A Poetics of Participation for the Anthropocene
published in:
David Bollier; Silke Helfrich, eds. (2015): Patterns of Commoning. Amherst, MA: The
Commons Strategy Group/Off the Commons Books, p. 369-391.
http://patternsofcommoning.org
Toward a Poetics for the Anthropocene
Une nouvelle compréhension de l'Anthropocène qui est basée sur la transformation mutuelle avec la nature plutôt que sur le contrôle de la nature.
L'anthropocène semble froid : un monde exclusivement humain, sombre et égocentrique. L'animation est chaude : une façon de rester fidèle aux feux de forêt qui ont poussé l'humanité à célébrer ce monde. Bravo à Andreas Weber pour avoir osé nous montrer comment vivre en ces temps de peur.
Une nouvelle compréhension de l'Anthropocène qui est basée sur la transformation mutuelle avec la nature plutôt que sur le contrôle de la nature.
On nous a dit que nous vivons dans l'Anthropocène, une ère géologique façonnée par l'homme plutôt que par la nature. Dans Enlivenment, le philosophe allemand Andreas Weber présente une autre compréhension de notre relation avec la nature, en soutenant non pas que les humains contrôlent la nature mais que les humains et la nature existent dans un commun de transformation mutuelle. Il n'y a pas de dualisme nature-homme, affirme-t-il, car la dimension fondamentale de l'existence est partagée dans ce qu'il appelle "l'éveil". Toute subjectivité est intersubjectivité. Le moi est le moi à travers l'autre. Voir tous les êtres dans un ménage commun de matière, de désir et d'imagination, une économie de transformation métabolique et économique, est un "vivifiant". Cette perspective nous permet de dépasser la pensée du style des Lumières qui dépouille la réalité matérielle de toute subjectivité.
Pour franchir ce pas, soutient Weber, nous devons supplanter le concept de « techné » par celui de « poiesis » comme élément qui fait naître la réalité. Dans un monde non divisé en choses et en idées, en culture et en nature, la réalité naît de la création de relations et de transformations fertiles continues ; toute pensée en termes de relations se présente comme une poétique. Le moi est toujours une fonction du tout ; le tout est également une fonction de l'individu. Seule cette liberté intégrée permet à l'humanité de se réconcilier avec le monde naturel.