Le joie de brunch*
Je cherche quelque chose à manger.
L'appli sur mon portable me dit qu'il y a un Carrefour pas loin. En route au Carrefour, je trouve un resto. Les prix sont chers (beaucoup plus chers qu'un Carrefour), mais pas trop mal. Je note que je n'ai pas vu ce resto sur mon appli, mais je ne suis pas étonnée parce que j'avais cherché les restos de € à €€, et ce resto-là est probablement un €€€. (Heureusement, ce n'est pas le plus cher. L'appli va jusqu'à €€€€.)
Je m'assieds.
Je ne suis jamais sûr quoi à faire. Est-ce qu'on s'installe n'apporte où sur la terrasse ? Est-qu'on doit attendre le maître d'hôtel ou le serveur pour les installer à l'intérieur ?
Je m'assieds dans un coin où il n'y a pas beaucoup de monde.
J'établis un contact visuel avec le serveur pour qu'il sache que j'attends la carte.
Il me demande quelque chose. Je ne comprends pas parce que nous sommes à côté de la rue et une voiture est en traine de passer.
— Pardon ? dis-je.
Il se répète en anglais.
Je ne comprends pas encore parce que nous sommes toujours à côté de la rue. (Voilà le problème de s'installer sur la terrasse.)
— Pardon ? J'ai pas compris, dis-je.
Il se répète encore, en anglais. C'est quelque chose à propos du chauffage.
— Ça marche, dis-je.
Il part et retourne avec deux cartes.
— Vous parlez français? dit-il.
— Oui.
Il me donne la carte en français.
La victoire ! Je l'ai convaincu que je parle français ! Maintenant, pour commander en français sans foirer les prononciations.
Je commande, le plat arrive, je commence à manger.
C'est vachement délicieux.
Je dois envoyer une photo du plat à ma sœur pour la rendre jalouse. Beuh, pourquoi n'ai-je pas pensé à prendre une photo avant commençant à manger ?
Je prends une photo. Comme je l'envoie à ma sœur (sous-titré avec quelque chose comme “treat yo'self”), le serveur arrive et il me prévient que le plat va être froid. J'ai mal compris, pensant qu'il me dit qu'il fait froid. Puuuutaaaaain.
Je dis quelque chose à propos de comment il fait froid, mais j'ai mon manteau. Il sourit et part.
Je me sens comme j'ai trop mangé quand il reste la moitié du plat. C'est délicieux, mais je ne peux pas manger plus.
Mais, de laisser la nourriture sur l'assiette, c'est de perdre la parfaitement bonne nourriture, et j'ai appris de ma famille d'accueil que ça c'est quelque chose que les Français simplement ne font pas.
Je demande une boîte dans laquelle de mettre ce qui reste de la nourriture. Je ne rentre pas directement chez moi, donc les restes ne vont pas dans le frigo si tôt, et bref, ils ne vont pas faire des bons restes.
— Une boîte ? dit le serveur.
— Une boîte, confirme-je.
Oui, je suis sûr que je connais le mot français pour « boîte ». Mais quand même je revérifie sur mon portable quand le serveur est parti.
Une boîte arrive pour ma nourriture et je paie l'addition.
Je quitte le resto et marche un peu avant trouvant une poubelle. Au moins comme ça j'ai épargné le resto l'offense de ne pas être capable de manger tout le repas.
J’espère.
*Cette historie est en fait un mélange entre deux experiences que j'ai eues aux restos. Le dialogue avec le serveur vient d'une expérience j'ai eue au resto près de l'Assemblée nationale. C'était un resto assez touristique (il y avait des menus en français et en anglais, et l'endroit n'était pas loin que quelques attrapes touristiques), mais aussi très français (j'ai eu l'impression que des personnes étaient des habituées). L'endroit et le repas dans l'histoire et le repas viennent d'un brunch j'ai eu au resto dans le Marais. J'utilise cette experience parce que j'ai pris une photo du repas ici, et j'en ai oublié au resto près de l'Assemblée nationale.








