire avec moi. C'est juste que j'ai pas voulu voir. J'ai postulé à deux trois trucs pendant mon stage, mais au fond je voulais et j'étais presque convaincue que je pouvais rester. J'étais en négation absolue. Mais il était là, il arrivait. Ce fameux chômage commence aujourd'hui, le 3 février 2014.
Vous l'aurez deviné, c'est la première fois que je me retrouve sans emploi, ce qui est normal parce que je viens de finir mes études.
Je me dis que mes camarades de master sont peut-être dans la même situation, je regarde leurs profils Facebook...oui, finalement, on n'est pas si nombreux à être sans rien du tout.
Bon, pas de découragement, I'm a strong independent translator, je scrute les offres d'emploi.
C'est dur quand on sort de 6 mois dans une grande organisation internationale. On a clairement tendance à mettre la barre très haut. Et même, quelle que soit la situation, au bout de toutes ces études, on mérite quand-même d'avoir un boulot décent !
Arf. Bon allez, j'envoie un CV.
Et au fait, j'ai un petit creux là...quelqu'un veut du gâteau banane chocolat ?
Quand la traductrice trouve une coquille dans le TLFi
Oui bon d'accord, ça arrive au meilleurs, et c'est vraiment insignifiant, mais je jouis du fond de mon esprit perfectionniste.
"English is a very precise language. I like to use it when I’m describing technical things. But when I’m talking about my feelings, I find it easier to use Spanish." "Why is Spanish best for describing feelings?" "Latin people have a lot of feelings. So they have a lot of words to describe them."
Mini heart attack
So hey this is Word I just thought to pop in the middle of your screen to let you know I'm feeling a little bit tired and I see you've been really productive this morning so how about we take a break right in the middle on that translation you're working on? Sweet, right? And oh yeah there is a big possibility that you might not recover your work. Because I say, if you've already done it once, the second time will be easier, am I right? But we can try together...let's work on it baby...just click close and let's leave it all behind...see, you're liking this! I can hear you laughing.
Word 1 - 0 Traductrice
Saint Jérôme écrivant (San Girolamo) - Le Caravage Bonne Journée mondiale de la traduction !
Quand mes théories sont vérifiées par des études
D'abord il y a eu M. Millet. Je venais de commencer la fac et son air de grand intellectuel blond qui avait passé sa vie à lire des poèmes victoriens avait tout pour plaire à l'adolescente que j'étais encore. Physiquement il n'avait rien d'exceptionnel, mais il représentait ...un concept. Avec ses silences longs. Son petit sourire timide. Les yeux clairs derrière des fines lunettes dorées assorties à son alliance. Je l'ai eu aussi en dernière année de licence pour quelques cours et je me demandais ce qui me plaisait tellement chez lui deux ans auparavant (parce que, au fond, il me plaisait toujours).
Ensuite il y a eu la moustache de M. Bury, qui allait si bien avec ses chemises mauves, les commentaires salaces et rock n' roll de M. Herrmann, les voyages sidéraux de M. Perquin (qui reste à ce jour le meilleur prof de littérature de ma vie).
Et bien sûr il y eu M. Baudry. Un engouement « passager » qui dura 2 ans. Il était magnifique. Un petit air de Jude Law français sous ses lunettes de hipster. J'aurais aimé épouser cet homme. Passer nos étés en Italie ou en Espagne pour suivre les pas d'Hemingway et faire l'amour en fin d'après midi dans des chambres poussiéreuses aux murs jaunâtres.
En master le corps enseignant masculin était réduit et n'avait rien de remarquable. Je pense que c'est pour cette raison que nous avons développé une hystérie collective pour le nouvel arrivant, M. K (alias Skyfall), qui ne se doutait pas que la vingtaine d'étudiantes que nous étions passait ses heures de cours à lui mater les fesses dès qu'il se retournait et buvait des coups à sa santé en soirée en chantant Adèle à tue-tête.
