’’45 minutes passé Québec’’ (partie 1)
«Je vendais presque fuck-all parce que je détestais ça et je passais mon temps à manger des Kit-Kat à la cannelle.»
J’avais fait application parce que je trouvais ça drôle de le faire, mais je n’aurais jamais pensé être accepté. J’avais fait application car je croyais que ça allait être pour moi, que j’allais aimer ça. J’avais fait application car je croyais qu’aller étudier loin allait être ce qu’il y a de mieux.
On était une vingtaine à avoir été sélectionné à travers le Québec pour faire cette technique. Une vingtaine à avoir des expressions et des accents différents les uns des autres pour ne pas dire quelque fois incompréhensibles. Ce qui donnait souvent un mix intéressant. Une vingtaine à avoir de grandes ambitions et dès la première journée, j’aurais pu dire qui allait rester jusqu’à la fin et qui allait abandonner la course. Je faisais malheureusement partie de la deuxième équipe.
Je me suis rendu rendu compte assez vite que travailler avec mes mains et grimper dans des échelles me faisait plus chier qu’autre chose. J’hais ça forcer, pis forcer quand t’es dans les airs est sûrement l’activité que je déteste le plus. Plus que chercher une job sur Emploi Québec ou simplement être dehors durant l’hiver. J’ai aussi tellement rien compris dans les cours de physique de la lumière que j’ai dû avoir une note aux alentours de 20%. J’avais plus de fun à niaiser dans les cours et à dire des conneries à tout le monde y comprit les professeurs, qu’à faire n’importe quoi d’autre d’important. (Sorry, j’étais un kid qui se trouvait bien drôle. Et encore...)
À part le fait qu’il ait fallu que je relise Tristan & Iseult, (Je l’avais lu en secondaire 5 et je n’ai pas plus aimé ça la deuxième fois) le cours de français s’est retrouvé à être le cours qui me plaisait le plus. (Même si je fais encore beaucoup de fautes)
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***FLASHBACK en 2007***
Alors que j’étais paisiblement assis devant mon vieil ordinateur de bureau gris entrain de passer le temps sur Myspace et en chattant sur MSN, j’ai finalement reçu le message d’acceptation par courriel sur mon vieux compte e-mail avec sûrement le mot ‘’punk’’ dedans ou quelque chose d’autre d’aussi crédible. T’sé quand t’es jeune pis que tu te créer un compte e-mail pour aller sur MSN, tu ne penses pas nécessairement que plus tard tu vas avoir l’air épais quand la fille de Desjardins va te demander ton e-mail pour t’envoyer tes documents d’assurance. Pis ça peut être chiant de changer d’e-mail un coup que t’as une couple de comptes qui passent dessus.
«Je vous envoie ça par e-mail?» ‘’Euhm, ouan’’ «Quel est votre courriel?» «[email protected]. Avec deux R» «D’accord...»
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Trois mois plus tard, je partais m’installer dans une ville plus loin que la ville de Québec mais avant Lapocatière, y’a toujours ben des limites! La charmante ville qui est reconnu pour son festival de l’accordéon et son festival de l’oie blanche: Montmagny. Je quittais alors ma banlieue avec mon gros ordinateur de bureau gris, mon immense ampli de basse et mes hautes attentes. La ville était belle, il y avait de beaux gros arbres et un beau bord de l’eau relativement cute. C’est pas mal tout.
Le gars qui était toujours au centre-ville de Montréal dès qu’il le pouvait s’en allait vivre dans une ville avec une seule rue principale et deux bars dont un vraiment très louche. La rue principale était tout de même charmante et les gens étaient vraiment très gentils et accueillants.
Je pensais vraiment pouvoir y rester 3 ans. Je mentais à qui? À moi.
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Je vivais dans un genre d’appartement qui se situait au sous-sol d’une énorme maison dont le couple de propriétaire était assez creepy. Je partageais le sous-sol de ce merveilleux manoir avec deux autres gars dans des DEP dont un qui portait un pyjama avec des voitures dessus. J’aimais ça le niaiser. En plus, il avait une voix vraiment aiguë alors quand il se fâchait ça devenait encore plus drôle. (Sorry, j’étais un kid qui se trouvait bien drôle. Et encore...)
C’était vraiment étrange, à chaque fois que j’invitais des amis le propriétaire venait au sous-sol pour une raison banale. Je vais toujours me souvenir de la fois où le bonhomme était descendu lorsqu’on était quatre ou cinq à se faire des hot-dogs avant de partir pour Montréal. Après avoir fait son discours des plus convaincant comme quoi ce n’est pas un endroit pour faire la fête, en refermant la porte le plafond a défoncé et il y avait de l’eau partout dans la cuisine. Un vrai désastre. Nous on trouvait ça drôle mais lui non, alors on trouvait ça encore plus drôle. (Sorry, j’étais un kid qui se trouvait bien drôle. Et encore...)
Mon voisin d’en face était le fleuve St-Laurent et la buanderie était mon endroit principal pour étudier. C’était tellement minuscule, humide et creepy dans mon sous-sol alors je m’arrangeais pour que mon lavage s’agence avec mes sessions d’études/travaux. J’étais incapable de rester chez moi autre que pour y dormir. La buanderie n’était pas non plus à proximité et il fallait donc que je marche pour m’y rendre. La marche en Décembre était quelque peu éprouvante principalement quand t’as une relation aussi proche avec le Saint-Laurent. Depuis ce temps-là je me suis promis de ne plus vivre sans laveuse.
