Il ne nous reste que des pavés sur l'estomac.
art blog(derogatory)
Not today Justin

oozey mess

#extradirty

★

PR's Tumblrdome
Stranger Things

JBB: An Artblog!

Andulka
let's talk about Bridgerton tea, my ask is open
Misplaced Lens Cap
Acquired Stardust
DEAR READER
One Nice Bug Per Day
dirt enthusiast
YOU ARE THE REASON
PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH
i don't do bad sauce passes

izzy's playlists!
2025 on Tumblr: Trends That Defined the Year

seen from Malaysia

seen from Germany

seen from United States

seen from United States
seen from Türkiye
seen from United States
seen from Türkiye
seen from United States
seen from Denmark

seen from Germany
seen from United States
seen from United States
seen from Germany
seen from United States
seen from Germany

seen from Germany

seen from Japan

seen from Romania

seen from Malaysia

seen from Germany
@minosze
Il ne nous reste que des pavés sur l'estomac.
ça reflète dedans autant que dehors
d'une strophe en forme de semelle de vent
dégringole une tof 13X13 me dit mon âme d'ado
d'un aujourd'hui bien trépassé mais pas trop
les couleurs au diapason d'ma vue qui s'étiole
le jour se mêlant au gris le rose lui au pastel s'envole
ça fait aller à 80 miles à l'heure dans nos souvenirs invécus
passage sucré du temps
au coeur verbeux et tendre
c'est drôle ce drôle d'écho
entre elle et cette première de couv'
deux femmes de bronze s'éternisent dans l'art et l'ère
elles illuminent des villes sans visage
ou ne serait-ce pas la même
celle qui tend les tickets trop chers
d'un palais des glaces de gosses
qui s'est terni ; était-ce hier, est-ce ici ?
entre mes phalanges draguées par les pages chaudes et jaunies
ça reflète dedans autant que dehors
ça cogne seulement dans ce que l'crâne ne capte pas
serrure sacrée d'une curiosité salutaire
celle du toi qui vibre au toi d'hier
verdict ?
Ses yeux qui zazen c'est des dieux
il est assis au milieu de tout c'vide
ou est-ce de tout c'bruit ?
quelle différence ça fait aujourd'hui ?
tout s'annihile tout s'amalgame
ça sent l'roussi de nos muses incendies
L'oeuvre au noir de l'envers de l'endroit
il lèche laisse glisser puis avale
les pensées
que le cosmos mutique recrache
dans c'crâne plus d'but plus d'profit
un Cri
qui résonne
les silences de la Vie
les débuts infinis
les labyrinthes aspirés
les fins expirées
et puis
le crépitement d'un frigo
le souffle atome d'une danse jaune et bleue
sur liane cigarette naine couleur cendre
le tambour rowenta des existences mécaniques
le soupire du chat qui dessine "om"
surtout ne pas confondre ce silence air
avec le vide titanic
jamais, c'est l'vice de nos jours
dans ses yeux, c'est en lui
ça semble nuances de la nuit
ça c'est dehors aussi
et soudain la lueur la peur les lueurs
non plutôt des milliers des milliards de l'infini
des baises de soleils qui s'instruisent
des aiguilles qui tango sur la froideur de nos mains
de la paille qui tempête en souvenirs
des notes Fender d'son père qui Satriani
elle qui macramé des galaxies
supernova qui big bang dans l'crâne
sillons d'lave dans les rétines noires
voyez qu'on voit même aveugle !
voyez qu'on voit l'monde plongé dans l'morne et l'néant !
une araignée qui mère
et tisse l'univers petit à petit
des forêts qui croustillent
et recouvrent la petitesse d'univers
des fourmis qui start-up mieux qu'eux
des miettes de pain qui chemin
sur l'arrière-train jamais à l'heure de nos vies
il joue avec ses cils avec le feu avec un oeil
imaginez-le jouer avec les deux
ses yeux qui zazen c'est des dieux
je verrai demain et puis demain avec nos yeux
le nez qui siffle dans le silence enfin
en vient à malmener mes paupières de l'oubli
qui soudain s'époumonent
