j’emmerde la vie, j’emmerde les gens, j’emmerde tout, j’emmerde les gros connards irresponsables, j’emmerde l’abandon, la perte, le manque, l’attachement et la déception, J’EMMERDE TOUT, j’emmerde l’envie d’arracher la gueule à chaque enculé qui vient aborder avec le tact et la délicatesse d’un pervers déguisé en père noël tripotant les enfants pendant la photo, j’emmerde ceux qui regardent une femme dans la rue comme si elle était nue avec une queue dans la bouche, j’emmerde le système scolaire français, j’emmerde les profs qui se croient psychologues, j’emmerde l’irrespect, j’emmerde ma mère, j’emmerde mon frère, j’emmerde ceux qui se démènent pour ceux qui n’en ont rien à foutre j’emmerde moi, j’emmerde ceux qu’en branlent pas une et qui réussissent tout, j’emmerde ceux qui hurlent leurs exploits partout, tout l’temps, j’emmerde l’amour, j’emmerde les faux-semblants, les quiproquos, j’emmerde les pachas, j’emmerde les dictateurs, j’emmerde l’autorité, j’emmerde le sommeil qui vient pas et celui qui vient dans les mauvais moments, j’emmerde la réflexion, les pensées malsaines, et les envies d’meurtres, l’envie d’arracher la gueule à chaque fils de pute qui t’effleurent sans ton accord, j’emmerde les bus bondés où certains profitent de placer quelques mains au cul, j’emmerde la république, j’emmerde la pseudo-liberté avec laquelle on nous berce depuis qu’on est gamins, j’emmerde les prêts à la banque, j’emmerde les crédits immobiliers, j’emmerde les dettes, les factures, les meubles à des prix exorbitants parce que c’est du chêne ou je ne sais quoi de on ne sait quelle forêt, j’emmerde la fonte des glaces, j’emmerde la disparition des ours, j’emmerde tout, et j’emmerde le burn-out qui me guette depuis mes 6 piges, j’emmerde le silence, j’emmerde les cris, j’emmerde les grands discours idéalistes, j’emmerde les rêves brisés, j’emmerde les gens décevants, j’emmerde la pauvre petite ado en crise que je suis qui se révolte pour un rien, pour un chien attaché seul dans un jardin, pour des chiens retrouvés abandonnés et seuls dans de grands box, j’emmerde les PDG, j’emmerde les joueurs pseudo-professionnels qui gagnent plus en un match que toutes nos mères en une vie, j’emmerde les célébrités à la con et leurs jolis p’tits culs moulés dans un 34, j’emmerde l’humour, j’emmerde le sérieux, j’emmerde les maux de ventre, j’emmerde la nausée, j’emmerde les maux de têtes, j’emmerde les irréfléchis, les actes manqués, et tout ce qu’on a gâché, j’emmerde la solitude qui pèse, j’emmerde aussi l’entourage qui pèse deux fois la solitude, j’emmerde les mal-accompagnés, j’emmerde ceux qui s’accompagnent mal, et j’emmerde les mauvais choix, j’emmerde le confort, j’emmerde le réconfort, j’emmerde la douceur qui n’est qu’illusion, j’emmerde la mode, j’emmerde les normes, j’emmerde le général, le banal, l’habituel, le quotidien, j’emmerde la confiance mal accordée, les discours bâclés, les hurlements des loups, les soirs de pleine lune, j’emmerde le soleil, la pluie, le vent, j’emmerde l’acclimatation, l’intégration, si j’ai pas envie d’m’intégrer, j’m’intègre pas c’est MON PUTAIN DE PROBLÈME, si j’ai envie de m’asseoir seule et à l’écart aussi, j’en ai ras l’cul des égoïstes qui te balancent leurs défauts en pleine face comme si t’étais le principal concerné, j’emmerde la dureté des mots dits sans les penser ni les peser avant, j’emmerde les non-dits et les tabous, je supporte plus rien et encore moins vous, j’emmerde mon rythme cardiaque et mes doigts bloqués sur ce putain d’clavier comme s’il allait changer ma putain de vie, j’emmerde le passé, le présent et le futur, j’emmerde tout et surtout moi





















