Star Wars Day : en mai fais ce quâil te play
Tous les ans, les passionnĂ©s de Star Wars se donnent rendez-vous le 4 mai pour cĂ©lĂ©brer lâunivers de la trilogie. Comme Ă Lille, oĂč la cĂ©lĂ©bration gagne en popularitĂ© dâannĂ©e en annĂ©e.
« Jâai toujours prĂ©fĂ©rĂ© le cĂŽtĂ© obscur de la force parce quâil y a plus de libertĂ©. On peut faire ce quâon veut. Le cĂŽtĂ© lumineux est beaucoup trop droit pour moi ». Aymeric, 23 ans, fait balancer son sabre laser rouge entre ses mains. Dans ses cheveux, il a accrochĂ© des implants capillaires qui lui font une queue de cheval. Pour lâinstant, il porte un t-shirt reprĂ©sentant le cĂ©lĂšbre robot R2D2, mais plus tard il mettra le reste de son costume. « Il me faut plus dâune dizaine de minutes pour tout enfiler ». Il a choisi de ressembler Ă un Sith, les Jedi passĂ©s du cĂŽtĂ© obscur de la force dans lâunivers de la trilogie.
Aymeric est venu participer Ă lâĂ©vĂ©nement quâorganise, Ă Lille, le Dernier Bar avant la fin du Monde Ă lâoccasion du « Star Wars Day », la journĂ©e de cĂ©lĂ©bration de lâunivers de la sĂ©rie qui a lieu tous les ans le 4 Mai.  Ce bar « de geek », comme le dit Aymeric, organise, pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive, une journĂ©e entiĂšre dĂ©diĂ©e Ă lâunivers de la sĂ©rie. Tournoi de jeux vidĂ©o, quizz sur lâunivers de la Guerre des Ă©toiles et soirĂ©e costumĂ©e vont se succĂ©der. Le tout sera agrĂ©mentĂ© de muffins Chewbaccas et de marshmallows Stormtroopers ainsi que de cocktails aux noms aussi Ă©vocateurs que le Jedi Knight Ă base de Red Bull, ou le Sith avec de la vodka. Â
Une origine lointaine, trĂšs lointaineâŠ
Pourquoi le 4 Mai ? Lâexplication la plus courante est donnĂ©e par le site Wookipedia, une des encyclopĂ©dies en ligne consacrĂ©es Ă Star Wars. Le 4 Mai 1979, Ă lâoccasion de lâĂ©lection de la PremiĂšre ministre britannique Margaret Thatcher, le quotidien London Evening News aurait saluĂ© lâĂ©vĂ©nement en titrant « May the 4th be with you Maggie, congratulations ! », reprenant ainsi la cĂ©lĂšbre expression « May the force be with you » (« Que la force soit avec toi » en français).
« Avant il nây avait rien, cette date Ă©tait juste un truc de puristes, de passionnĂ©s de lâunivers Star Wars », raconte Adrien, 26 ans. « Aujourdâhui cela a totalement dĂ©collĂ©, notamment depuis la reprise de la licence par Disney ». DĂ©sormais, les parcs dâattractions de la marque cĂ©lĂšbrent cette journĂ©e et la plupart des marques associĂ©es Ă la saga organisent des opĂ©rations marketings, notamment dans les magasins de jouets.
Mais avant dâĂȘtre une fĂȘte commerciale, le Star Wars day câest avant tout  « le fait de pouvoir se retrouver dans un bar avec des gens qui partagent le mĂȘme univers que nous et de sâamuser tous ensemble » prĂ©vient Aymeric Ă celui qui  serait tentĂ© dây voir une simple fĂȘte marketing. « Cette journĂ©e câest dâabord une maniĂšre de se rĂ©unir avec des copains qui partagent la mĂȘme passion et de revoir les films, mĂȘme si on les connaĂźt par cĆur et quâon les a dĂ©jĂ vus 40 fois » confirme Laurent, le patron du bar, qui arbore un tee-shirt « Que la chope soit avec toi ».
