"Sans prendre les ménagements qu’un courtisan aurait jugés naturels, même à l’égard d’un souverain déchu de sa puissance, il reproche à Louis XVI la coupable indulgence qu’il eut toujours pour sa "chère noblesse" : "Aujourd’hui, les aristocrates prononcés ne sont bons à rien pour s’être trompés sur tout ; ceux qui sont restés passent leur vie à Paris autour de trois mille tapis verts, et se consolent par la perte de leurs écus de celle de leur existence. […] En tout, la corruption a des effets plus cruels que la barbarie. Les aristocrates ont succombé sous les démocrates pour la raison qui fit tomber les Gaulois et les Romains sous les fondateurs de la monarchie. Règle générale : toutes les fois qu’on est mieux chez soi que dans la rue, on doit être battu par ceux qui sont mieux dans la rue que chez eux. C’est le principe des révolutions et même des conquêtes." On a peine à croire qu’un texte d’une telle violence ait pu être adressé au roi, mais Rivarol n’avait nulle raison de craindre la cour, à laquelle il n’avait jamais été attaché et qui avait provoqué, par ses erreurs, les malheurs dont souffrait la France."
Arnaud Odier, « Rivarol, "le Tacite de la Révolution" », in Renaud Escande (dir.), Le livre noir de la Révolution française, 2009.

















