Le pouvoir est brutalement mis à nu dans ce moment de dépense collective d’une puissance rare qui a d’ores et déjà provoqué une convergence en soi sidérante, allant de la gauche radicale aux extrêmes droites, du comité Adama aux grands lycées de province. Il y a du sacrifice dans l’air – le sacrifice de l’orgueil présidentiel. Soutenus par une majorité de Français, si l’on en croit les sondages, les « gilets jaunes » réclament désormais la mortification publique d’un président qui s’est cru jupitérien [...]. On peut craindre que ce mouvement, là encore à l’image de mai 68, soit avant tout, à son insu, un accélérateur capable d’épouser intuitivement un air du temps dont le moins que l’on puisse dire est qu’il dégage des relents fétides. Ce qui est plus qu’inquiétant, et invite avant tout à ouvrir, au-delà du champ de ruines qu’est le monde politique contemporain, une réflexion véritable sur l’impérieuse nécessité de ré-insuffler de la spiritualité dans un système de représentations collectives plus anxiogène que jamais. Le seul espace qui puisse s’y prêter est celui de l’art et de la poésie
Bertrand Leclair, “L’ordre, le retour”, AOC-media, 06.12.18













