Ămes sensibles sâabstenir. Ici nous parlons de sang, de pus et dâabcĂšs.
 Un vendredi soir, au cours du va-et-vient dâune relation sexuelle, je sentis sur la paroi droite de mon vagin une boursouflure. Mais rien de douloureux.
Le samedi, dans les mĂȘmes circonstances, je me rendis compte que la boursouflure avait boursouflĂ©.
Le dimanche, jâĂ©tais inquiĂšte. La grosseur grossissait et devenait douloureuse. Je marchais doucement, m'asseyais prudemment, dormais mal. La seule position adĂ©quate Ă©tait la position du Romain Ă table : allongĂ©e, jambe droite pliĂ©e.
Le lundi jâappelais le gynĂ©co et le voyais le mardi, le cĂŽtĂ© droit de mon sexe totalement gonflĂ©.
Il mâapprit que jâavais un abcĂšs Ă la glande de Bartholin. Glande situĂ©e dans le pĂ©rinĂ©e, en haut et en dehors des grandes lĂšvres. Elle mesure dans son Ă©tat normal environ 1 cm et nâest pas perceptible au toucher. Elle sâabouche par un petit canal et un orifice au niveau de lâentrĂ©e du vagin quâelle lubrifie ainsi que la vulve (Ă savoir que le vagin se lubrifie tout seul).
Dans mon cas, elle avait dépassé les dix centimÚtres de diamÚtre.
Le doc. me filait un traitement de cheval, estimant que le processus venait de commencĂ© et quâil pouvait ĂȘtre stoppĂ©.
A ma demande, il mâarrĂȘta, parce que marcher Ă©tait douloureux.
Le jeudi matin, je ne pouvais emmener mon fils Ă lâĂ©cole, le voisin sâen chargea. Dans lâaprĂšs-midi, nây tenant plus jâappelais le gynĂ©co :
_Prenez lâordonnance que je vous ai faite, et allez tout de suite aux urgences gynĂ©cologiques de L.
Lâangoisse me prit. En criant et pleurant de douleur jâappelais Ă la rescousse les amis : Monkey A. et K.. Puis, le pĂšre de Titi qui crut que je simulais.
A pieds, avec K. comme bĂ©quille, nous nous rendĂźmes Ă lâhosto. Les taxis nous faisaient la gueule.
Il Ă©tait 17h30. Monkey A. Ă©tait arrivĂ©e. Nous attendĂźmes un peu. Puis un interne et un Ă©tudiant mâauscultĂšrent. Je dus refaire la mĂȘme chose avec le chef de service qui arriva dix minutes plus tard. Tout le monde voulait voir ma bartholinite. Et moi je marchais comme Calamity Jane aprĂšs 10 jours de cheval sans discontinuer.
Je devais ĂȘtre hospitalisĂ©e dâurgence. Mais comme jâavais dĂ©jeunĂ© tard, il fallait attendre que je sois Ă jeun ! LâopĂ©ration Ă©tait prĂ©vue pour 22 heures, sâil nây avait pas de dĂ©bordement aux urgences. En attendant, je me baladais dans les couloirs avec une seringue dans le bras, reliĂ©e Ă un porte perfusion qui ne roulait pas, la blouse bleue transparente sur le torse, avec le reste des mes vĂȘtements. JâĂ©tais entre urgences et admission.
Je me rendis dans les Ă©tages avec lâaide de K. et dâun brancardier.
Je pris ma douche à la bétadine, enfilais la tenue pour le bloc et regagnais ma chambre.
JâĂ©tais toute propre et prĂȘte pour lâopĂ©ration. Je mâasseyais sur le lit et tirais la couverture Ă moi, quand soudain je sentis de lâhumiditĂ© entre mes cuisses : lâabcĂšs venait de percer. Faisant Ă©clater par lĂ mĂȘme la glande. Ăa puait. K. devint livide.
Moi, jâĂ©tais aux anges : la douleur avait disparu. Un abcĂšs qui perce, câest un vĂ©ritable orgasme.
MalgrĂ© tout, Ă 22h je pris la direction du bloc. On me mit un tuyau chauffant sous le drap, et je respirais Ă fond et lentement dans le masque respiratoire. LâanesthĂ©siste sâappelait Katrina et avait un accent balte qui parfaisait son exotisme.
Trois quart dâheure plus tard je repris connaissance au bloc. Jâentendais vaguement un « ça câest bien passé ».
On mâemmena dans la salle de rĂ©veil. LĂ , les filles y parlent comme si tout le monde dormait : « Ooh, si tâavais vu tout ce quâon lui a enlevĂ© du crĂąne ! ».
Deux heures Ă Ă©couter des dĂ©tails croustillants, Ă faire un pipi dans un bassin de lit. Puis ce fut la longue remontĂ©e dans la chambre, allongĂ©e sur un brancard Ă regarder le plafond des sous-sols parcourus de cĂąbles multicolores. Câest en gĂ©nĂ©ral lĂ quâon prend froid.
Je dormis. Le lendemain matin une infirmiĂšre mâenleva une mĂšche dâau moins 30 cm de long. Elle dut le faire en plusieurs fois. Sinon, aucune douleur, aucune brĂ»lure mĂȘme en pissant.
Je revis les mĂ©decins de la veille. Rassurants. Ils mâinformĂšrent que jâallais enquiller 8 jours de soins avec infirmiĂšre. Changer la mĂšche chaque jour. Ăviter lâhumiditĂ©. Tu parles ! la rĂ©gion est humide naturellement. Que les relations sexuelles Ă©taient interdites pour trois semaines. Et quâon se revoyait Ă cette pĂ©riode.
A 13h, jâĂ©tais chez moi.
Il aura fallu 7 jours à cet abcÚs pour se former et crever. Sur des forums, j'ai lu des témoignages de filles qui vidaient leur abcÚs tous les jours; d'autres parlent de douleurs sans fin, d'autres enfin sont plus soft.
Pour moi, tout c'est bien passé. Le gonflement a mis plusieurs jours à disparaßtre mais tout est rentré dans l'ordre. Les douleurs sont seulement vivaces quand l'abcÚs se forme.
Il faut savoir quâaprĂšs cicatrisation, un kyste va se former. Soit il ne sera pas gĂȘnant, soit il le sera, et dans ce cas, câest lâopĂ©ration qui mâattend !
Cet abcÚs est dû à un germe, un virus, une bactérie qui se trimbale dans mon corps et qui me cause des abcÚs.