Les profs dans les facs de langues sont hot, je l'ai toujours dit. Alors oui, mon père et ma mère se sont rencontrés en amphi, respectivement prof et élève d'économie, ce qui me prédispose, en une certaine mesure, à brouiller mentalement la frontière entre l'enseignant et l'étudiante. Parce que ça peut arriver. Parce que moi je suis née de ça, voyons !
À mon avis c'est une perception qui est surement due à la disproportion astronomique de genre dans la filière, où les filles règnent impitoyablement sur les quelques garçons qui sont vite absorbés par des grands groupes de filles ou qui (plus rarement) restent à l'écart.
Mais aujourd'hui, j'ai la preuve ! Je viens de tomber sur une étude de l'Université de Michigan qui évalue, entre autres, le degré de hotness des profs selon les disciplines (perceptions d'étudiants d'universités américaines et canadiennes, on est loin de Lyon 2 et Grenoble 3, je sais, mais quand même !). Et voici les résultats :
Donc, pour toutes les filles en fac de langues, rassurez-vous, on est les plus chanceuses !
C'est la rentrée !
C'est vraiment bizarre de n'être plus concerné par la rentrée. De voir des parents à Carrefour se débattre avec 2 ou 3 gosses pour les couleurs des cahiers ou les modèles de stylos plume. D'aller acheter un agenda et se demander si reprendre un agenda format septembre 2013 - août 2014 est une sage décision. D'aller consulter son compte en banque et voir que ce mois de septembre, il y a un petit vide parce que le CROUS ne me verse plus de sous. De se rendre compte que la vie universitaire, avec ses hauts cosmiques et ses bas à la pizza surgelée de Leader Price est arrivée à la fin (enfin, presque).
Le plus drôle c'est me rendre compte que je suis plus perdue que quand j'ai commencé. Il y a cinq ans, quand j'ai mis mes fesses sur les tabourets repliables de l'amphi B pour la première fois, j'étais pleine d'espoir, j'avais quitté mon pays et ma maison familiale, j'imaginais des études de fou et un futur très simple : je deviendrai interprète de conférence avec un background ultra solide en sciences du langage et littérature anglaise du XIXe et j'écrirai des romans entre deux vols internationaux. Vous aurez deviné, beaucoup de choses ont changé entre temps. Quand je pense à demain, il n'est plus question de savoir si je sèche le cours de X lundi ou si je prends telle ou telle option le semestre prochain. Maintenant, ce qui occupe mes pensées c'est de savoir si je réussirai à trouver un boulot qui me permettra de vivre normalement (ou du moins pourvoir continuer à acheter des pizzas surgelés à Leader Price !)
J'ai adoré ma vie universitaire, et elle me manque déjà, surtout cette dernière année (si on laisse de côté la galère intergalactique pour trouver un stage). La transition n'est pas évidente, le quotidien change, d'autres habitudes s'installent, on adopte progressivement un nouveau point de vue.
Alors bon, pour la peine et grâce à une histoire administrative, j'ai quand même eu droit à la chaine d'inscription de la fac de G., le système le plus chaotique et fragile connu par l'homme de nous jours.
Alors pour tous ceux qui, cette année, commencent ou continuent l'aventure universitaire, à la votre !
Quand la traductrice trouve ENFIN un stage (et c'est pas de la merde !)
Et oui !
Quand on me demande de relire une traduction juridique du français vers ma langue C
Ceci est une histoire de bonté. Je l'ai vraiment fait pour aider une pote qui voulait aider quelqu'un. Un truc à la Pay it forward en quelque sorte.
Et, pour le rire, je vous cite le texte de la demande de trad :
J’ai une traduction urgente de conditions générales de ventes fr-pt à faire et je t’avoue galérer pas mal dessus. Il faut la traduire de façon très basique. Mon conseil est de passer par Google trad et de faire les ajustements à partir de cette base. Tu vas voir, c’est très long et super chiant…. Donc je comprendrais si tu refusais.
On aurait dû refuser. Au temps pour moi.
