acte I : le s t r e s s s s s
En fait, le soucis, c'est que je peux difficilement parler de ce que je ressens parce que c'est vraiment ridicule. C'est ridicule et c'est tout petit, si petit, que tu comprends pas pourquoi je me fais une montagne de cette poussiÚre. Je suis minuscule et telle que je suis, mes émotions me donnent l'impression de peser bien plus de poids sur mon petit corps ridicule. Ridicule.
Je suis lĂ , en dĂ©but de crise, je vois toutes ces petites pensĂ©es qui viennent et je me dis que ça va pas aller, je ne vais pas pouvoir ĂȘtre ok avec cette situation et je sens bien que tout ceci me dĂ©passe, il faut vraiment que je m'en aille, il faut que je fasse quelque chose parce que lĂ , dans l'instant prĂ©sent, la situation que je suis en train de vivre n'est clairement pas ok, rien n'est ok. Je souffle. Inspire. Expire. Tout va bien. J'essaye de rĂ©flĂ©chir.
Les Ă©motions que je ressent sont tantĂŽt multipliĂ©es par une force dont je ne connais pas vraiment le nom et par moment, je me sens tout Ă fait incapable d'ĂȘtre Ă remplie de joie et de drĂŽle de rires, des rires qui traversent le corps et qui te permettent de te sentir un peu mieux. Mais quand tu me regardes et que tu me dis d'une voix, vraiment soucieuse et un peu incomprĂ©hensible devant tout ce que je viens de te dire : LĂ©a, c'est pour ça que tu paniques ? C'est de ça dont tu as peur ? Mais LĂ©a, c'est ça, la raison de ta tristesse ?
L'événement qui se trame n'est pas grave. Rien n'est grave. Je souris. Non, c'est pas ça, il y a autre chose. Autre chose et là , tu te sens rassuré. Oui, Léa n'a pas peur pour si peu. Ce serait débile, n'est-ce pas ? J'essaye de sourire et de faire quelque chose de mon stupide visage, mais je ne sais pas si j'y arrives.
En fait, si j'ai peur, c'est pas seulement d'arriver en retard, c'est de perdre le contrĂŽle, de perdre cette petite chose, de me sentir dĂ©passĂ©e par des Ă©vĂ©nements que je ne contrĂŽle pas, c'est le fait d'ĂȘtre dĂ©munie face aux Ă©vĂ©nements imprĂ©vus qui m'apparaissent comme des bombes Ă retardement, des bombes Ă retardement que je veux calculer si je connais leur existence. Je veux tout calculer et Ă©viter de me retrouver dans des situations oĂč je pourrais passer pour une paniquĂ©. Je veux tout prĂ©voir pour Ă©viter de montrer que je suis vraiment trop angoissĂ©e.
Si je me mets Ă pleurer dans cette situation, devant vous, c'est vraiment pas une envie, pas un choix, je ne choisi pas le fait de me sentir complĂštement dĂ©passĂ© par ces simples mots. J'aimerais ĂȘtre plus. J'aimerais offrir plus. J'aimerais tellement pouvoir simplement me lever de mon lit et me prĂ©parer pour ma journĂ©e. J'aimerais pouvoir faire toutes ces choses sans me sentir complĂštement conne. J'aimerais pouvoir faire tous ces mouvement sans me sentir de trop et sentir chaque parcelle toutes molles de mon corps sous mes pieds, sous mes mains, dans mes jambes, jusqu'au bout des doigts. Et j'aimerais Ă©viter de penser trop vite, parce que ça ne va pas, il n'y a aucune connexion logique et rien n'a de sens. J'aimerais Ă©viter que toutes ces pensĂ©es se remettent encore et encore dans ma tĂȘte, se cognent tellement fort que je n'arrive plus vraiment Ă faire la diffĂ©rence entre ce qui est bien, mauvais, ou complĂštement dĂ©bile.
«Pourquoi tu te mets dans des états pareils, Léa ?»
