Lettre ouverte à Laurence Rossignol
En France les enfants sont les moins protegés contre la violence au niveau législatif alors qu'ils sont non seulement les plus fragiles dans notre société mais aussi ce sont eux qui sont le plus souvent victimes de plusieurs types de violence.
Il y a dans ce pays des adultes qui ne savent pas comment éduquer un enfant de façon plus positive qu'en ayant recours à la violence. Sans elle certains sont perdus et ne savent pas comment s'y prendre. D’autres croient tout simplement bien faire.
Il serait souhaitable d'accompagner ces adultes vers une prise de conscience en leurs apprenant que les punitions comme la fessée sont nocives pour le développement du cerveau fragile de l'enfant et en leurs montrant que la vraie discipline ne passe pas par les châtiments corporels. Mais cela ne suffit pas. Une loi contre la violence prétendue éducative est aussi nécessaire même si ceux qui l'utilisent à l'encontre des enfants pourraient s'y opposer.
Car nous devons penser avant tout aux enfants et non pas aux adultes qui pourraient se sentir offensés par une telle loi. Aussi nous devons faire tout notre possible pour rompre le cercle vicieux de violence qui nous a été légué et qui continue à être transmis de génération en génération. Mais peut-être la volonté politique de ce gouvernement en la matière est-elle freinée par la crainte de diviser à nouveau les français sur une question qui touche à la famille. Une crainte plus forte, semble-t-il, que l’inquiétude pour les enfants victimes de violences.
Légiférer est cependant un pas indispensable vers un respect des droits de l’enfant en France afin d'établir sans équivoque ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Sans une clarté législative il est difficile de faire évoluer la mentalité des adultes qui s'occupent des enfants. Toute autre mesure risque alors d'être inefficace, comme par exemple la “réflexion collective” proposée par Laurence Rossignol, Secrétaire d'Etat chargée de la Famille, suite à la récente condamnation de la France par le Conseil de l'Europe.
Nous verrons bien si les parents et les éducateurs prendront au sérieux cette question, dans le cadre d'une “réflexion collective”, alors que même le gouvernement ne la considère pas suffisamment importante pour légiférer. Il est plus probable que Madame Rossignol aura laissé passer l'opportunité de faire quelque chose de vraiment important pour les enfants français.