Les années passent et moi avec; Comme un train défilent les saisons. Un mois est pluvieux. Puis, il fait sec. Froid et chaleur changent de wagon.
Où m'arrêterai-je? Aucune idée. Le temps, sans tarder, poursuit sa route. À ma naissance, il jeta des dés, Tombant avec eux la nuit de doutes.
Et moi, je jette un regard fugace Sur des pissenlits soufflés ailleurs. À un vieillard je cède ma place, Sa tête blanche comme la leur.
Tous deux, sur les rails de l’existence, Nous rouillons à l’automne de l’âge. À l’arrivée, la correspondance Nous garderons au lieu des bagages.
Que l’Homme est seul! Ne l’attend au quai Que le sifflet d’un nouveau départ. Ne sont pas retournés les billets, Mais la locomotive à la gare.
Ne pouvant, hélas, figer le temps, Au passage à niveau je m’assois. À la croisée des chemins, un banc Accueillera mes sauts de la foi.
Que l’Homme est sans espoir! Dans l’impasse, L’on me met de côté au milieu. Je me retrouve en perdant ma place. Action ou vérité? Les deux.
Car portée à gauche comme à droite, Partout je coule avec le bitume. Dès qu’un vent de désirs me convoite, Je me crois marée, étant l’écume.
Avec le recul, je prends la main Qui, pas près du but, est prête au tir. Je ne veux rien, pas même le rien, Pourtant à l’air des cimes j’aspire.
Que l’Homme est sans égal! L’équilibre, Est-il la voie coupant mer et ciel? De l’approche d’un conducteur ivre Vient la lumière au bout du tunnel…
-Poésie: "Dans l’impasse", à lire dans "Genèse d'une femme" par Marine Mariposa, disponible gratuitement sur https://sites.google.com/view/papillondusublime/gen%C3%A8se-dune-femme -Image: "Le train dans la neige, La Locomotive", Claude Monet
















