Carnet d’une soumise: moi je suis pas là.
Je le dis comme on jette une vérité sale sur la table.
Je suis là physiquement. Je respire. Je parle. Je marche droite.
Mais dedans, il y a un endroit qui se retire.
Un endroit qui choisit de ne plus lutter.
La soumission, ce n’est pas une posture sexy.
C’est une fissure mentale.
Il y a le moment où je sens que ça bascule.
Une tension dans le ventre.
Ma chatte qui pulse comme si elle avait sa propre volonté,
comme si elle riait de mes principes.
Je pourrais me tenir droite, garder le contrôle, rester rationnelle.
Mais la vérité, c’est que le contrôle m’épuise.
J’en ai marre d’être solide.
Marre d’être celle qui gère.
Une femme qui accepte d’être traversée par quelque chose de plus brut qu’elle.
Quand je me soumets, ce n’est pas pour disparaître.
C’est pour arrêter de me mentir.
Une femme qui dit qu’elle aime plier.
Qu’elle aime sentir une autorité sur sa peau.
Qu’elle aime que sa volonté soit testée, poussée, bousculée.
Psychologiquement, c’est violent.
Je m’offre en conscience.
Je laisse mes cuisses s’ouvrir non pas par faiblesse, mais par décision.
Il y a quelque chose d’autodestructeur là-dedans.
Une envie de me mettre à nu,
de voir jusqu’où je peux aller sans me perdre.
Je joue avec mes limites comme on joue avec une lame.
Je veux sentir la coupure sans qu’elle me tue.
Je veux frôler l’effacement sans m’effacer vraiment.
Parce qu’au fond, la soumission me confronte à une question sale :
qui suis-je quand je ne dirige plus rien ?
Quand ma chatte décide avant ma tête.
Quand mon corps réclame d’être tenu, serré, dominé.
Quand mon souffle se raccourcit et que je n’ai plus envie de parler.
Il y a une part de moi qui aime être appelée chienne.
Pour la vérité animale que ça réveille.
Parce que la femme sociale s’efface.
La femme polie, cultivée, raisonnable.
Et c’est philosophique, au fond.
Parce que je me confronte à ma nature.
On parle toujours de liberté.
Mais qu’est-ce que la liberté si je n’ai pas le droit de choisir mes chaînes ?
Si je n’ai pas le droit de dire que l’abandon me fait du bien ?
Que me sentir dominée me révèle des couches de moi que la maîtrise étouffe ?
La soumission n’est pas l’absence de pensée.
C’est une pensée poussée jusqu’au bord.
Je sais que je pourrais rester debout.
Je sais que je pourrais partir.
Je sais que je pourrais fermer mes jambes et fermer ma bouche.
Mais parfois je ne veux pas.
Je veux sentir la pression.
Je veux sentir que mon corps répond.
Je veux que ma chatte devienne le centre, le point brûlant, la vérité organique qui ne s’excuse pas.
Il y a une destruction dans le désir.
Il me rappelle que je suis faite de chair avant d’être faite d’idées.
Et dans cette destruction, il y a une forme étrange de clarté.
Parce que je me retire pour laisser parler l’instinct.
quand le silence revient,