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@ollymallory-blog
Les grands brûlés
Les grands brûlés
Garçons chimiques
Je veux me synchroniser
En toi,
Mélanger les mots dans ta bouche
Sentir tes doigts lisses sur ma peau
Artificielle
Texture à la demande
Les poupées du ciel
Pharmaceutiques
Nos voix sont semblables
La peur dans nos yeux la nuit, aussi
Carapace de chair et d’hormones
A travers ce monde hyposensible
Ultraviolent
Il y a nos fluides
Comme un chien je te renifle
Ton odeur fabriqué
Poupées chimiques
Senteur plastique
Cramées au soleil
Les doigts vernis, Le cheveu cassant
L’amour dans tes lèvres
Intra toi
Toujours toi
Tu n'imagines pas le nombre de meufs qui viennent me demander des informations sur le travail du sexe. Des filles que je croise en soirée, sur internet, des vielles amies...
Des infos sur la webcam, mais surtout sur la prostitution. Enfin, l'escort, comme elles disent. Que ce soit par précarité financière, pour se payer le dernier Iphone, parfois pour assouvir des envies ou retrouver confiance en leur corps. Autour d'un verre ou sur messenger à 3h du matin, elles me parlent de cette idée qui se balade dans leur tête. Honteusement, elles alignent les mots. Dans leur bouche, on peut lire l'absolue condamnation qu'on réserve aux travailleuses du sexe. Le mot prostitution à du mal à sortir, alors on parle d'escorting, d'accompagnement...
Elles m'expliquent qu'elles ne veulent pas faire " la totale", que c'est juste pour sortir dîner au restaurant avec des mecs friqués, mais que jamais ça n'ira plus loin. Peur de basculer dans le vulgos, le crade, la limite à ne pas dépasser.
Jamais pute.
La question qui revient le plus souvent : Tu crois que ça peut marcher pour moi? Loin de l'image de la courtisane baroque et classe, elles ont peur de ne pas plaire, de ne pas être assez bien, de ne pas être valoir l'argents de ces types. Alors tu sais, les clients, ils veulent pas tous de la meuf bonne, celle des magasines ou Sveltana, jeune russe de 19 ans en front page du site LadyXena. Ils veulent des corps, des chattes et des bites de meufs. Des mains et des bouches pour se sentir aimé, agrippé, baisé, sucé, considéré. Certains veulent sentir qu'ils t'achètent avec leurs tunes, d'autres préfèrent que tu marches sur leurs couilles en les insultants en allemand. Il y a ceux qui jouissent en quelques secondes et qui prennent la demi heure restante pour te parler de leur job imaginaire dans la finance, ou au contraire, ceux qui préfère partir rapidement, un peu honteux.
Loin de l'image doré à la Pretty Woman, je ne vais pas faire du shopping avec mes clients entre deux dîners fancy. Parfois j'accepte un verre à la fin, mais la plupart veulent rester seul après avoir joui, retourner à leur " vie normale". C'est mon taf, personne ne me force, je l'ai choisi.
Parfois je l'aime, parfois je le déteste. Je ne suis pas " tombé " dans la prostitution. Ce n'est pas non plus le métier de mes rêves, et ouais, peut-être que si j'avais un travail mieux payé je passerai mes soirées devant la console plutôt que de recevoir des types dans mon lit.
Je ne suis pas ici pour faire l'apologie de la prostitution, mais je ne veux pas me permettre d'expliquer à mes amies qu'il faut s'en tenir éloigner. On ne peut pas s'éloigner du sexisme et du patriarcat, nous avons la tête dedans. Que tu monnayes ton cul, que tu vendes du café, des frigos, la misogynie est présente et c'est quelque chose qui te pénètre de toute façon.
Je ne suis pas fier d'être pute, je suis fière de me servir de ce qui est considéré comme une faiblesse ( à savoir, mon corps, ma sexualité " féminine" ) et d'avoir eu l'occasion d'en faire un outil de travail. Simplement. Je suis fier de me dresser contre le sexisme, d'être encore debout, et de pouvoir dire non, baiser avec qui je veux, d'imposer mes limites aux hommes qui payent mes services. Fier de trouver mon corps beau, de le posséder à nouveau.
Ton dernier poeme m’inquiete un peu. J’espere que ce n’est qu’une image et que tu vas bien.