sonnant la pause du chantier du vide et d'la douleur
qui remplissent de sel ma plaie des lendemains
mon velux s'excuse de la chaleur de ce banal
rayon d'soleil d'automne qui éclate sur mon visage
maman papa des bras des mots du maudit du Caravage
son rire nos peurs du miel sur nos petits voyages
dans ce tunnel d'éclat d'rêve danse la bibliothèque de mon âme
entre les ballets d'poussière et mon orgueil
je verrai demain et puis demain avec nos yeux
je creuserai des puits et puis des puits avec nos mains
secouez-moi, je suis plein d'cendres
secouez-moi, je suis plein d’cendres
déjà elles m’ensevelissent
est-ce l’Impérial du tabac ou les miettes de ma lignée ?
je saute dans les flaques du temps
que ça éclabousse à tout prix
attendant que le vent emporte les restes
que les oiseaux s’en repaissent
que les insectes les butinent
et les fleurs nouvelles pousseront au travers de nos façades
j’étais volutes dans la nuit galaxie
je regarderai du sol serein enfin
les Hommes inspirer tout ce pollen
qu’ils éternuent sur le morne de leur vivant
pour que le demi-soleil de l’aube
ressemble à nos sourires d’univers en faim.
Regarde le mimosa faire la nique à la lune
•Poids plumes en quête de lueur•
oublie le mercure et le plomb
dans le plaid atome de nos cuisses
oublie l'épée et les douilles lave
au coeur des vagues de nos bassins
lâche les présents de nos bateaux-villes
qui sombrent dans les lueurs de lampadaires anciens
lâche les attentes de nos frères vides
tout s'ensoleille quand on tient juste demain c'est loin
le chat bâille les échos de la nuit
nos éclats jouent les notes de The journey home
on tient la Terre dans nos crânes brume
regarde le mimosa faire la nique à la lune
qui imite le soleil et ses baumes
comme sur ta peau dans tes os
Clément Minosze
•se voir dans l'absolu d'une seule terre•
1er poème de 2021. Une broutille. Un manifeste. Quelques vers sortis de la nuit. Entre la poussière et l'orgueil. Comme un mantra que je te souhaite : trouver l'équilibre entre la poussière et puis l'orgueil.
des éclats d'âmes dans chaque souffle
que le froid de janvier cristallise
hurlent et s'esclaffent
de cent filtres, de cent likes,
de cent verres, de cent vies
tous si loin pourtant si proches
mais ne savent plus très bien pourquoi
bercés entre les bras du gel et de l'infortune
charmés par les comptines atroces et les syllogismes
à téter allègrement le cœur et puis l'absence
à saisir dans l'indolence cargos d'monde et roses diaphanes
caressés par les brumes et les impostures
poignardés par les foules et les solitudes
au cœur du grand concerto en l'absurde
Que piano va sano
je les entends implorant
une larme flocon sur la joue des jours tristes
tantôt l'amnésie tantôt la gravure
peut-on effacer nos cicatrices ?
le veut-on ? sait-on même ce que l'on veut ?
tantôt l'ivresse tantôt la lutte
peut-on raser les aspérités ?
qui sommes-nous ? sait-on même ce que nous sommes ?
et moi j'ai regardé, j'ai lu, j'ai écrit
pour que "j'ai vécu" se love de morts et de beautés
voilà ma tâche, celle du poète
déposer des étoiles défuntes à nos pieds
et que dans leurs déflagrations enfin l'on se voit
à commencer par lui, à commencer par moi
se voir dans l'absolu d'une seule terre
en équilibre entre la poussière et l'orgueil
accompagner un pauvre type sans existence
qui m'apprend à aimer sans prétention
à aider sans perdition, à vivre sans ambition
à mourir dans un géant rictus et les dents élimées
à scruter nos miroirs pour que s'étincellent nos teints
et voir la peur d'une femme, l'aura d'un gosse infect
avoir le regard détourné parfois
et les haussements d’épaules aux sanglots
entre la rage et le pardon
entre le crachat et l'abandon