Si je dis pas pourquoi je panique c'est parce que pour toi, ce sera dĂ©bile. C'est parce que tu sais pas, tu sais pas et je peux pas t'expliquer pourquoi je me sens comme ça, parce que tu ne sais pas. Si tu savais, tu me dirais pas LĂ©a calme toi, tu saurais que je peux pas me calmer. Tu saurais clairement qu'au fond de moi, je me suis dĂ©jĂ dit un bon millions de fois LĂ©a calme toi putain, que ça a pas marchĂ©. En fait, la personne qui te fait face essaye de son mieux, et lĂ , je suis au plus calme que je peux et que lĂ , maintenant, je suis la plus calme possible. Par moment mon esprit me le dit et me fait des petites farces : tu t'en fous, de toute façon ? AllĂ©, on va arrĂȘter de stresser pour si peu, hein ? Puisqu'on s'en fou. Nous n'en avons rien Ă faire.
Je n'arrĂȘte jamais de me soucier et je me soucie en permanence. Je n'arrĂȘte jamais de penser de me soucier et de rĂ©flĂ©chir Ă des choses dont tu n'a pas conscience. Tu n'as pas conscience de ce qui peut me rĂ©veiller en pleine nuit, tu n'as pas conscience de combien je peux me prendre la tĂȘte avant de voir quelqu'un, avant de parler, avant de faire une rĂ©action complĂštement banale. Tu ne sais pas, alors tu te mets Ă met dire d'une voix tout Ă fait rassurante :
«Léa il faut faire des efforts»
Mais les efforts, je les fais, lĂ , tout de suite, maintenant, en me mettant lĂ devant toi, dans ce bar, je suis en plein effort. Personne ne sait Ă quel point ça me coĂ»te. Ăa me coĂ»te tellement. J'ai l'impression de lutter en permanence, en permanence je lutte contre moi-mĂȘme et je lutte en vain parce qu'en vrai, ça sert Ă rien. Ăa sert non seulement Ă rien, mais cette lutte est tellement vaine.. Tellement vaine, que je ne peux pas en voir la fin, que je ne veux pas.
«Allé, Léa, pourquoi tu pourrais pas te forcer un peu ? Tu pourrais parler avec les autres, non ?»
Je ne peux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas.
Et le simple fait que tu me demande de le faire me fait comprendre que toi, tu ne sais pas Ă quel point je me force simplement en sortant dehors. Je me force tellement que des fois, j'aimerais juste me fondre dans mon lit en ne faisant rien d'autre que de regarder mon plafond et de respirer doucement. Et la douce respiration, mon souffle contre l'oreiller pourrait endormir une colonie entiĂšre. Je ne peux pas sortir. Je ne peux pas faire autre chose que ce que je fais maintenant. Ce que tu me vois faire, c'est mon maximum et ça te paraĂźt peu ? Ăa te paraĂźt peu ? Mais vas te faire foutre.
J'en ai rien a branler de ce que tu penses que je peux faire oĂč non, je ne peux pas le faire et je ne m'en sens pas capable parce que c'est trop Ă gĂ©rer. Je peux rien gĂ©rer et ce que j'ai lĂ maintenant dans ma vie c'est vraiment le maximum de ce que je peux avoir Ă gĂ©rer, je ne peux pas avoir plus. Je ne peux pas, ça m'Ă©puise trop. Et tu vois, tu comprends pas et tu ne peux pas. Parce que tu ne sais pas, j'ai l'impression que tu ne sais pas. Je ne suis pas juste un peu stressĂ©. Je panique je panique et je ne sais jamais quoi faire dans les situations. Je n'aime pas sortir, parce que je n'aime pas qu'on me voit. Je prĂ©fĂšre mourir dans un trou plutĂŽt que de monter sur scĂšne.
Je dĂ©teste qu'on me regarde parce que je dĂ©teste attirer l'attention, je me mettrais sans doute Ă faire n'importe quoi, Ă convulser peut-ĂȘtre et je suis peut-ĂȘtre mieux dans l'ombre et je suis d'accord c'est dommage que je passe mes soirĂ©es dans ma chambre mais au moins, je peux respirer. Alors que si je passe mes soirĂ©es en groupe je me sens comme de la merde. Si je fais rien de mes journĂ©es, c'est surtout pour essayer de prĂ©server ma santĂ© mentale mais, Putain, vas-y, si ça te fait tant rire et tant pitiĂ©, essayes. Juste, vraiment, essayes.