La traductrice se fait « draguer »
Hier soir je suis allée à une soirée Erasmus (rôh, ça va) et je me suis fait aborder par un mec (il venait de Turquie, détail important pour l'anecdote) qui, après m'avoir ringardement dragué pendant au moins un quart d'heure, a voulu faire preuve de ses énormes connaissances en linguistique en adressant ces mots à un Finlandais avec qui je parlais plus tard :
Turkish and Finnish are actually extremely close languages. They both have subjects, verbs and complements.
Quand je vois que Pokémon recrute des traducteurs hispanophones à Londres...
et quand j'apprends qu'ils exigent au moins trois ans d'expérience
Quand je vois des trucs comme ça, je suis à moitié traducteur, à moitié cinéaste.
Ce moment d'inspiration vous est apporté par Mme M., prof de traduction juridique.
La traductrice cherche un stage
Quand on arrive au master 2, on se dit que, pour une fois, on ne sera pas obligé de faire des stages pourris, qu'on ne se laissera pas faire, qu'avec un bac +5 les photocopies c'est hors de question. Et on vise haut.
Pour l'étudiant en traduction, il y a de nombreuses sources de fantasme. Pour certains, c'est les grosses organisations internationales (dont une énorme partie siège à Genève, notons au passage que l'ONU ne rémunère pas ses stagiaires, oh non) ou les institutions européennes, grandes forteresses de la traduction et utopie du multilinguisme en tant que ciment fondateur de la construction de la paix entre les nations, oh ouais. Ensuite, il y a tout ce qui est ONG et associations, ce que perso je trouve vachement sympa, mais souvent les stages ne sont pas rémunérés (vous aurez compris, j'ai pas de sous).
Puis il y a les grosses agences de traduction genre SDL (oh ouais, j'ai une pote là bas, c'est trop la classe) qui, en général, font passer mille tests au stagiaires potentiels. Si vous avez la chance d'être l'élu, bravo !
Il y a aussi les petites boites de traduction, qui, à ce que je vois, n'ont pas très envie de prendre des stagiaires. Dans la même catégorie, je vais mettre les traducteurs indépendants.
Voilà. Apparemment aucune de ces catégories ne veut de moi. Je fais comment moi alors ?
Mon seul espoir jusqu'à il y a quelques jours était [insérez ici le nom d'une ONG française très connue]. Ils m'ont dit que j'étais trop qualifiée pour le stage. Trop qualifiée. Je sais pas si c'était un réel souci pour eux ou si vraiment ils ont pas trouvé mieux à me dire. Au moins c'est flatteur, vous me direz. Ouais, bof...ça me tourmente depuis une semaine.
Bon allez, nouvelle semaine, nouveaux espoirs, je sais que j'ai déjà envoyé 31 candidatures spontanées (oui, oui, 31 and counting) mais il y a bien un stage de ouf qui m'attend quelque part. Et puis c'est pas grave si c'est pas ouf. Je veux juste un stage.
Je peux même pas m'octroyer une pause série pour décompresser même si, entretemps, j'ai quand même un rapport et un mémoire à rendre, la plupart des séries que je regarde sont arrivées en fin de saison. Voilà qui est un bon paramètre de mesure du temps. Si, comme moi, vos séries sont arrivées en fin de saison et vous avez toujours pas de stage...je vous invite à pleurer avec moi.
Non, mais c'est vrai, ça arrive hein, il y a des imbéciles partout. Les clients ont toujours raison ? Non. Les imbéciles n'ont pas toujours raison.
Petites citations de prof retrouvées. Mme S.
La traductrice s'énerve sur Facebook
J'ai une très chère amie qui se met au Quechua (ce que, moi aussi, j'envisage de faire un jour) et pour l'annoncer, elle a posté la photo suivante sur Facebook :
Ça déchire quand-même ! J'ai envie de lui laisser un petit commentaire, jusqu'à ce que mes yeux tombent sur ça, posté par quelqu'un qu'heureusement je ne connais pas :
Dur.
When there’s a power cut and I didn’t save my work
Oui, en plein partiel.