quand même la bienveillance empoisonne
et que les cons soudain sont légions
si les regards ne font que des allers
à n'aimer point tout dans un vœu pieux
mais seulement ce qui même luit de l'aimable
se voir dans l'absolu d'une seule terre
à s'effriter comme une table en bois trop vieille
à laisser un message sans réponse
la tronche en "je", la gueule de bois
le cœur trop sûr et seul mais bien coupable
à faire le mal par maladresse
mais d'en saisir chaque écaille
comme sur le dos d'un monarque
reflétant les couleurs et la lumière
y aspirer des volutes de sagesse
Masquer les messages précédents
à ne vouloir aucune prière à dieu
seulement la terre, du pain, des jours
façonnés par nos mains sincères et volontaires
pour enfin scander mon capitaine
cap vers l'effroi de nos haines !
les débuts, les oasis ! les moulins de soi-même
pour se voir dans l'absolu d'une seule terre
enfin s'endormir trop-plein et droit
puis se réveiller meilleur qu'hier.
Clément Minosze - 02 janvier 2021
À nos amours endimanchées,
Ton t-shirt sale qui se sème
au large de l'appart' qui miaule puis s'étire
s'échoue sur le hublot d'la Rowenta lessivée
et moi qui traîne et qui traîne dans mon utopie
avec ce parfum d'un ange dans mon crâne
le canap' vaisseau spatial
nous exile dans nos vides
ceux dont tu attends impatiemment la fin
ceux que je voudrais dévorer sans faim
un peu d'soleil entre tes dents
rachète la lumière des mornes automnes
la semaine putain enfin qui fane
qu'on célèbre par nos rires Moët et Chandon
ce dimanche oblong nous aguiche de ses jambes sublimes
faisant tituber la marche du triste monde
quand notre ridicule nous fait renaître
nous baignons dans les restes d'effluves de bouffe
que la hotte anachronique ne digère plus
entre des tulipes marginales
un russe qui fume le calcaire du centre ville
un bouquin d'occas' qui fera des likes
des poèmes en sang souvent diaphanes
et nos cerveaux numériques
une horde de pigeons qui complotent
et le satané jour pute mort-né
bercés dans des volutes de présent
il est 16h, tu sens ?
on hume nos cœurs dans le gaufrier.
•Voyager c'est marcher sur des poèmes•
J'ai un motard dans le poitrail
et du granit katana plein la gueule
je creuse le monde de petites rigoles
pour éviter de l'ensevelir sous la poussière
je passe sur la terre tel un con damné
condamné à l'exil de ma race
démon traversant les gens et les plaines urbaines
les vitraux et les resto tagués de révoltes anciennes
j'offre à qui le veut un sourire espiègle
ma glotte jukebox s'éclate en vibrations
pour que dans ma caboche résonne
Killing me softly des Fugees
dans mes poches un portefeuille de ses lèvres marguerites
un mouchoir de potes de pain et de bières
mon sac à dos d'bons sentiments
et mon smartphone à brouillon de poèmes
voyagez léger si vous voulez
moi je le fais de tout mon être
transformant les parcelles en bistros
voyager c'est marcher sur des poèmes
palimpsestes des infinis,
les beautés dans un verre d'eau
•Shrapnel•
L'soleil enclume appuie fort sur nos déserts de métal
Coups sur nos buts ridicules, coups sur nos limites sans limite
et nos langues exsangues lèchent le bitume amiral
lave, ogre et crade de merdes si séculaires
l'ombre d'une tuile branlante qui s'efface
et un soupçon d'vie sans bleu ni embûche
avec elle les façades de nos existences fissurées
la matière cheap de nos néants morbides
nos gestes à la va vite et notre raison bien douteuse
tout est pété et nos grandeurs impossibles !
un homme crache sa paternité à la face d'une pauvre gosse
qui explose et se consume en de rires si éclatants
Le vent K.O, le monde qui fume, puis le diapason de silence
l'indifférence m'est chimérique,
mes poings font tanguer mon âme
