Sans titre, de Léa Murawiec,
A4, 32 pages N&B, Flŭtiste, 2019.
Les lecteurs du beau fanzine Flŭtiste connaissent le travail de Léa Murawieec, qu’on a aussi pu voir chez Radio as paper ou tout simplement sur différents réseaux sociaux. Son travail se frotte souvent à une semi science-fiction, ou réalité parallèle (voir Fabuleux vaisseaux), en réussissant assez admirablement cet équilibre entre l’imaginaire commun des fantasmes futuristes et une façon propre de voir ces mondes.
Ce livre sans titre, composé uniquement d’images pleines pages, a été plus où moins réalisé sous la contrainte d’Inktober, ce défi de dessins lancé sur le web ou l’on doit chaque jour dessiner sous une contrainte. Sauf que finalement Léa Murawiec a choisi son propre thème général “Les ruines modernes”, et ses mots quotidiens, et puis ça a duré sur plus d’un mois. Bref, ça n’avait pas grand chose d’un inktober sinon le nombre de dessins et le début en octobre 2018.
30 dessins pleine page donc, remplis de directions, dans un monde détruit portant des traces d’un passé éventré. Le personnage principal avance, regarde, joue avec ce qu’elle trouve, se fait parfois toute petite face aux immenses décors d’une civilisation visiblement obsolète. Elle n’est pas seule, mais c’est tout comme.
La déambulation est un prétexte, on s’en doute, mais curieusement alors que tout cela pourrait être très frustrant (30 images, pas vraiment d’histoire et un fond assez classique) le résultat est envoutant. Est-ce la simple beauté plastique ? Les géométries frappantes ? Ces flèches semées qui semblent vouloir donner un sens à tout ça ? La SF réinvente souvent les mêmes choses et c’est ce que fait Murawiec en en quelques cases muettes, réussissant à réduire à l’essentiel des propos qui pourraient si facilement être verbeux ou redondants. (MR)
Vous êtes-vous déjà demandé…?, par Émilie Plateau
A6, 8 pages, N&B sur papier coloré, septembre 2018.
Un petit format, un papier de couleur (variable et recouvrant le drapeau LGBTQ) des dessins pleine page illustrant des situation du quotidien de femmes en couple : va-t-on nous refuser un appartement par homophobie ? Ma famille va-t-elle me rejeter si je ne ramène pas un “petit copain” ? Se tenir la main nous met en danger ?
Derrière la couverture-question, six situations, et une implacable conclusion. Ici, pas de suspens, pas de crainte de spoil. Pourtant même en devinant dès le début l’inéluctable fin, ce tout petit format aux petits personnages secoue le lecteur.
Une fanzine relu alors que de nouveaux articles paraissent sur les agressions lesbophobes quotidiennes, jusqu’ici peu visibilisées, masquées par l’idée d’un fantasme masculin qui créerait moins de discrimination. Triste blague, et lecture qui marque. (MR)
“Bento n°3″, fanzine collectif de bande dessinée, avec entre autres Pierre Maurel, Noah Van Sciver, Fanny Grosshans @fanny-grosshans, Léa Murawiec, etc.
“Griz Grobus” & “Brave Bird” deux premiers chapitres de nouvelles BD par Simon Roy @simon-roy
Deux pochettes d’autocollants de chez Stinkers
Quelques numéro de Sleazy Slice & Cinema Sewer
“Vous êtes-vous déjà demandé... ?” d’Émilie Plateau @commeunplateau
“Young Shadow” et “The Sweeper & the bad eggs” de Ben Sears @bensears
Ma récolte Central Vapeur !
C’était la huitième édition du festival d’illustration et de graphisme Strasbourgeois, plus sympa d’année en année jetez un œil au programme, si ça vous donne pas envie je sais plus quoi faire.
Comme d’hab j’ai très bon goût donc foncez les acheter !
1) Chiméra n°1, zine de BD et d’illustration (j’y ai participé avec mon adaptation du Fruit de la Tombe), publié par La Corde Rouge @lacorderouge
2) Rocco et la toison de Vanoli, édité par l’Association @lassociation
3) Fabuleux vaisseaux de Léa Murawiec @leamurawiec et Krocui édité par Flutiste.
4) Men Only n°1, zine collectif de BD à suivre, édité par l’Amour éditions @lamoureditions
5) Wild for Adventure de John Broadley, édité par le Dernier Cri.
6) Jurassik Reich de Félix Kerjean, édité par Superloto.
Vous l’attendiez le voilà, comme chaque année un retour sur mon butin d’Angoulême ! Je reviens bien chargé cette année, notamment grâce à un SpinOff à la programmation très éclectique.
