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Lecteurs (de) Sans Filtre, bonjour.
J'ai commencé ce blog alors que je vivais l'une des pires périodes de ma vie.
Je reviens aujourd'hui, après huit mois d'absence alors que je vis l'une des périodes les plus heureuses de ma vie depuis longtemps.
Et Sans Filtre n'y est pas pour rien. Il fallait que je nettoie ma tête. Il fallait que je me débarrasse de tout ce poids mort que j'avais accumulé. Il fallait que j'en parle sans diplomatie, sans relecture, sans corrections (outre l'orthographe). Sans Filtre a été mon exutoire.
Dans un monde où la vérité ne peut survivre sans être teintée de préjugés et d'incompréhensions, qu'ils viennent de proches ou d'inconnus, ce blog d'écriture sans filtre a été la seule solution pour ne pas devenir fou. Sans filtre, mais pas sans soin, car chaque mot et chaque tournure de phrase ont été méticuleusement choisis. Les textes sonnent comme j'ai voulu qu'ils sonnent et personne n'y a eu son mot à dire. Il n'y a rien de laissé au hasard. Pas même les images, pour ceux qui lisent la version wordpress.
C'est cette liberté éditoriale qui m'a fait du bien. L'impression de pouvoir crier silencieusement mon ressenti au monde. De lui jeter en pleine figure les mots qu'il m'a inspirés, avec toute la violence de l'émotion qu'il m'a inspirée.
Mes proches ignorent tout de l'existence de ce blog (et ce n'est pas faute de leur avoir laissé des indices), ou s'ils le savent, ils ne m'en ont jamais rien dit. Certains d'entre eux sont pourtant à l'origine de certains articles. Ils ignorent également tout du nombre de scénarios de suicide que j'ai formés dans ma tête, du niveau des frustrations que j'ai retenu, des déceptions, des colères que j'ai contenues et des larmes que je n'ai versées qu'intérieurement. Ils ont vu la pointe d'un ou deux icebergs. C'est tout.
Vous, vous avez tout vu, ou presque. Mais je ne vous connais pas, donc pour moi, les conséquences sont bien moindres. Cette non-familiarité m'a été salutaire. Vous étiez pour moi comme une page éternellement blanche, une chemin toujours nouveau. Comme une montagne étrangère, puissante et stable, au pied de laquelle je déposais mon mal-être et qui me le renvoyait en écho comme pour me dire qu'elle me comprenait. Et ça m'a fait du bien. Je vous en remercie.
Aujourd'hui, je médite. J'ai trouvé, non plus un exutoire, mais un remède. Un moyen de contrôler, ne serait-ce qu'un peu, ce cerveau hyperactif et ce coeur hypersensible. Et un espoir de comprendre et d'assumer de vivre avec. J'ai fini par remonter du fond de mon trou pour réaliser que je n'étais pas le seul. Par un hasard que je ne m'explique pas, il s'avère que nous sommes suffisamment mal répartis sur le globe pour nous sentir seul. Mais nous ne le sommes pas. C'est peut-être le seul bienfait que j'ai trouvé dans les réseaux sociaux : celui de nous mettre en contact.
Nous sommes nombreux. A essayer de comprendre. A s'entraider pour traverser le mieux possible cette chose étrange qu'on appelle la vie, peuplé de gens étranges qui nous regardent comme si nous venions d'une autre planète simplement parce qu'on remets en question leur confortable petit monde.
Ca me rassure. Et même si formulé de la sorte, ça n'en a pas l'air, ce n'est pas une mince affaire que de rassurer un éternel inquiet comme moi. En dehors de ce blog, je reste concis et sobre, mais en vrai, je célèbre chaque manifestation, chaque post facebook, chaque tweet, chaque publication où je me reconnais, comme autant lueurs d'étoiles, faisant partie du la galaxie dans laquelle j'ai cru trop longtemps être le seul astre.
Je lutte tous les jours pour essayer de survivre et de rester positif dans un monde incohérent peuplé de gens absurdes que je ne comprends pas et qui ne me comprennent pas. Parfois, je suis si fatigué que j'envisage d'y mettre une fin définitive. Et parfois, je vois un post, ou même un commentaire qui se rapproche, même de loin, à ce qui se passe dans ma tête au quotidien.
Et ça me rassure.
Aujourd'hui, les choses ont changé, et les articles que j'ai envie d'écrire ne rentreront probablement plus dans le cadre d'un blog Sans Filtre. Aujourd'hui, c'est peut-être le dernier article sans filtre que j'écris. Je dis bien "peut-être", car je me laisse la possibilité de revenir. Et comme toujours, pas de reformulation, pas d'auto-censure, pas de correction. Et après ? Que faire après Sans Filtre ?
Honnêtement, aucune idée. Je suis ouvert à toute proposition. Peut-être ouvrirai-je un blog de billets d'humeur sous mon vrai nom. Peut-être m'arrêterai-je simplement d'écrire. J'ai aussi songé à éditer ce blog en livre électronique, mais ça me semble vain.
Je ne sais pas ce que l'avenir lui réserve. Mais je sais qu'il réserve de belles choses à son auteur.
Ce blog m'a aidé à traverser bien des enfers. Je ne vais pas le supprimer, peut-être qu'il aidera certains d'entre vous comme il m'a aidé.
Je le laisserai en ligne pour dire simplement à ceux qui, comme moi auparavant, se sentent abandonnés, incompris et délaissés : vous n'êtes pas seuls. Il existe au moins une personne comme vous. Et jusqu'à présent, il a survécu. Il va vers du mieux.
Et c'était juste un mec.
(auteur: Juste Un Mec | image: Caring Wong)
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