bien souvent, je le regrette
dans cette déflagration sans geôlier ni ennemi
des shrapnels d'espérance, des shrapnels de renaissance
dans nos déserts, il y a parfois des oasis
dans toutes nos guerres, il y aura à jamais du shrapnel.
•Demain, le gouffre ou bien l'orgie•
Stop ! Cesse ! Arrête !
dans le caveau d'nos existences
baise la fronde du monde
avec la sonnerie d'un smartphone ;
il n'y a qu'le vent dans nos mémoires
et des volutes d'enfance dedans nos yeux
des verres pleins, des briquets vides
glissent sur des tables sales de bar boule à facette Ikéa ;
et les ivresses en bouclier
et les horizons graines de pissenlit
et les amours macadam de l'été
et les corps pâles dans les lits ;
sur feuilles martyre de temps d'un cigare club
deux poèmes ternes, un rêve, une mélopée
s'effritent sur les chemins indomptés
des fins d'semaine douces désargentées ;
demain, le gouffre ou bien l'orgie.
•Un paquet froissé Stuyvesant et des passerelles à t'offrir•
Canap' patchwork pastel immonde
celui des temps jaunis des petites gens
que je piétine dans des éclats, c'est l'innocence
je vis de turbulences, de musique et de babils
chrysalide d'amour et d'évidences
voilée de volutes Peter Stuyvesant
que je tétine calé entre les miens
les nuages à jamais bien loin des yeux
les horizons pour toujours à portée d'main
que je frôle, que je caresse, que j'empoigne, que je balafre
c'est le visage des gens
enfance blonde, passé bleu-ciel
dorénavant tâchés de sang
une soupe à cuire, voilà c'qu'on est
j'ai choisi le feux très doux
pour fumer l'existence
rallonger l'amer et puis l'acide
Aussi le sucré, la danse de la vapeur
les cendres logées dans ma barbe
comme un hommage aux disparus
après trente berges, quand bien même
elles et le temps sans cesse me manquent
je tire des taffes au goût d'étoiles
et accueille ombres et clartés qui me hantent
je naquis, je vis et mourrai dans ces méandres,
de ce mélange clair-obscur
j'n'ai qu'un paquet froissé Stuyvesant
et des passerelles à t'offrir
oui, je ne suis qu'un homme ;
coupable mais honnête qui s'écrit sans palimpseste
prêt à s'offrir, prêt à mourir
luxes des êtres dont la solitude est amicale.
Je tire des taffes d'existence au goût poussière d'étoiles
parce que j'ai toujours voulu imiter ma mère
comme font les gosses pour jouer aux grands
tout ça n'a pas trop mal marché. Bien au contraire.
•Une bise baffe mon ficus suicidaire•
Une bise baffe mon ficus suicidaire
il pleure des feuilles malgré Perséphone,
tandis que le cyan lui somme de lutter;
le pêle-mêle du coeur que ce tableau tend à m'offrir
s'apparente à un shaker d'où apparaissent bribes de mon monde,
soudain je pars à la recherche d'un mot linceul
où s'épouseraient la dérision et le tragique,
m'aventurant à la pensée des grandes affaires des Hommes,
me pousse sur la langue que la morne vanité...
Comme mourir est peut-être demain
je me précipite à lécher ma peau si ingénue
afin d'emprisonner le goût singulier du soleil.
J’suis parti demain
Je n’ai pas d’souvenir
De la paume du monde
De l’aube des avenirs
J’suis parti demain
A cause des temps qui courent
Des potes en chien
Et des toubibs folamour
J’suis parti demain
Pour cause des solitudes
Et des vies fades s’évertuant
à tuer l’orage balayant turpitudes
J’suis parti demain
Car l’amour n’est plus qu’un loup
Mordant des cuisses diaphanes
Homo œconomicus, mais moi je n’suis qu’un fou !
J’suis parti demain
Ici-bas est synonyme d’exil oblige
J’ai trouvé dieu ailleurs qu’en dieu
Tous les parasites sont hommes-lige
J’suis parti demain
Trompant la vitesse du néant
Au loin falaise oraison
Pourquoi gravir si ton cœur est géant ?
J’suis parti demain
Clowns contre clowns sans morale
Paternels sous cocaïne