1) Dessin échangé avec Geffen Refaeli
2) Le dernier numéro de Flutiste fanzine de BD collectif.
3) Le premier numéro de Baie des Machines
4) Une carte postale d'Anaïs Maamar @anais-maamar
5) Un fanzine de Léa Murawiec @leamurawiec
6) Teenager Forever, le dernier fanzine collectif de Tetra @tetraeditions
7) Un exemplaire dédicacé de Titan par François Vigneault @tourdefrancois
8) Le second numéro de Bento édité par Radio as papier @radioaspaper
9) un strip tout droit sortit du Comix 4000 de Kévin Gauvin et Loïc Urbaniak
10) La Bagarre, recueil de dessin collectif édité par Mondo Zero
11) The World of Croix Point et son pin’s de Valentin Seiche @airfortress édité par Peow @peowstudio
12) Les trois dernier numéros de Biscoto abonnez-vous, abonnez vos neveux, nièces, filiots et filiottes !
13) Le premier tome de Dr Cataclysm par Mortis Ghost @mortisghost édité par l’Employé du moi (lisible su Grandpapier).
Merci à tout les auteurs et autrices, à tout les collectifs et toutes les maisons d’éditions, merci pour tout ces beaux livres, les dédicaces et les conversations !
FR : Petite fournée de zines divers et variés qui viennent s’ajouter à ma collection :
- L’épopée Infernale de Émilie Plateau @commeunplateau (j’en parle plus en détails ici).
- De Ralph Niese @ralphniese j’ai reçu une beau paquet avec une carte postale, Squint un receuil de BD et Mekano Turbo une mini BD, plus des stickers (encore merci à lui !)
- Once de Heikala, un recueil de ces délicats dessins.
- 2017 Artbook de Poch4n, un autre recueil de dessins.
- Banane, zine collectif (merci Mona @monaleuleu !)
EN : New zines for my collection :
- L’épopée Infernale by Émilie Plateau @commeunplateau (I talk about it here).
- From Ralph Niese @ralphniese I got a postcard, Squint and Mekano Turbo, and some stickers (thanks again !)
- Once by Heikala, a beautiful artbook.
- 2017 Artbook by Poch4n, a sexy artbook.
- Banane, collective zin (thanks Mona @monaleuleu !)
L’épopée infernale est un “livre dont vous êtes le héros” ou plutôt, comme indiqué sur la couverture : un “fanzine dont vous êtes l’héroïne”.
Préparez-vous pour une aventure exotique, palpitante et haletante, préparez-vous à vous glisser dans la peau d’une autrice de BD !
Votre quête : faire éditer votre nouvelle bande dessinée, éviter les pièges mortels de la dépression, du manque de fric et des éditeurs abusifs !
Armez-vous de votre boîte mail, d’une page Ulule et de propolis mais surtout d’un bonne dose de courage pour triompher des épreuves qui vont se dresser sur votre chemin, et atteindre le Graal : un contrat d’édition !
Émilie Plateau nous guide dans son univers un peu déprimant, quotidien, et surtout très drôle. Elle nous glisse dans sa peau pour le temps de 16 pages d’un fanzine original, une forme expérimentale d’autobiographie.
En plus c’est un zine "méta" puisqu’il parle d’édition et de fanzinat (dans un même genre on verra Blackbird de Pierre Maurel, initialement paru sous forme de 4 zines photocopiés) et ça, c’est très sympa.
J’ai découvert le travail d’Émilie Plateau avec sa première BD, Comme un Plateau, elle-même éditée sous forme de zine à l’origine, et son approche de l’autobio tout en discrétion, en détails et son dessin délicat et timide m’a beaucoup plu.
Comme chaque année je suis rentré d’Angoulême les bras chargés de livres, de fanzines et autres éditions. Petit bilan pour vous, chers amis.
1) Sous la couette et autres facéties, Shyle Zalewski, Tetra. Petit recueil de gravures coquines.
2) Elle… Aniss El Hamouri, bande dessinée onirique.
3) Johann Sebatian Bacci, La came’s. Édité par le collectif Italien Inuit cette BD est imprimé en deux couleur riso.
4) Treasure Island part 2, Connor Willumsen. Breakdown Press. La partie une est lisible en ligne.
5) Une féssée et au lit, Boris Délevègue édité par Hoochie Coochie.
6) Loi, Icinori. Petit leporello imprimé à la presse typo, c’est beau, c’est du Icinori.
7) Crazy Magic Bizness, collectif, Attaque Surprise. À découvrir en ligne : http://lesecretdescaillouxquibrillent.com/
8) Flutiste n°8, collectif. Les deux histoires et légendes de deux villes rivales se rejoignent au milieu de l’ouvrage.
