"Quiconque se sert de données et connaissances d’ordre traditionnel puisées dans des textes anciens, et sans l’aide nécessaire d’un maître autorisé qui a reçu ces données et connaissances par transmission ininterrompue de leurs dépositaires légitimes, aura l’occasion, sans le savoir, de manipuler des puissances ou entités dont il ne connaît pas réellement la portée. Et le résultat sera que celles-ci, désormais détachées d’une réalité supérieure – la réalité métaphysique – déchaîneront leurs virtualités dans un sens destructeur par rapport aux facultés propres à l’état humain, les affaiblissant d’abord, avant de les mutiler irréversiblement dans un deuxième temps. Ce processus est inévitable, et toutes les traditions en confirment d’ailleurs l’idée, elles qui insistent sur le choix d’un vrai maître, et qui voient dans l’absence de celui-ci une anomalie porteuse de désastres inéluctables pour l’intériorité de celui qui s’aventure sur ce terrain […] On connaît par exemple de nombreux cas où certains "apprentis-sorciers" ont subi de graves lésions de la faculté rationnelle, quand ils n’ont pas été hospitalisés d’urgence en psychiatrie ; il arrive cependant que le caractère pernicieux des "expériences magiques" s’exprime sous des formes moins évidentes et se limite parfois à une pure et simple "fermeture vers le haut", à une impossibilité subséquente non seulement de puiser à des sphères supérieures, mais aussi de soupçonner qu’il existe quelque chose qui transcende lesdites expériences."
G.M., « Guénon, De Giorgio et la "réorientation" de Julius Evola », 1987.












