Un visa pour le paradis ?
Gabriel ambassadeur,
Saint Pierre plénipotentiaire,
Michel qui veille aux Enfers,
Les archanges en plein labeur
Pour accueillir les choisis.
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@parisies
Un visa pour le paradis ?
Gabriel ambassadeur,
Saint Pierre plénipotentiaire,
Michel qui veille aux Enfers,
Les archanges en plein labeur
Pour accueillir les choisis.
Prendre le métro
Rue de Palestro
Station Réaumur
Les wagons murmurent
Ligne quatre ou trois
Il faut faire un choix
Est, ouest, sud ou nord
Rose des vents forts
Et Sébastopol
Tourne et déboussole
Passage de la Trinité.
Le Père, le Fils,
Le Saint-Esprit.
Étroit, et bien abrité,
Il menait à l’hospice
Et son infirmerie.
Traces infimes de la cité,
Souvenirs du vieux Paris,
Comme je vous chéris.
Beauté des lignes fermes mais rassurantes
Quand les obliques joignent les traces ondulantes
Que les courbes protègent les vagues d’eau,
La poésie toute sévère de l’Art Déco.
Je crache, je vitupère,
Paris pourri périt
Que la pluie purifie
Comme un pont de galère
Flic, floc, rue Tiquetonne
Pluie et nuit, je m’étonne
Pas de doute c’est l’automne
Les pieds dans les flaques sauvageonnes
Juste pour faire bicher la daronne
J’ai six ans je fanfaronne
Comme un décor de théâtre inachevé
Saint-Sulpice et sa fontaine
Des quatre point cardinaux.
Un jour d’été quand il fait beau.
Pélerin prends ton bâton.
Et pars sur les grands chemins.
Regarde ce vieux magasin,
Au Bourdon d’or comme nom.
Et pense à Compostelle.
Matin tôt bien chargé de grève et de fureur.
Le ciel de la révolte en porte les couleurs.
Du rouge dans le bleu, du blanc sale mêlé,
Annoncent la colère d’un feu orangé.
Premier étage : Paris
Deuxième étage : Alexandrie
Et au dessus, on dirait Venise,
Et puis Memphis dans la frise !
Retour d’Égypte avec escales
Passage du Caire original.
Un ciel de traîne,
La ville grise qui soupire.
Et des sirènes
Qui dansent sans frémir.
Eau du ciel qui ruisselle
Eau de pierre, désespère.
Ça y est : l’automne a gagné la partie.
Terrasses sous la pluie.
Rue des Halles,
Ciel idéal
Blanc virginal
Azur impérial
Il pleut.
Un temps de rentrée
Pour ne pas regretter
L’été
Juste un clin d’œil …
Un rutilant Goupil masqué
Arpente en mosaïque
La rue du Renard agile
Paris déploie tantôt des cieux d’aquarelliste.
Sur un beau fond d’azur des nuages artistes
Dessinent en riant des volutes légères,
Blondes, grises, blanches, douces, éphémères.
N’oublie pas ce matin de prendre un Parispluie…