Tu sais en vérité, j'ai beau tenter de trouver une "excuse" extérieure à mon malaise en râlant après les autres, la boutique etc...
Et même si toute cette superficialité et ce paraître ne correspondent pas à ce que je suis au fond, la véritable cause est ailleurs, en moi.
Je suis en résistance quasi permanente avec la vie, non pas ma vie mais La vie. Et ce, depuis mon enfance.
Du coup je me suis débrouillée pour me mettre à l'écart de ma famille pour commencer puis des règles et des autres. Ma mère a dit un jour que je les considère comme des étrangers et elle n'avait pas entièrement tort.
Cela a toujours été difficile pour moi de me conformer aux règles du système familial, sociétal, moral... Car ce n'est pas mon monde en fait, ni mon environnement naturel.
Tu dis être rationnel et il me semble que ton mental maintient la porte de l'irrationnel très légèrement entrouverte.
Chez moi c'est peut-être le contraire.
J'ose le dire et peu importe ce que tu penses de moi.
Dans cette dimension je me sens contrainte, étriquée, amputée d'une partie de moi, de mon essence, d'où cette sensation "erronée" de manque de liberté.
Il y a quelques années, je tentais d'expliquer mon malaise en pensant "soit je suis en prison et je purge ma peine pour une quelconque faute ; soit je m'ennuyais tellement "chez moi" que je me suis payé des vacances sur cette planète" ! Car je ne comprenais vraiment pas ce que je faisais ici, sur Terre et dans cette vie qui n'est pas mon "chez moi".
Je me suis rarement sentie à ma place dans ce monde. Et ce quoique j'y fasse et malgré les bons moments, il y a toujours eu une partie de moi qui n'avait qu'une hâte c'est de se barrer tandis que l'autre était comme une enfant trop contente de jouer. Chacune prenant le dessus à tour de rôle.
Ici la plupart de mes capacités semblent endormies ou non fonctionnelles, la seule qui soit active c'est La grande compassion qui me joue des tours et ajoute à un certain malaise. Car ressentir la souffrance, souvent inconsciente, de l'autre est douloureuse et influe grandement sur mon comportement. Et lorsqu'il s'agit de la cause de cette souffrance alors toute réaction semble vaine, sans pour autant en être moins douloureuse. Car l'émotion humaine cherche à s'émanciper tandis que la "réalité" de la situation veut favoriser une sorte de sagesse et de paix. D'où une dualité qui débouche sur la souffrance.
Je ne suis pas trop gentille, comme le disent beaucoup. Seulement quand on parvient à côtoyer la souffrance tapie dans le cœur de l'autre, on ne peut que faire un avec et attendre que ça passe. Il est alors absurde de vouloir réagir selon un certain schéma humain qui n'est pas autre chose qu'une réaction "conditionnée". Et se laisser contrôler par cette réaction sans au moins chercher à la comprendre revient à entretenir une dualité qui se nourrit justement de ce conditionnement.
Dans ces conditions difficile de garder un certain équilibre. Cela me demande beaucoup d'énergie pour rester "à flots".