Retrouvailles
C’est étrange cette sensation : revoir ses amies qu’on n’a plus vues depuis un an. Il y a ce mélange d’excitation et à la fois d’appréhension. Est-ce qu’on va encore avoir des choses à se dire ? Est-ce que j’arrive encore à parler espagnol ? Ou anglais ? Est-ce qu’elles aussi ? Il y a un an, on partait en week-end à Séville. Départ depuis Valencia. Il devait faire 20 degrés, un truc dans le style. La question de la langue ne se posait pas, ça faisait 4 mois qu’on vivait en Espagne.
Vendredi, je suis partie à 14 h 20 de chez moi pour choper le train de 14 h 40, direction Bruxelles. Une fois sur le quai, l’annonce de mon train résonne de cette voix, familière pour des milliers de personnes. Je me demande qui se cache derrière et si j’arriverais à la reconnaître, si un jour, j’étais amenée à la rencontrer. Un message des filles me fait sortir de mes pensées. Elles arriveront finalement à 16 h 30 au lieu de 16 h. J’irais faire un tour dans le centre-ville, avant de les rejoindre à Schaerbeek, où on a loué notre Airbnb pour le week-end.
Ça y est, je suis devant le numéro 505, mes écouteurs enfoncés dans mes oreilles. J’aperçois les filles de l’autre côté de la chaussée. Elles n’ont pas changé, elles sont juste habillées comme en hiver. C’est drôle. On ne s’était jamais vu avec des grosses vestes, des bonnets, des écharpes... Je leur fais signe. Elles ne me voient pas au début. Est-ce que j’ai l’air débile ? Sûrement. Lotta finit par me voir. Après nos accolades de retrouvailles, on file choper les clés à la friterie. La nana du Airbnb n’a pas précisé l’étage de son appartement. On se retrouve à toquer à toutes les portes. Un ouvrier nous indique l’appartement de Jessie. On pose nos affaires et nos culs, puis arrive forcément la question : « qu’est-ce que tu deviens ? ». Je ne sais pas vous, mais moi je n’arrive jamais à savoir par où commencer. On s’est résumé nos vies en quelques minutes, puis on est allées rejoindre Mélodie, qui terminait son service au taff. Mission : trouver un endroit où on peut manger des spécialités belges, autres que des frites. C’est dans ce genre de moment que tu te rends compte qu’en fait, tu manges presque jamais belge. Surtout quand tu vas au resto. On décide d’aller à la Bastoche, une brasserie où on va souvent, parce qu’ils font des menus étudiants vraiment pas chers. Croquettes de fromage, de crevettes, boulettes et steak béarnaise, le tout accompagné de frites, mais surtout d’une bonne bière belge. Enfin, rien que pour Jana parce que Lotta n’aime pas la bière. Elle est Allemande, on lui pardonne. On finit la soirée dans un bar qui a rythmé nos années à l’ULB, le Tavernier. Et de mon côté, je réfléchis à ce que je vais leur montrer demain.














