Besoin d’exister...
C'est con ça.
J'ai envie d'exister, d'exister pleinement. Tout le monde désire exister. Les thérianthropes aussi. Etre qui l'on est, vivre, se comporter ainsi, s'exprimer comme ça, être nous même...n'importe où, quant on le désire, quand on en a besoin, quand c'est juste notre nature d'être qui s'exprime. Cela en nous respectant et respectant les autres.
Nous sommes cet animal.
Comme disent les autres "Nous nous prenons pour des animaux". C'est stupide, n'est-ce pas ? Je suis même persuadée que 2-3 ont souri en lisant ça. Un sourire narquois, désolé ou dubitatif. Exister en tant que bestiole, aussi stupide que cela le parait, devrait être notre quotidien. Pas juste "agir comme un animal" mais "l'Etre". Pas "imiter une bestiole" juste se permettre d'être tel que l'on est. Oui. Pour vous expliquer en quelques mots, les thérianthropes s'identifient réellement et durablement en tant qu'animaux. Ils sont leur animal. Ce n'est pas une entité extérieur, c'est juste eux-même. C'est un fait, aussi débile que tu peux l'imaginer. Et non, nous ne cherchons pas à renifler le derrière des passants ou uriner à même le sol... Car être thérianthrope, c'est aussi être humain avant tout. Aujourd'hui, nous n'avons pas encore réellement d'études à ce sujet mais ce ressentis est là, présent, tout le temps. Que cela soit de nature psychologique, neurologique, du à de l’ésotérisme ou de la réincarnation, notre façon de vivre est là, réelle. On s'en fout du pourquoi et du comment. C'est là. Il n'est pas palpable ni "prouvable" mais il est en nous. Tout doux, tout chaud. Nous sommes honnêtes avec nous même. Se mentir et dire que l'on est un loup-tigre-dragon blanc aux yeux bleus qui tire des lasers n'est pas considéré comme thérian. Ce n'est pas du rôle play, un point c'est tout. L'animal qui nous définie représente notre comportement, nos attitudes mais surtout notre façon de nous percevoir, souvent depuis la petite enfance. Il y a autant de façon de vivre son animalité que d'être thérian. Ce n'est pas un choix, c'est là depuis toujours. On ne devient pas thérianthrope du jour au lendemain. Ce n'est pas une mode également. C'est ce que l'on est.
Est-ce bizarre ?
Très possiblement.
Est-ce Illégitime ?
Tant que cela reste réel pour nous même, cela nous suffit. Etre nous même nous procure du bien être, on est heureux et la vie est belle. Certains mentent peut-être, d'autres absolument pas. Vous n'êtes pas dans notre peau. Personne n'est dans la peau que quelqu'un d'autre. Personne ne peut affirmer "tu mens" ou "tu dis la vérité", c'est dans la tête, dans le cœur. Nous n'avons rien à justifier. Nous n'avons pas de moyens pour le prouver et nous n'avons aucune raison d'exagérer nos ressentis. Il faut juste nous croire et l'accepter. Rien de plus. Parfois, certains peuvent vouloir couiner, grogner, fêler pour exprimer un mal-être, ronronner de plaisir, glousser joyeusement, faire le dos rond lorsqu'ils ont peur, hérisser leurs poils, éviter le regard direct droit dans les yeux. D'autres non. Mais dans tout les cas, nous ne le faisons pas. Pourtant, il nous serait naturel de planter nos griffes et nos dents là où nous le pouvons, goûter à tout ou encore même taper du pied pour imiter le battement d'une queue invisible. Juste parce que cela est agréable et nous fait exister. Notre corps physique est bien là, notre identité nous donne la sensation d'être également cet animal non-humain. Rien de réellement biologique. Tout est en nous. Shift, dysphorie et membres fantômes -ou non-, c'est comme ça que certains fonctionnent, c'est tout cela qui peut nous procurer du bien. Etre nous même.
Etre l'animal.