C’était un passage de ma vie, mais je vais bien :)
Brown Sweet Sugar
Sucre roux, enfumé ou liquide
Toute la nuit je chasse, bercé par nos vapeurs
Tes poumons sont remplis de brume et tes idées limpides
L'aluminium dans le cœur
Transition; perspective de fuite et sédatif social.
Je n'ai pas commencé la testostérone pour "devenir un homme" comme beaucoup de personnes peuvent penser de façon un peu grossière et mal informé.
Je n'ai pas non plus commencé à m'injecter des hormones dans l'idée de modifier un corps dans lequel je ne me retrouvais pas.
Si je citais les réelles raisons pour laquelle j'ai commencé à prendre de l'Androtardyl, mon médecin-psychiatre ne m'aurait jamais autorisé à me faire opérer, et l'état n'aurait pas non plus accepté mon changement de prénom.
Pourtant, il fallait que je joue mon rôle de trans primaire aimant le bleu et les camions pour obtenir ces papiers afin de décider - par le biais du corps - médical, ce qui " était le mieux pour moi".
Une des raisons principale et qu'il s'agit d'une fuite. Une rupture avec mon genre, son éducation et toute la violence qui lui colle au cul. Les séquelles sont là, rien ne peux les effacer, mais je construis chaque jour chaque mois, une carapace contre des possibles futures agressions. Quand je retombe sur des photos de moi qui remonte à mes débuts d'injections, je m'y trouve fragile, frêle.
Toujours renfermé et profondément brisé. Je baisse les yeux face à la camera. Mes épaules fines toujours crispés à cause de ma faible résistance au froid et mon écharpe qui me cache le visage. Je ne me reconnais plus, c'est une autre personne que j'ai devant moi. Celle que je vois dans le miroir chaque matin, avec son torse plat et ses poils naissants sur le menton, ce minet chimique, et bien je l'aime un peu plus chaque jour. Je ne veux plus être une femme, non. Je ne veux plus de ces traumas, de ces peurs.
La testostérone est un espèce de gage de liberté et de force dont je ne veux pas me séparer. Un véritable cocon de fer et d'acier. Et comment pourrais-je me reprocher de fuir cette condition misérable et pleine d’abus que l’ont réserve aux femmes? Une autre des raisons pour laquelle j'ai commencé les ampoules, c’est le désir profond de me sentir enfin pédé. De pouvoir aimer, embrasser, baiser des mecs gay. De pouvoir me faire enculer et désirer parce que je fais parti plus ou moins du même monde. Je ne parlerai pas ici des violences au sein de cette communauté, notamment avec les mecs trans, je veux juste écrire mon émotion et mon ressenti, il ne s'agit pas d'un texte politique ou de revendications.
Et moi, ce que je voulais ressentir, c'était ça. De pouvoir regarder un film avec deux pédés qui s'embrassent et me dire que je suis comme eux, de regarder les hommes passer à la terrasse d'un bar au cœur du marais, de me faire prendre par un date Grindr entre midi et deux quand j'en ressens l'envie.
La testostérone est mon calmant numéro 1.
Grâce à elle, j'arrive aussi à me branler parfois 8 fois par jour, et à découvrir des fantasmes totalement sauvages et décomplexés. Douloureuse une fois toute les deux semaines quand l'aiguille vient se planter dans ma chair, je chéri ce rituel que je m’approprie comme je peux, malgré son apparence médicale.
Et pourtant, quand tu me regardes, j'ai envie que tu vois la meuf au fond de moi, et le gros twink que je suis. J'ai envie que tu baises la meuf et le mec en moi. je n'aime pas le terme non-binaire, alors je ne l'utiliserai pas ici car il n’est pas assez fort à mes yeux, dans mon cas du moins..
L'apaisement et un effet que j'ai découvert au bout de plusieurs mois d'injec. Si au début, l'excitation était présente, elle a laissé place à une accalmie dont j'avais grandement besoin. La testostérone a mis une fine couche de brume entre mes problèmes et ma perception de ses derniers.
La résilience ne m'est plus inconnue et je pense même à arrêter les antidépresseurs.
Je n'aurai jamais imaginé à quel point ce voyage serait thérapeutique.
Mon ciel est bordé d'étoiles et mes rêves limpides.
