Prologue
Les étoiles scintillent dans la pénombre nocturne, elles brillent pour dévoiler quelque clarté avec l’aide de luminaires artificiels. Elles apprécient la vue sur les peuples divers mais en cette nuit qui semble bénigne elles préfèrent garder leur considération sur les vastes horizons sud-coréens. Sur ces terres majestueuses, le sol frissonne, s’ébranle, crache son mécontentement et sa douleur sur ces roues qui l’éraflent avec négligence. Le béton se sépare de fines particules à contre-cœur et s’accable dans sa douloureuse affliction.
Le troisième jour biblique se doit de savourer l’accalmie dans sa nuitée. Par malheur, cette population ne songe pas même lui accorder cette faveur, en particulier la Haute Classe qui s’offre le droit de tourmenter la sérénité du crépuscule. Les pneus de fortune crissent sur le goudron séché, le balafrent avec hilarité pendant que les détenteurs des volants s’ivrent de plaisanterie dans une compétition unique qui leur est précieuse. Les cris s’expriment dans la joie, les criailleries acclament le nouveau vainqueur et les pas tambourinent le misérable parterre.
Au-delà de ce vacarme ordonné, l’isolement de fer strie l’épiderme d’un jeune homme qui semble se faire persécuter depuis de nombreuses heures par ses bourreaux. La pâleur de sa physionomie se mêle au sang de ses égratignures engendrées par des coups et des palpations du sol. Son corps rejette le vin vital par la voie orale, assurant sa mort dans les heures à venir, et ses cordes vocales se lancent dans une jérémiade apeurée et éreintée. Il avait tenté l’appel au secours depuis longtemps déjà, en vain. Les lieux s’adonnaient à un abandon au vu de l’insalubrité, loin de tout espace grondant de vies.
Il avait fauté. Il avait reçu un unique ordre – un commandement qui lui donnerait la chance d’un possible succès. Un nom. Des papiers. Un appartement. Un travail. Une existence. Au lieu de cela, il s’était muré dans sa lâcheté et son ignorance, et avait osé faire preuve d’insolence. Il en pâtira les conséquences dans l’ombre sans que personne ne puisse éprouver de l’inquiétude à son égard – à sa prochaine disparition. À cet instant, il aborde le sentiment de regret, notamment lorsque ses iris effrayés rencontrent ceux de son guillotineur. Un sourire sardonique fleurit sur les lèvres de celui-ci alors que l’effroi s’ancre dans les traits de sa proie. Ce démon était là, prêt à lui concéder les bras de la Grande Faucheuse, accompagné de trois compagnons provenant des ténèbres.
– ❝ Il n’a toujours pas parlé ? ❞ Demande ledit démon.
Sa voix s’harmonise entre neutralité et fraîcheur sévère, elle s’étend dans une mélopée des enfers alors que son sourire angoisserait le plus terrible des habitants lucifériens. Mais au final, n’avait-il pas le diable sous ses yeux ?
– ❝ Non, Monsieur. Il n’a fait que glapir, c’en est affligeant. ❞ Répond le plus grand des disciples dans un soupir.
Un regard entendu et le diable s’approche de son souffre-douleur d’un mouvement leste. Ses pas sont agiles et éthérés, sa démarche représente la grandeur du Pandémonium et son visage effleure l’élégance obscurée. La victime s’essouffle à chaque approche, ses poumons s’affolent et ses globes oculaires s’imbibent de larmes. Elle détourne le regard, ne supportant plus cette vision cauchemardesque alors qu’elle voit son dos se courber davantage sous la brutalité du pied, sur le haut de son crâne. Un gémissement flatte les oreilles de l’ébène qui se gausse de son malheur. Une main caresse sa chevelure crasseuse avant de l’empoigner et obliger son âme à affronter de nouveau le regard écarlate. Une lame chatouille ses lippes et s’enfonce dans sa cavité buccale. Elle s’arrête en chemin, surprenant la victime.
– ❝ Quel dommage. Tu resteras misérable jusqu’à ton dernier souffle. ❞
Un rire se fait entendre et s’unit à la plainte ahanante.