La couverture et ma participation au journal graphique L’Étiquette, une publication de goût pour les 5 ans de la brasserie Dunham aux éditions Mille Putois. Et c’est un plaisir de se retrouver au milieu de tout ces artistes !
L’Étiquette is a graphic newspaper published for the 5th anniversary of the Dunham brewery by Mille Putois.
Super surprise au bureau de poste ce matin : une enveloppe de Mille Putois !
Pleine de petits cadeaux sérigraphiés mais surtout avec la BD de Simon Bossé Loiterers, j’ai hâte de lire ça !
Ça va être dur de faire aussi bien de mon coté…
Pour la seconde année consécutive mon collectif Fourbi Éditions avait une table au Festival International de la BayDay d'Angoulême. Je prends la peine de faire un bilan au vue de l'actu mouvementée...
J'ai personnellement découvert la hulotte dans le C.D.I. de mon collège et après avoir dévoré les numéros disponibles pendant les permanences et les absences de professeurs j'ai maudit le rythme d'escargot des parutions.
La parution se fait en effet au rythme tranquille et quelque peu aléatoire de 2 numéros par ans, une vitesse de croisière bien compréhensible quand on sait que chaque numéro, des recherches aux illustrations en passant par les textes, sont fait par un seul homme : Pierre Déom. C'est d'ailleurs devenu la principale activité de cet ancien instituteur.
À l'origine La Hulotte devait servir de bulletin de liaison entre les clubs naturalistes pour enfants des Ardennes, son succès l'a petit à petit fait gagner en tirage et en ambitions. Comme de nombreux fanzines des années 70 les premiers numéros sont tirés à la ronéo, puis en offset, on passe au cours des années de 1000 à 150 000 exemplaires, sans autre publicité que le bouche à oreille et les autocollants.
La Hulotte à la particularité d'avoir réussit à intéresser des publics très divers et fidèles, les enfants bien sûr y trouvent un support pédagogique au ton léger, les amoureux de la nature et les naturalistes amateurs de la documentation de qualité, mais aussi les scientifiques qui y trouvent toute la rigueur qu'ils exigent de leur propres publications, nombreux sont les chercheurs du Muséum National d'Histoire Naturelle à attendre impatiemment leur dernier numéro.
Chaque numéro de la Hulotte est consacré à un animal souvent très commun en France mais pas pour autant bien connu, Déom se fait un devoir de commencer par démentir les rumeurs et les mythes qui entourent des animaux qui vivent parfois tout près de nous : non, la belette ne boit pas le sang de ses proies, pas plus que le corbeau ne crève les yeux aux moutons. Certains numéro se consacrent à des environnements (mares, vieux murs), des plantes, des insectes.
Déom fait tout particulièrement attention à rendre ses textes vivants, certains sont rédigés à la première personne, un hérisson est le narrateur ses escapades nocturnes, ou sous forme d'interviews ou de cahier de doléances, l'humour y est très présent.
Les dessins eux aussi présentent cette double influence de la science et de l'humour, les schémas et planches anatomiques sont constellés de petites blagues graphiques qui font tout l'intérêt pédagogique de la Hulotte.
Parlons un peu de ces planches anatomiques d'ailleurs. Elles sont un régal, de petites merveilles de hachures et de pointillés maniaques, un vrais plaisir graphique en plus d'être des mines d'informations.
La Hulotte à sans doute été pour beaucoup de ses lecteurs un premier contact avec l'écologie et le protection animale, les "nuisibles" y trouvaient notamment une tribune pour se défendre et La Hulotte n'hésitait pas à citer des articles du Chasseur Français pour s'en moquer. On y apprends aussi à construire nichoirs et abris et à les cacher des chasseurs.
Une anecdote que je trouve révélatrice et qui à finit de me convaincre de classe La Hulotte dans la micro : en 1984 le nombre de numéros par an est tombé en dessous de quatre, la Commission Paritaire des Publications et des Agences de Presse (CPPAP) la déclasse donc et La Hulotte n'est plus considérée comme un journal : plus de TVA réduite, plus de tarifs postaux préférentiels. La Hulotte perdura malgré tout, forte de son lectorat dévoué et de son rédacteur tenace, vive La Hulotte !
Le rythme irrégulier de parution à semble-t'il aussi poussé Déom à créer un mot qui est bien utile dans le domaine du fanzinat : irrégulomadaire, merci donc, Pierre Déom.
Auteur : Pierre Déom
Parution : semestriel
Disponibilité : En ligne et sur abonnement
Format : 15x22cm
reliure : cahier agrafé
technique : offset
type : revue