C'est pire que tout parce que quand je dis enfin aux autres ce que je ressens, je mets vraiment tout mon cĆur et le mieux que je peux dans chaque mots que je prononce. Je fais attention parce que j'ai pas trop l'habitude de dire des trucs personnels. Bien sĂ»r, je peux te raconter Ă quel point j'aime cette sĂ©rie ou le dernier truc bizarre qui me suis arrivĂ©, mais je veux dire, les trucs personnels et les sujets sĂ©rieux je ne les aborde pas vraiment parce que la plupart du temps ils me font un peu peur et j'ai toujours peur de ressentir ce genre de choses et de partager ces choses avec les autres. C'est pour ça que je dis jamais trop rien sur moi, j'ai l'impression de dire un tas de choses mais quand je regarde, je peux voir que je ne dis quasiment rien. Je balance un tas de futilitĂ©s. Et j'espĂšre sincĂšrement que ça va aller mais je dis rien de trop sĂ©rieux ce qui fait que mes relations ne sont jamais rien de trop sĂ©rieux. C'est triste, quand j'y penses. Alors j'Ă©vite d'y penser. Mais je n'y arrive pas. Ce qui fait que quelque part, Ă n'importe quel moment de la journĂ©e je peux me mettre Ă ĂȘtre triste de façon tout Ă fait inattendue.
Par moment je me sens juste vraiment incomprise parce que personne n'essaye vraiment de se mettre Ă ma place et en permanence me dire des choses que je ne peux pas faire. Des choses contre lesquelles je lutte tous les putains de jours. J'ai l'impression que ça sert Ă rien que j'essaye de lutter contre ces choses qui me pourrissent la vie parce qu'au final on me rĂ©duira toujours au statut de la fille un peu coincĂ©e qui ne sait jamais quoi faire au bon moment. Je me sens tellement stupide quand je suis avec mon groupe d'amis parce que moi, je n'ai vraiment rien. Et je ne dis pas ça pour me dĂ©valoriser mĂȘme si je dois dire qu'il y a de l'idĂ©e. Je me sens toujours de trop et cette sensation ne me quitte jamais. Non seulement elle ne me quitte jamais mais par moment elle double de volume, un peu comme moi et prendre toute la place, elle.
Telle que je suis, telle que j'ai toujours Ă©tĂ©, je pourrais tout Ă fait disparaĂźtre sans que personne ne s'en soucie. Je me demande pour moi-mĂȘme Ă quoi ça sert que je me sente aussi mal pendant de longues heures pour des personnes qui ne soucient pas de moi, qui ne pensent pas Ă moi, qui ne savent vraiment rien de moi, qui ne veulent pas apprendre Ă me connaĂźtre et qui ne font sĂ»rement attention qu'a moi seulement quand on est assis dans le canapĂ© en fin de soirĂ©e, quand on a plus grand chose Ă faire ?
En vĂ©ritĂ©, je me sens tellement de trop. Tellement de trop. Tellement de trop. Ăa sert Ă rien d'essayer de prendre une quelconque place quelque part, j'ai mon lit. J'ai ma place. J'ai ma place lĂ oĂč j'ai fait ma propre place. Je n'ai pas ma place avec les autres parce que je me sens vraiment trop mal avec eux. Dans le groupe, dans un groupe, je me sens de trop et ce n'est pas totalement injustifiĂ© et je sais pourtant, que j'aime bien ces personnes et leur compagnie ne m'est pas indiffĂ©rente, c'est plutĂŽt cool mais si je pouvais passer tous ces moments toute seule, je le ferais tout aussi bien parce qu'au moins, je pourrais ne m'en prendre qu'a moi-mĂȘme, si je me mets Ă ĂȘtre triste, si je me mets Ă me dĂ©tester.
Ăa sert Ă rien. ĂĂ sert Ă rien.