Il est logique que nous n'ayons pas cette liberté d'exister pleinement. Par exemple, il y a la norme, la honte, la gène, le jugement de l'autre. Nous sommes pas encore prêt. Sur le web, nous passons déjà pour des dégénérés -triste monde-... Nous faire connaître au grand jour nous rendra juste encore plus ridicules aux yeux de l'humanité. Je ne peux que l'admettre. Ce n'est pas le bon moment. Encore aujourd'hui, j'ai pu lire des article -sur des blogs- moqueurs de personnes n'appréciant pas les individus alter-humains. "Cringe Otherkin" ou même "Anti-Kin". Surtout dû aux très nombreux fluffy-kikoo-dark qui restent parmi nous. Et aussi fou que cela puisse paraître, je suis -parfois- d'accord avec eux. Il n'est pas toujours évident de prendre un peu de recul et de voir autrement une situation. Je les comprend, malheureusement. Il ne suffit que de prendre des pincettes et de décortiquer tout ça. Car, après tout, nous n'existons même pas. Je n'existe pas. En réalité, l'identité thérian passe pour un simple jeu. Une identité que l'on présente comme un trophée. Cette sensation d'être unique ou intéressant. Donner une image fabuleuse de sois-même. Etre un lion végétal à pois verts. Etre un Tortank qui crache du feu. Vouloir que tout les projecteurs soient braqués sur soi. Etre un individu fantastique qui mérite tout l'attention ? Non. Tu ne l'es pas, tu n'es pas spécial. Tu n'as pas 976534567890 kintypes ultra stylés de ouf. Tu n'es pas tout les personnages de Harry Potter et toutes les déesses de la Grèce Antique à la fois. Ce sont ces jeunes (souvent nouveaux dans la communauté) qui parlent le plus fort et qui détériorent la vision que les gens ont de nous même. Suite à cela, nos ressentis étranges sont perçus comme illégitimes. Encore plus qu'avant...
Entre temps, ne pouvons pas nous permettre cette identification en tant un animal ou de faire tout ce que l'on ressens car nous ne sommes pas réels aux yeux de la société. Nous ne pouvons même pas partager notre quotidien et échanger sur la toile.
ATTENTION !
je ne dis pas que nous méritons une Pride, un drapeau qui nous soit propre ou même reconnaissance de l'état avec des remboursements pour "réassignation d'espèce". Absolument pas !
C'est juste que c'est si frustrant de ne jamais être pris au sérieux... Nous voulons exister sans être noyés par la haine et les incompréhensions. Nous voulons être animal, réellement, ne plus faire semblant. Nous devons faire semblant, sans cesse. Ceux qui brandissent leur animalité comme un don du ciel détruisent notre identité. Nous voulons juste être acceptés ainsi, peu importe l'avis de l'autre, car c'est ce que l'on est. Pas être connus du monde entier, surtout ne PAS passer à la télévision (encore moins sur "Tellement Vrai"), juste ne plus être -en permanence- stigmatisés et pointés du doigts. Les thérianthropes sont parfois comparés au "groupe social le plus moqué du web" (voir le journal en ligne "Le Monde"). Mais dans mon cœur, j'ai envie d'hurler du plus profond de mes entrailles "Je suis un animal, tolérez moi ainsi, je fonctionne comme ça", pas pour le prouver mais pour affirmer ce que je suis, que je suis bien là, vivante. Faire savoir que les personnes-animales existent réellement.
Tu existes réellement.