Mirror Mirror
Tu fais de ta détresse un foyer, placé au centre de ta vie,
Un petit nid de merde, ce cocon bien à soi, toujours présent
Tu crève dans ta routine pernicieuse
Sabote les opportunités les unes après les autres
Repoussant la guérison au lendemain
Prétextes et excuses jamais ne te manquent
Tu ferme les rideaux pour cacher ce soleil brûlant, t’imprégnant alors de cette noirceur si familière
Que ces draps brumeux t’engloutissent, aveuglé par tant d'opacité
Enfumé par toi-même
Cassure
Froid humide et lourd,
Le cœur comme un gros morceau de bois dormant sur les flots
A la dérive
Voguant en eaux troubles loin des lumières de la ville
Coincé entre deux mondes, les autres avancent et moi je me décompose en t’attendant
Tu es déjà loin, aveuglé par cette souffrance abyssale qui te domine
Et je te regarde disparaître dans ton enfer aqueux
J'arrache mes racines et mes habitudes loin de tes terres arides
Plante d’eau, je suis gorgé de résilience
Tirant ma force dans cette souplesse infinie
Me laissant porter par le courant
Toujours en mouvement
Refusant de pourrir
Sous un soleil d’hiver
Drawing time
L’état frontière, à la limite, jamais nuancé.
Invisible, je suffoque, rassemblant le peu d’énergie qu’il me reste pour m’arracher de cette pièce à l’atmosphère pesante. A la limite de sombrer dans une colère tératologique, je ferme les yeux en quête d’une accroche solide dans tout ce merdier. Mes fondations sont bancales et mes failles profondes. Un mot, un regard, et tu brûles mes dernières tentatives de trêves. Ta voix enflammes ce qu’il me reste de self-control et je me sens partir, me tordre de douleur et de haine face à ce mur que tu as dressé entre nous.
J’ai peur de toi, j’ai peur de moi, dans ces moments ou je vis à travers le rouge. Je voudrais te hurler de partir, de t’épargner cette commotion émotionnelle que qui tambourine dans mon crâne. Mais non. J’abandonne mes moyens, et à la place je te garde égoïstement à porté, peur de te voir partir, peur d’être seul à nouveau. Je ne ressens plus la honte ou la culpabilité, il en va de ma survie, et non, on ne m’abandonnera pas une nouvelle fois.
Rempli d’aigreur, c’est injuste et je le sais, je m’excuserais demain. Pour le moment, tu es dans le rouge avec moi et je ne pense pas à t’épargner. Je ne pense même plus, je réagis, comme un animal blessé je me débat dans ma cage, et tu es coincé avec moi.
Je feins des larmes pour t’attendrir et que tu restes ainsi près de moi tout en plantant mes ongles dans ta chair pour que tu te courbes. Tu vas payer pour m’avoir aimé, c’est un rituel malsain que j’exerce autour et contre moi depuis des années. Basé sur une logique erroné et des souvenirs douloureux, je m’auto-sabote quand je ne possède pas.
Quand le rouge est passé, je constate l’étendu des dégâts. Parfois du sang, des bris de verres au sol, des mots que je commence à regretter. J’ai la gueule de bois du rouge, le lendemain de haine. Est-ce que je t’ai perdu définitivement ? Je t’ai poussé à bout, est-ce que tu veux toujours rester près de moi ?
On se retrouve dans le lit, nos deux corps blessés à la recherche de douceur pour palier à ce débordement d’eau trouble.
Honteux, je m’agrippe à toi de peur que tu glisses vers la sortie, conscient de l’injustice que tu viens de vivre. Je le pense, vraiment, mais mon orgueil lui ne veut rien entendre et me trouve des tas d’excuses devant ton évidente souffrance. Au fond de moi je voudrais m’excuser encore et encore, mais cela m’écorcherai la bouche. Je me prive d’anesthésie par égo, bêtement, et j’attends que la trêve vienne de ta bouche. Mes jambes engourdies encore tremblantes de rage s’enfoncent dans le matelas, je veux disparaître loin de ta dérangeante hyposensibilité.
A la limite, toujours blanc, souvent noir, jamais nuancé.
Généralement l’ami de tes amis, je m’applique en société, j’y mets du mien pour paraître équilibré. Douceâtre et sucré, jamais je ne dérange. Sentiment chronique de vide, ce besoin d’être rempli d’attention par dessus tout, tu me pousses à la limite chaque jour chaque nuit.