Ăa n'a pas vraiment de sens que de vouloir d'expliquer ce que j'ai dans la tĂȘte parce que tu ne sais pas. Tu ne sais pas et tu ne veux pas savoir parce qu'au fond, tu ne te soucies mĂȘme pas assez pour ouvrir bien tes putains de yeux de putain de connard et si je me mets Ă t'insulter, c'est parce que je ne sais pas comment faire autrement pour paraĂźtre agressive et si je dis jamais trop rien, c'est parce que je sais pas parler, pardi, quelle drĂŽle d'idĂ©e de s'imaginer que moi, LĂ©a je pouvais dire quelque chose de vrai. Je porte un masque la moitiĂ© du temps et je rigole Ă des choses dĂ©biles et je dis des choses dĂ©biles mais quand je suis seule, j'aime juste me terrer dans un silence tout sombre pour ne laisser rien d'autre traĂźner dans la tĂȘte. Par moment, j'ai juste envie de m'enfermer dans ma chambre et ne plus jamais en bouger. Parce que vraiment, cela ne sert a rien. Pourquoi je met autant d'efforts ? Pourquoi je laisse cette chose m'Ă©puiser Ă ce point ? Pourquoi je laisse ça, m'attendre comme ça ? Pourquoi je fais une telle chose ? Je ne sais jamais. Je ne sais pas. Je n'ai jamais sĂ»t.
Et le stress qui me ronge, je ne peux pas le dire Ă voix haute parce que moi-mĂȘme je ne sais pas pourquoi et comment j'ai fait pour que ceci prennent des proportions comme celles-ci. Je ne peux pas tĂ©lĂ©phoner, je ne peux pas manger devant les autres, j'ai des grandes difficultĂ©s Ă exprimer de simples envies ou besoins, je ne sais pas faire beaucoup de choses, je panique souvent pour rien, je me met Ă imaginer toutes les situation que je vis et tout ce que je peux vivre, je l'exagĂšre souvent, parce que je met met Ă me faire des films tout le temps et je ne sais pas pourquoi je fais ça. Je met met Ă penser aux pires choses, les pires choses qui pourraient arriver. Et je me sens alors super triste.
Si tu ne rĂ©ponds pas de la façon dont j'aimerais que tu le fasses, je me dis aussitĂŽt que tu me dĂ©teste, dans la seconde que ton message s'envoie et je confirme cela, c'est vrai que tu es une grosse conne LĂ©a et que tu sers pas Ă grand chose, et que si tout le monde te dĂ©teste c'est qu'il y a une raison parce que sinon tout le monde te laisserait pas tomber comme ils le font avec tant de plaisir. Et si toi tu te dis que personne ne reste avec toi bien longtemps, c'est parce que toi tu laisse tout le monde te laisser avec une grande facilitĂ© parce que tu penses que tu mĂ©rites ce que tu ressens. C'est normal pour quelqu'un comme toi d'ĂȘtre seul.
Le stress qui me ronge, tu ne peux pas le comprendre et je n'ai pas envie de laisser quelqu'un le faire. Je prĂ©fĂšre le vivre en silence et l'Ă©crire de temps en temps sur ces clavier, sur ces petites touches. Le stress que je ressens en permanence, quand toi tu penses simplement Ă la vie que tu mĂšne, quand tu penses Ă toutes les choses que tu pourrais faire moi je me dis que tu me dĂ©teste, quand tu laisse ces silence s'installer entre nous moi je me dis que tu me dĂ©teste, je me dis que finalement tu t'es rendu compte que je n'Ă©tais qu'une grosse merde et que le temps aurait eu raison de notre amitiĂ© pendant que toi tu me fais un peu la tĂȘte moi je me sens mourir. Je me sens mourir et je ne sais pas trop quoi faire d'autre Ă part me rĂ©pĂ©ter LĂ©a c'est fini fini fini fini fini. Tu me dĂ©testes et alors? Est-ce que tu es important dans ma vie ? Qu'est-ce que tu m'apporte ?
Et la question arrive finalement.