Souvent pour les neuroatypiques, parfois les autistes, la norme semble illogique. Combiné à l'alter-humanité, certains veulent donner des petits coups de nez, léchouilles et mordillements d'affection au même rang que les couples qui s'embrassent en publique devant tout le monde. Parfois, il est agréable de porter une fausse queue et de sentir son balancement contre ses jambes. Ces pulsions étranges de vouloir régurgiter sa nourriture ou allaiter ses petits (nous ne le faisons pas !) qui viennent nous chatouiller l'esprit. C'est beaucoup moins glorieux que de vouloir hurler à la lune ou de chasser en meute. Alors oui, quoi que l'on puisse dire, la dysphorie existe. Je suis dysphorique en permanence. Non, nos pouvoirs magiques ne nous manquent pas. Non, nos capacités incroyables et talents astraux ne nous manquent pas. Non, notre dysphorie n'est pas celle des individus transgenres et non-binaires. Il peut même être naturel de lécher ou de mordre ses vêtements pour atténuer le stress et de sentir cette odeurs humides qui nous rassure. Dégouttant, n'est-ce pas ? Mais c'est la réalité. Marre des tabous. Un chat est un chat. Shifter ne signifie pas toujours grogner ou montrer les crocs. Shifter peut être aussi dû à la peur, la queue entre les jambes, couinant stupidement. Une situation de joie où l'on bat des bras de manière absurde pour montrer son contentement et imiter l'envole d'un oiseau. C'est ainsi, la thérianthropie n'est pas un monde puissant et incroyable.
Nous sommes des animaux. Tout les humains sont des animaux.
Nous sommes des animaux non-humains en PLUS de notre humanité. Nous vivons une animalité similaire à celle de l'animal qui nous caractérise (bien entendu, nous sommes pas dans la tête de ces dits animaux). Nous sommes l'animal littéral mais avec une once de métaphore. Nous pouvons être l'animal tactile, vivant, minutieux, doux... Rêver de liberté et de sauvagerie romancée. Mais nous sommes aussi l'animal qui peut uriner, marquer les siens, renifler bruyamment. Tout n'est pas toujours super cool ou valorisant. Nous ne sommes pas ces êtres stéréotypés tel des loups protecteurs ou des hiboux qui sont sages. L'animalité est à prendre également au premier degré, pas juste les fantasmes.
Petite parenthèse : je ne dis pas par là que l'animal s'oppose à l'humanité : les animaux ont également une culture et sont bien plus "''humains"'' que ce que l'on ne l'imagine.
Bref, il est logique pour nous de ne pas se comporter de manière trop étrange dans la rue ou en publique. Nous savons nous maîtriser, comme tout le monde. Nous avons un cerveau humain et la capacité à raisonner aussi bien que n'importe qui. Foutre le bordel est aussi mal vu dans la communauté thérian que dans n'importe qu'elle autre communauté. La violence n'a aucun lien avec la thérianthropie et en aura jamais. Une personne violente est très mal perçue sur les groupes et forums de personnes-animaux !
Cela est inconcevable !
Etre animal, c'est aussi, parfois, ce sentiments d'être aliéné, dans une cages. Certains camarades, parfois Aspies ou épileptiques, ne supportent pas les sons et lumières trop puissantes, ni la foule. Parfois, notre sensibilité animale peut s'associer avec nos difficultés, nos neuroatypies ou maladies. C'est comme ça. Car il n'est pas normal de toujours devoir faire semblant de ne pas exister à cause d'une poignée de crétins. Et on s'en branle si c'est une maladie de merde, un truc qui cloche dans notre cerveau ou je ne sais encore quelle pathologie. Je veux exister, nous voulons exister. Exister car ce que nous vivons est réel. Ni un jeu, ni une phase. C'est notre identité. Je ne me compare pas DU TOUT à la communauté LGBT, je n'affirme pas que nos souffrances sont similaires ou valables. De même pour les individus qui vivent des neuroatypies, maladies ou encore du racisme au quotidien. Je ne nous met pas à la même échelle. Je ne veux VRAIMENT PAS une marche de fierté otherkin (et je ne suis pas désolée). Je veux tout simplement expliquer que notre étrange façon de nous considérer n'est ni une mauvaise blague, ni une moqueries vis-à-vis des oppressions systémiques. Je veux que notre animalité soit réellement comprise et étudiée, pas pour en faire un phénomène de mode -bien au contraire- mais montrer que nous ne vivons pas un délire d'adolescent. Nous voulons juste exister doucement, loin des railleries et des regards jugeurs des personnes qui ne comprennent pas notre identité... Et loin des posers qui détruisent et ternissent le regarde extérieur que l'on porte sur notre communauté...
Merci de m'avoir comprise.