Je t’idéalise quand tu es là, ma personne favorite, celle qui fait la pluie le beau temps, celle qui me porte ou m’achève, de la dépendance physique et affective jusqu’à chacun de mes choix, de mes actes, de mes mots. Dans l’attente de ton approbation, valide moi, mais jamais ne m’ignore.
Les jours d’absence sont déchirants, et mon corps endolori te réclame à profusion. Les yeux rivés sur l’écran à attendre un message de toi, ma nuit restera noire tant que tu n’auras pas donné signe. Totalement dépendant de ta personne et brisé au plus au point, j’admire cette distance que tu places entre nous avec une facilité déconcertante. Déconcertante, pour moi. Ton espace est modulable, le mien une brèche dans le vide.
Mon état frontière, à la limite, toujours à coté.
Orange sanguine et gorge profonde.
- Tu peux la mettre plus profondément dans ta gorge ? Hésite pas à baver hein, ça me dérange pas au contraire.
- Je veux bien, mais je vais finir par gerber mon déjeuner là.
- Tu sais, ça me gène pas, au contraire je crois même que j'aimerai bien voire ça. - Tu sais si tu veux que je vomisse ma bouffe sur ta queue, je prends plus chère hein. Histoire de m’acheter un sandwich en sortant d’ici. - Je rigole, mais si tu sens que ça vient te gène pas, je rajoute un billet. - ... - Tu peux me regarder dans les yeux? - ... - Ton mascara coule, c'est tellement bandant. - ... - Je peux venir dans ta bouche?
- Bon, il nous reste 45 minutes à tuer ensemble alors. Tu veux un verre d'eau? - Ouais, je vais nous chercher ça, bouge pas. C'était bon? - Ouais, c'est mon truc les gorges profondes, la salive, les larmes... - Le vomie aussi, non? - Ouais, j'aime bien les trucs un peu hardcore. Tu connais les films de cul Kink.com ? C'est mon trip, voir le visage de la personne qui me suce se déformer, la voir pleurer... - Ah ouais, je connais, j'aime bien aussi. - Sérieux ? - Quoi, tu crois qu'il y a que les mecs cis ou gay qui aiment la baise brutale? - Ah non, je pense pas ça du tout, puis je savais que tu avais un coté un peu décalé, c'est sûrement tes tatous, tes piercings, ta langue ... - Ouais, ça doit être ça. Tu fais quoi déjà dans la vie? Désolé, je crois que tu m'en a parlé, mais j'ai oublié, je suis tête en l'air... - Je suis neurochirurgien. - Ah ouais, comment-est ce que j'ai pu oublier. C'est spécifique. Tu fais ça depuis combien de temps? ... Qu'est ce que tu fais? - Je cherche des photos. Tiens, ça c'est un mec que j'ai opéré il y a 2 mois. Je trouve ça fascinant, l’intérieur des gens. - Hein? Tu as le droit de prendre la cervelle des patients en photo sur ton téléphone comme ça? Putain, c'est impressionnant, on dirait un gros fromage. - T'es drôle toi. Ouais, j'ai le droit, et je fais toujours en sorte d'avoir une belle lumière d'ailleurs, je trouve ça fascinant tu sais, c'est artistique.
- Pourquoi neurochirurgien? - J'ai toujours voulu découper des gens. Je crois que si j'avais pas fait médecine, je serais devenu psychopathe... - ... - ...ouais tu vois, j'ai toujours adoré découper, démembrer. Quand j'étais gamin, je découpais des animaux, ou les poupées de ma sœur. Je trouve le corps humain incroyable. - ... Ah ouais. Du coup, j'ai réussi à te faire jouir en à peine 10 min, tu vas me laisser sortir d'ici en un seul morceau, ou je vais finir en dernière page de la rubrique nécrologique, ou sur un quotidien merdique avec un titre morbide genre “ Une prostituée se fait découper par un chirurgien dans sa chambre d’hôtel” - T'en fait pas, je suis neurochirurgien, pas psychopathe. - C'est mon jour de chance. - Regarde, ça c'est une hémorragie interne. Tu as vu ce sang ? Le mec était vraiment mal barré. J’ai des frissons quand j’en parle. Il était vraiment dans un sale état, je pensais vraiment qu’il allait crever entre mes mains. Et ça c’est une photo de son crane posé sur un socle. Je trouve ça super beau, tu ne trouves pas? On dirait un œuf parfait.
-...Il nous reste un peu de temps, tu vas pas que je te suce à nouveau?