Qu'est-ce que moi, je t'apporte ? Qu'est-ce que je peux apporter aux vies des autres ? A quel point je suis misĂ©rable ? Je ne sais pas rĂ©pondre mais je sais qu'en rĂ©alitĂ©, je ne suis pas vraiment utile, je ne suis rien. Je ne suis rien. Et cette rĂ©alitĂ© me tue. Elle me tue et me cloue dans mont lit et c'est pour ça que je ne veux pas en bouger, certains jours et je prĂ©fĂšre me terrer dans le rĂȘve que je me fais de ma vie. Je prĂ©fĂšre de mille, me sentir toute seule qu'entourĂ©e, et complĂštement misĂ©rable et cruche parce que lĂ , ma voix me dira qu'il y a une preuve concrĂšte que personne ne m'aime.
Je réponds à la question, je crois, je m'en vais, je dis au revoir d'un petit air amusé, ou du moins j'essaye vraiment qu'il soit un peu amusant, ce sourire parce que sinon, j'aurais vraiment l'air d'une fille qui va tout droit pleurer dans sa voiture et je ne veux pas qu'on sache que je pleure dans ma voiture pour me calmer. Mais j'avance les bras chargés et je me dirige dans mon petit véhicule. Je marche difficilement vers mon point final. Je souffle. Je dois pleurer. Maintenant.
La crise dĂ©marre. Le moteur aussi. Je tourne la clĂ©. J'enclenche n'importe quelle pĂ©dale de cette voiture et je vois le paysage tout autour de moi bouger, j'avance enfin vers une destination. Je sais laquelle. Ma maison. Mais la crise s'est installĂ©e, sans que je ne puisse vraiment l'arrĂȘter. Elle ne s'arrĂȘtera pas si je cesse de conduire, elle s'est enclenchĂ©e. La musique commence, une jolie mĂ©lodie et pourtant, je change. Il me faut quelque chose de plus calme qui me permettrait d'ĂȘtre Ă nouveau plus dĂ©tendue. Mais plus les chansons dĂ©filent et je comprend qu'il faut absolument que la boule dans ma gorge s'en aille, elle doit partir d'une façon ou d'une autre, car elle commence tout juste Ă me faire mal et me fait penser Ă boule explosive. Je comprend que je dois pleurer et que je vais le faire d'un moment a l'autre. Et je prononce quelques mots, quelques mots qui dĂ©finissent parfaitement ce que je ressens, parce que je sens que j'ai besoin de le dire Ă voix haute. J'ai besoin de dire tout haut ce que je ressens parce que j'ai tus trop longtemps mes sentiments.
Longtemps, tout est relatif. Je sais jamais.
Je frisonne et je tourne le volant. Je me gare. Je pleure. Un peu. Longtemps. En continu. Je ne sais pas. Je frissonne et je ne peux pas m'arrĂȘter de pleurer, les larmes coulent si vite et sont si chaude, elle me brĂ»lent le visage, j'ai la peau en feu. Je ne me sens pas trĂšs bien.
Mais ça va passer, pas vrai ? Si je me dis que tout ceci est ridicule, si ridicule, je devrais pourvoir me sentir un peu mieux ? Tu peux faire taire la voix dans ma tĂȘte, connard ? Tu peux faire ça ? Tu peux me dire que tout ira bien, parce que tout est si bien allĂ© depuis tout ce temps ? Que si je me force, tout ira bien ? Que puisque je n'ai pas envie de pleurer je ne vais pas pleurer, puisque tout ceci ne rĂ©sulte en vrai que de ma propre personne, tout devrait bien se passer? Puisque tout dĂ©pend de ma seule volontĂ©, le fait de vouloir aller bien suffira ?
«Du calme, Léa» je l'entend parler, mais il n'est pas là . Je suis toute seule. Dans ma voiture.
Bien sûr, je vais me calmer. J'ai tourné le volant, me suis garé et maintenant je chiale. Des longes minutes, parce que je ne peux pas conduire, les larmes embuent ma vue et je pleure à nouveau longtemps. Je pleure et je stress et toi tu ne comprend toujours pas et je sais que tu ne peux pas le faire. C'est ok. Vraiment ; parce que je m'en fous que tu ne comprenne pas, je demande plus rien, je demande rien du tout. Surtout pas à toi.