Opération "Gardon" : Le Piège de Vevey
Début de l'histoire
06h17 - Le tuyau
Le téléphone crypté d’Alexia Hoffer vibra violemment. Un message de son indic le plus fiable, un type insaisissable qu'elle surnommait "Le Barbeau" à cause de sa propension à naviguer en eaux troubles.
« Cible ferrée. Parisod et La Sorcière sont dans le vieux hangar à sel, quai Maria-Belgia. Elles attendent une livraison à 08h00. Ne ratez pas l'amorce. »
Alexia sentit l'adrénaline chasser la fatigue. Elle composa immédiatement le numéro de Rémy Delorme.
- « Le Barbeau a mordu, Rémy. C’est pour ce matin. »
07h05 - Le Briefing de combat
Dans la salle de réunion, l'atmosphère était électrique. Sarah Da Silva, la lieutenante au regard d'acier, vérifiait déjà les plans des sorties de secours du bâtiment. À ses côtés, Elisa Giacometti, l'experte scientifique, préparait ses mallettes de prélèvement.
- « Si La Sorcière est là, on ne touche à rien sans gants polymères », prévint Elisa. « Je veux chaque résidu, chaque trace de leurs rituels. »
08h11 - L’assaut
Le convoi de véhicules banalisés se déploya dans un silence de mort.
Le Capitaine Georges Sommer, chef de l'unité d'élite du DARD, rejoignit Alexia et son équipe sur place.
- « Mes hommes sont prêts, Commissaire. On boucle le périmètre sur 200 mètres. Si elles sont dans ce hangar, elles n'en sortiront qu'en menottes. »
Sommer fit un signe de la main : ses hommes, vêtus de noir et lourdement armés, se glissèrent contre les parois de tôle rouillée. Alexia, Delorme et Da Silva suivaient en seconde ligne, le cœur battant.
- « Entrée Nord sécurisée », chuchota Sommer dans sa radio. « On percute à trois. Un… deux… TROIS !»
L'explosion de la grenade assourdissante déchira le calme de Vevey
08h15 - Le vide sidéral
Les policiers s’engouffrèrent dans le hangar. Sommer hurlait des ordres, mais la réponse ne fut que le silence des courants d'air. Pas de résistance. Pas de Sorcière. Pas d'Isabelle.
- « Rien ! » cria Da Silva, frustrée, en balayant la pièce de sa lampe.
Seul un écran d'ordinateur trônait au centre d'une table de chantier, branché à une batterie externe. Elisa Giacometti s'approcha, fronçant les sourcils derrière ses lunettes de protection.
- « Il y a une vidéo en attente… et une clé USB étiquetée "Pour Alexia". »
09h47 — La révélation
De retour au poste, l'équipe au complet - Hoffer, Delorme, Da Silva, Giacometti et Sommer - s'agglutina autour du moniteur. Elisa lança la lecture.
L’image apparut, stable et lumineuse. Isabelle Parisod apparaissait, d'une élégance insolente, un verre de blanc à la main. À côté d’elle, la Sorcière affichait un sourire carnassier, presque joyeux.
- « Bonjour Alexia. Bonjour à toute l'équipe », dit Isabelle d'une voix suave.
Elle marqua une pause avant de fixer l'objectif :
- « On espère que le Capitaine Sommer n'a pas trop abîmé la porte. Ce hangar appartient à une société écran que nous venons de racheter. »
La Sorcière s'approcha de la caméra, son visage occupant tout l'écran :
- « On a adoré voir vos mines déconfites en direct via les caméras de sécurité. Vous étiez si… sérieux. »
Elle éclata d’un rire qui résonna dans la pièce, avant qu’elles ne disent d’une seule voix :
- « Poisson d’avril ! »
09h52 - Le contrecoup
L’écran devint noir. Sommer jura entre ses dents tandis que Da Silva frappait du poing contre le mur. Delorme resta prostré, les yeux vides.
- « Le Barbeau… », murmura Alexia. « C’était elles. L'indic était le premier appât. »
Elle se redressa lentement, ajustant son manteau.
- « Vous ne souriez pas, Commissaire ? » demanda Giacometti, surprise par le calme de sa supérieure.
- « Non, Elisa. Parce qu’elles viennent de nous donner exactement ce qu’il nous manquait. »
- « Quoi donc ? » demanda Delorme.
- « Une preuve d'ego. Elles pensent nous avoir humiliés, mais elles ont utilisé un réseau privé pour transmettre cette vidéo. »
Alexia se tourna vers l'experte :
- « Elisa, analyse la métadonnée de ce fichier. Elles ont joué au chat et à la souris… mais elles ont oublié que le chat finit toujours par mémoriser l'odeur du nid. On les aura. »
Épilogue
Une heure plus tard, les téléphones de toute la cellule de crise reçurent simultanément une notification anonyme. Une photo floue montrait l'équipe du DARD défonçant la porte du hangar vide, vue de l'extérieur.
En légende : « Belle Chorégraphie. À l'année prochaine ? I.P et La Sorcière. »
Signé Isabelle Parisod et La Sorcière