À cette époque, je travaillais comme vendeur dans un La Source et le gérant était et est jusqu’à ce jour probablement la personne la plus triste que je n’ai jamais rencontré de toute ma vie, y comprit moi-même. Je vendais presque fuck-all parce que je détestais ça et je passais mon temps à manger des Kit-Kat à la cannelle. Il me fallait par contre une job pour payer ma Pabst et mon épicerie. Il n’y avait pratiquement rien d’autre de très attirant et le Couche-tard me tentait moyen. J’avais déjà donné un an de ma vie chez Couche-tard durant mes jeunes années de bassiste dans un band pop-punk et je suis pas mal certain que je suis sur la blacklist dû à ma chasse au trésor avec l’argent du coffre et les gratteux. Oui, t’as bien lu la dernière phrase. (Je reviendrai sur cette histoire une autre fois. Peux-être.)
Le gérant du La Source était un homme dans la mi-quarantaine tellement étrange. Le fait d’avoir des enfants avait totalement l’air de le rendre malheureux et il s’exprimait de manière à ce que personne ne le comprenne jamais à 100%. Je suis pas mal certain qu’il était un divorcé qui ne s’en était jamais remis dû a des clauses accablantes ou quelque chose qui tourne autour de ça. Je ne le blâme aucunement, car il n’a jamais été méchant ou quoi que ce soit, mais il était tellement étrange que quand j’y repense, j’ai encore de la misère à le décrire.
Je n’ai jamais su si il me détestait ou si il m’aimait bien. Probablement la première option car j’avais brisé une mouche téléguidée avec un autre employé en tirant dessus avec un fusil à fléchettes. Bang ! Direct dans l’aile gauche ! On jouait tout simplement à «Chasse la mouche»... (Sorry, j’étais un kid qui se trouvait bien drôle. Et encore...)
 J’en garde de bons et moins bons souvenirs, comme la fois où un de mes amis de l’époque et moi avions eu la brillante idée de se faire des rhums & coke en étudiant pour le dernier examen de la session. Pas l’idée du siècle, mais on a eu ben du fun! Nous nous étions pourtant bien installés dans le Cégep avec nos verres à café et nos bouteilles cachées dans nos sacs à dos. Assis confortablement dans le divan en récitant nos notes de cours, on était persuadé que ça allait nous relaxer/concentrer ou peu importe. On avait que de bonnes intentions. Notre session d’étude n’a pas durée plus qu’une heure qu’on s’est dirigé vers la SAQ pour se refaire une réserve. La soirée ne faisait que commencer... Trop tôt, encore une fois!
Vers 17h, lorsqu’on a décidé de se rendre chez moi, on était plus que crosside et la bouteille de rhum était vide de liquide mais remplie de bonnes idées. On a par la suite prit l’initiative de se faire des ailes de poulet au four que j’avais fait dégeler la veille.
L’affaire c’est qu’un four ça se réchauffe. L’affaire c’est qu’il faut attendre que le four soit chaud avant d’y déposer les ailes de poulet en question et ensuite attendre un 25-35 minutes pour qu’elles cuisent. L’affaire c’est que mon ami devait s’en occuper le temps que je m’occupais de nos gin/jus de raisins. (Parce qu’après avoir fini le rhum, le gin était le candidat suivant par excellence.)
Après 25 minutes, peux-être moins. Probablement moins. Mon compatriote d’études sort les ailes de poulet et on se les envoie dans le fond de l’estomac une après l’autre. Mon seul souvenir à partir de ce moment est de lui avoir dit :
«Man, as-tu starté le four avant des mettre dedans?» «Ouais... je pense...!?» «Non man, sont vraiment froides!»
Je check le four et il est température «Personne m’a starté!»
 On se regarde. «Ah fuck off, j’ai faim!»
On a alors eu droit à une dégustation d’ailes de poulet froides-pas-cuites. Personne n’en est mort mais je me souviens avoir été malade. Il m’a avoué lui aussi avoir été malade quand je l’ai appelé le lendemain matin pour essayer de récapituler notre soirée.
Le lendemain matin en sortant de ma chambre j’ai aperçu de la vitre partout sur mon plancher de cuisine accompagnée de taches mauves et il y avait des os d’ailes de poulet éparpillés sur le comptoir.
On m’a aussi dit que j’avais déboulé les escaliers en allant chez trois filles de notre technique qui restaient à trois/quatre coins de rues de chez moi.
«Vous étiez tellement saouls quand vous êtes arrivés chez moi, t’as déboulé les escaliers pis t’as dit: «Fuck off! Moi j’men vas j’suis ben trop saoul!» Pis t’es parti.»
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Le pire dans cette histoire c’est que j’avais raté des appels dont un de celle avec qui j’avais eu une date géniale en se promenant dans la ville, sur le bord de l’eau et dans le bois en écoutant du Dashboard Confessionnal. Digne de One Tree Hill !
C’était la plus belle de la ville et encore, c’est la plus belle ever. Je m’en suis voulu longtemps, car cette fameuse date, même si l’histoire s’est mal terminée, reste un de mes meilleurs souvenir de cette époque pour ne pas dire le meilleur. Reste qu’encore une fois, il ne faut jamais oublier que chaque ville a son «Boulevard of broken dreams.»
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J’ai tellement eu de «vies» un peu partout qui ne faisaient aucun sens et j’ai tellement essayé de trucs qui n’avaient aucun rapport avec ma personne que je dois avoir gaspillé toutes mes chances entre 20 et 26 ans.
 Au moins j’ai essayé. Il n’y a jamais trop de tentatives. Le deal c’est d’apprendre à s’écouter soi-même pour ensuite se connaitre et faire son choix pour que par la suite, t’essayes quelque chose qui semble être la bonne chose pour te faire plaisir. C’était par contre un peu le début, cette partie-là , que j’ai fait tout croche.
À suivre
