Matons sans éclat de prisons libérales
J’suis parti demain
Voyant la noirceur des protocoles
Et vermillon sous leurs ongles policés
Y a qu’les salopes qui font école
J’suis parti demain
Pour fuir le diktat des langues trop lourdes
Et des matraques décérébrées
Leurs régimes ne dégoupillent que des gourdes
J’suis parti demain
Dans mon baluchon nul désir de gagner
Seulement mon âme forme entonnoir
Paisible et Aum dans mes frêles poignets
J’suis parti demain
Cracher de nos beaux souvenirs
De la paume de mon monde
Caresser les lignes de l’aube des avenirs
J’suis parti demain
Ma vie n’est qu’une guerre perdue
La simplicité des lignes
Décime en vain les mains éperdues.
Clément Minosze
Mots-clefs pour temps scellé
Chaud, froid La chaux, bois Cocaïne ! Puis les tristes frimas de décembre
Attentes, frustrations L’attente, luxation Propane ! Les passions hors-saisons puis la détente oraison
Cœurs lourds, corps gras Krav maga et tatouage « ôm » Ok Corral ! Les génocides spectacles sont respectables
SDF, SUV Bipède et progrès Supernova ! L’orgueil n’est qu’amas d’poussière
Corps armés, Weston’s Amours chiennes et laisses Acab ! Bras d’fer perdu d’avance
Idoles, canyons, Greta, Dassault et Carlos Ghosn Schizo ! Des églises s’érigent à Liberté
Stigmates, Mexic’eau Bipolaire et pôle emploi Assassin ! Et la fin se boie dans un piètre single malt
Lune, plastique Botte cuire et gosse Extinction ! Les idéaux mènent à la fosse
Perdre les os, entassement Sisyphe et ligaments Maelstrom ! La chute en un silence pute
Au loin, un astre scintille Chut ! Sentiments, rebelote La roulette et deux vodkas
Au loin, un astre scintille Chut ! Sentiments, rebelote La roulette et deux vodkas
Si je vis et vogue en poète
Si je vis et vogue en poète
Je cherche l’inspiration dans les aiguilles de l’existence Les interstices d’une marche, deux vagabonds en qui je vois l’espoir, Le baiser papillon de deux rêveurs pour qui tout est la mer à boire Les reflets des soupirs de ces survivants, Même les mensonges, surtout les mensonges des Hommes interpellent mon être éternellement entre deux feux, Les sens sans dessus dessous, bringuebalant en nouveau-né je trouve mes mots dans les tableaux du monde La peinture n’a jamais été mon art, en cet handicap n’y voir que les naïves sincérités du cœur, d’un gosse à la tête en l’air, aux tréfonds bâtards.
Si je souris en apercevant les pensées et les fièvres fuyant à la surface du regard louche d’un type ténèbre à travers la vitre d’un bar vermillon Vous le saurez. Et si je pleure à la vue d’un Éden là, sur la cuisse d’un brune, qui se dévoile, prise au cœur d’une brise estivale je vous l’écrirai. Qui puis-je, hein, dites-moi, qui puis-je Si je vis et vogue en poète ?
« Contre le silence et le vacarme, j’invente la Parole, liberté qui s’invente elle-même et m’invente chaque jour. » Octavio Paz – Liberté sur parole
Libéré sur paroles
Il m’est impossible de garder mes verres à moitié pleins Je mets toute mon âme en une lampée Quand je vous chante mes complaintes, mes mélopées ! La poésie est une dure à cuire Que je dilue dans une bière blanche Pour que l’ivresse toujours m’accompagne Ainsi voir les beautés même dans ce qui me répugne Sans ignorer les cuves et les bagnes Chaque jour suffit sa joie, Je suis un évadé, un voyou, une plume d’oie Un libéré sur parole, compagnon d’Octavio Paz ! Peu m’importe les lois.
Jardin d’éternité (nouvelle#10)
Le ciel explose d’océan. Bombe beauté imminente. Elle tombe sur le monde des Hommes. Déflagration, débris, dépouillement...