Des souvenirs communs
Le Star Wars day câest aussi une maniĂšre dâĂ©voquer ses souvenirs communs, de sâĂ©vader en racontant comment on est rentrĂ© dans lâunivers crĂ©e par George Lucas. En tĂ©moigne la rapiditĂ© avec laquelle les fans Ă©voquent la premiĂšre fois quâils ont vu un des films de la saga. « Star Wars câest le premier film que je suis allĂ© voir au cinĂ©ma et ça mâa suivi toute ma vie. Lorsque jâai fait mes Ă©tudes en art du spectacle, jâai fait mon mĂ©moire sur lâunivers de la trilogie » raconte Samuel, 40 ans qui a prĂ©vu de se dĂ©guiser en seigneur sith, Dark Malgus. « Câest lâun des seuls personnages qui est chauve comme moi ».
« Moi câest ma mĂšre qui adorait les films et qui me les a fait dĂ©couvrir lorsque jâavais 5 ans. Je pense quâelle doit regretter maintenant vu lâimportance que cela a pris dans ma vie », explique Adrien. Il est sans doute celui qui est allĂ© le plus loin dans la volontĂ© de vivre sa passion. « Dans mon cas, on peut limite parler de folie ! » dit il en rigolant. A partir de lâĂąge de 10 ans, il a commencĂ© Ă collectionner tout ce qui se rapporte dâune maniĂšre ou dâune autre  à lâunivers de la saga. Finalement, alors quâil Ă©tait Ă©tudiant en menuiserie, il dĂ©cide de gagner de lâargent grĂące Ă sa passion en co-crĂ©ant une entreprise spĂ©cialisĂ©e dans la reproduction de tous les Ă©lĂ©ments de costumes ou de dĂ©cors prĂ©sents dans les films, Y&M Props. Aujourdâhui, il gagne sa vie en partie grĂące Ă cette activitĂ©. Le bar a fait appel Ă lui pour quâil prĂȘte une partie des Ă©lĂ©ments de sa collection pour les dĂ©cors de la soirĂ©e.
Peur dâĂȘtre dĂ©possĂ©dĂ© de lâunivers de la saga
Ce soir, il compte revĂȘtir son costume de Luke Skywalker. Adrien en possĂšde plusieurs. Il est membre dâun rassemblement de fans de la saga, la 59eme lĂ©gion. Les 13 membres de cette association ont chacun un costume attitrĂ© et le mettent Ă lâoccasion de salons et dâĂ©vĂšnements liĂ© Ă Star Wars. « Je voulais rentrer dans une association. Il y avait la 501eme lĂ©gion, qui est la plus grande et la plus prestigieuse au niveau mondiale. Mais en 2010 jâai entendu parler de la 59eme et jâai adhĂ©rĂ© un an plus tard ».  DerniĂšrement, il a participĂ© aux Geek Days Ă Lille et attend impatiemment la Star Wars Celebration qui aura lieu Ă Londres au mois de juillet.  « Câest la plus grande cĂ©rĂ©monie consacrĂ©e Ă Star Wars avec des dizaines de milliers de personnes ».
Aujourdâhui, Adrien nâa quâune seule crainte : que Disney qui a rachetĂ© la franchise Star Wars il y a 2 ans, ne fasse trop de films, trop de merchandising et ne finisse par dĂ©naturer la sĂ©rie. « Jâai trouvĂ© lâĂ©pisode 7 assez sympa. Il restait dans la continuitĂ© des deux prĂ©cĂ©dentes trilogies. Mais si les films se multiplient, la qualitĂ© risque de baisser » avoue-t-il. Autre souci pour lui : avec Disney la stratĂ©gie marketing a pris de lâimportance et les objets issus du merchandising se sont multipliĂ©s. « Il est impossible dâacheter tous ce qui est liĂ© Ă la saga. Lorsque je vais dans les salons jâessaye de rĂ©cupĂ©rer des trucs et parfois des gens me font des dons». Son rĂȘve Ă long terme reste cependant intact : ouvrir un musĂ©e lui permettant dâexposer sa collection dâobjets qui lui prend de plus en plus de place.
Texte et photos : Romain Ouertal