Les heures sont mortes. Le soleil irradie tout ce qui est. Une étoile cligne, aveuglement, néant nucléaire... L’horizon s’ondule sous de folles et légères oscillations. Elles entrouvrent les portes de la perception. Les vaguelettes ivres défont la réalité qui s’étouffe. Elle s’époumone de la fièvre du temps. Tout le monde en souffre. Tout le monde s’en fout. Dans le fourmillement des masses existe-t-il une conscience ? Une raison ? Une âme ?
Les alentours ne sont qu’incandescence et jaune pastel. Halo volcanique ! L’odeur de soufre se répand. Ce doux poison donne le tournis, qu’elle vienne l’ébriété !
En patriarche, un tulipier de Virginie trône à la périphérie du jardin. Gigantesque, le tronc lacéré des années, s’effritant, il tend ses tentacules magnifiquement verdurées et fleuries. Elles se déhanchent sous le souffle taquin d’une rachitique brise lourde et miment la séduction, comme à la recherche de quelque chose, d’une marque d’affection qui ne viendra, fort malheureusement, jamais. Son cri d’amour restera en sourdine jusque dans les tréfonds de la terre. Seuls les échos lui survivront mais ne rebondiront seulement sur du vide. Il pourrait pourtant embrasser les cieux. Près de ses racines, au plus près de la terre, un pantone militaire se dessine : Eleagnus, Hibiscus Syriacus, Cotoneaster laiteux. Une armée d’arbustes encercle l’immense arbre. Au milieu d’eux, un érable pourpre dépasse, son feuillage bordeaux reflète les rayons du soleil et balance des étincelles. Broyez une de ses feuilles et vous aurez le vin de la vie. Dans leur disposition se dégage comme un art de la guerre, pour apprendre à gagner malgré les solitudes. Il ne s’agit là que d’un subterfuge de résistant, car seule la paix dicte le sens.
Les brindilles d’herbes malades mais libres qui tapissent le sol, vont et viennent, d’avant en arrière, gerbent les germes de l’atmosphère sans dignité et se relèvent comme si de rien n’était. Puissance divine de l’existant. Elles sont malmenées par des gosses rubiconds et excités. À première vue, ils semblent vouloir s’attraper les uns les autres, dans une débandade absurde. Ils jouent. Mais à quoi ? Leur manège ne semble ne pas avoir de fin. Amusement éternel. Ils ne reprennent leur souffle que lorsqu’ils changent de sens. Incessamment. Cela ne dure qu’un battement de cils. L’élan de vie ne dure pas plus longtemps. Livrés à eux-mêmes, leurs visages dégoulinent de traits tirés, souriants et recouverts d’une couche grasse sur leur épiderme faisant luire leurs gueules d’anges déchus dans la fournaise de l’été. Entre Éden et purgatoire. Certains s’égosillent de rire, d’autres pleurent ou feignent de pleurer, les derniers renâclent puis déchirent leur nez de leur manche ou de leur bras nu. Ils piétinent, ils piétinent. De leurs pérégrinations naît le vertige. Nul midi, ni minuit, et le soir arrivé, l’ennui accouché du calme de l’été ne se manifestera pas. Certains arborent des haillons en guise de vêtements, d’autres, en short, ont les jambes recouvertes d’ecchymoses. Aujourd’hui est comme un rêve, bleu. Ce qui est étrange c’est qu’autour d’eux ne règne que le silence. Apaisement du sursis. Horizon des possibles. Serait-ce leur brouhaha qui bâillonne de peur le reste de la vie et de ses tremblements nourriciers ? Leur frénésie pose pierre par pierre l’édifice d’un présent éternel, qui s’échine à la recherche de l’aube.
Demain, oui demain, ce microcosme orgueilleux quémandera, enragé, un ciel dégagé, encore, la lourdeur d’une magnifique explosion. Ils en vivent aujourd’hui. En rêvent-ils pour demain ?
Ils n’auront qu’un saule pleureur, dépouillé. Sec. Comment le sais-je ? Ne sommes-nous pas déjà demain ? Depuis si longtemps je n’attends qu’une chose, une simple aube naissante d’où émane l’humble fraîcheur et dans laquelle se reflète la beauté nue.