Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil, et de plus noble que la vanité, c'est la modestie, et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité.
- Antoine de Rivarol
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Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil, et de plus noble que la vanité, c'est la modestie, et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité.
- Antoine de Rivarol
… et le courage la condition du surpassement de l'inhibition.
Du rap à Netflix, l’américanisation de nos mentalités européennes est-elle pour vous irrémédiable ?
Cela dépend à quel âge. Le goût bien formé s’acquiert par l’éducation, il exige du temps, un apprentissage par essais et par erreurs. L’intuition, elle, est innée, elle nous aide à trouver notre vocation, à identifier nos « dégoûts très sûrs ». Hollywood et Wall Street flattent nos penchants faciles, cette fausse Amérique est une fabrique de snobisme, elle excite la volonté mondaine de se démarquer, de se montrer, de se faire valoir. Snobisme de mauvais goût comme vous le savez, mais relayé, célébré partout... Vaincre le snobisme suppose d’intimider les snobs, de leur faire honte avec plus fonctionnel, plus raffiné, plus charmant, en somme de les rendre ringard, de démoder la mode elle-même. C’est facile sur le long terme car le snobisme vieillit mal, mais le ridiculiser lorsqu’il est jeune et insolent, immédiatement, est une prouesse plus élevée. Regardez le rap de 2002 avec le XXL velours, les slips sur la tête, le style Fifty Cent et les autres... On croit rêver. Comment de tels déguisements ont-ils pu faire la loi ? Les modes s’évanouissent, le classicisme seul sort vainqueur de l’épreuve du temps. Il existe un classicisme du vêtement de sport, de la musique électronique, de l’immeuble d’habitation, de tout. C’est non pas une forme intemporelle mais l’esprit intemporel de la forme la plus adéquate à une séquence de long terme donnée, forme à laquelle on ne peut alors plus rien ajouter ni retrancher. Élie Faure, Pierre Fournier, Hédi Slimane et d’autres vous en diront plus !
Observateur de la vie à travers son expression quotidienne et urbaine, en quoi la « rue » a-t-elle changé en 30 ans ?
Un mot : féminisation, un livre : Vers la féminisation. Les filles, même voilées, sont féministes. « Le féminisme n’est pas une idéologie mais une ontologie » (Félix Niesche). Les racailles qui avaient le crâne rasé ont les cheveux longs et le visage épilé, ils foncent au sucre comme des odalisques de harem (Capri Sun, Nutella, Red Bull, Mc Flurry, etc), et aux nourritures néfastes à la virilité. Les jeunes vivent enfermés dans un triptique écrans/sucre/drogue, soit immobilité/calories sans emploi/sensations sans effort. Mais la « muscu » sous « protéine » est probablement l’écueil symétrique : le bip de portique, la salle climatisée, les écouteurs pour couvrir le tam-tam sur haut-parleurs, le bilan comptable protéines absorbées contre calories dépensées, le « programme » sur des « machines », le narcissisme du corps à « acquérir » qu’il faut ensuite « vendre » sur un marché type Tinder (et qui mène à l’homosexualité), ce sont des idées assez curieuses.
La rue n’a plus sa « street credibility ». Que peut bien signifier une notion comme l’underground aujourd’hui ? Les bandes qui traînent par désœuvrement en cherchant « s’il y a moyen de gratter » sont crédibles jusqu’aux années 1990 mais guère plus loin, pour des raisons technologiques. Un « mec de rue » smartphone en poche avec 30 applications dessus sera éventuellement un singe connecté à un robot central mais certainement pas un prolétaire qui a faim ni un bonhomme. Toute cette connectivité fébrile pue l’angoisse du face-à-face solitaire avec la vie. « Rue », cela évoque la vieille pierre, les intempéries, la débrouille virile. La rue est devenue l’antichambre de la clinique esthétique. C’est un paddock pour hommes qui attendent que l’on mise sur eux en attendant de délivrer une performance entièrement domestiquée. Dans la métaphore de la comédie humaine comprise comme un hippodrome, qui sont les maquignons ?
La grandeur d'un homme est comme sa réputation ; elle vit et respire sur les lèvres d'autrui. Citation de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol 1836
The greatness of a man is like his reputation; she lives and breathes on the lips of others. Quote from Rivarol; Unpublished thoughts of Rivarol 1836
January 5 2021
C’est un terrible avantage de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser». RIVAROL
The wealthy and the men of education considered noble rank to be intolerable, most of them found it so intolerable that they ended up by buying it; but then they began to undergo a new form of torture; they were anoblis, men of noble rank, but they were not gentils-hommes; for the kings of France, when they sold titles, never thought of selling the time which parvenus always lack…. The kings of France cured their subjects of humble birth in the same sort of way that they cured them of the King’s Itch, on condition that the signs remained.
Antoine de Rivarol (1753-1801), on social climbing under the ancien régime. The Enlightenment: An evaluation of its assumptions attitudes and values, Norman Hampson, p.70
The most civilised people are as near to barbarism as the most polished steel is to rust. Nations, like metals, have only a superficial brilliancy.
- Antoine Rivarol (1753-1801)
Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil, et de plus noble que la vanité, c'est la modestie, et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité.
- Antoine de Rivarol
"Sans prendre les ménagements qu’un courtisan aurait jugés naturels, même à l’égard d’un souverain déchu de sa puissance, il reproche à Louis XVI la coupable indulgence qu’il eut toujours pour sa "chère noblesse" : "Aujourd’hui, les aristocrates prononcés ne sont bons à rien pour s’être trompés sur tout ; ceux qui sont restés passent leur vie à Paris autour de trois mille tapis verts, et se consolent par la perte de leurs écus de celle de leur existence. […] En tout, la corruption a des effets plus cruels que la barbarie. Les aristocrates ont succombé sous les démocrates pour la raison qui fit tomber les Gaulois et les Romains sous les fondateurs de la monarchie. Règle générale : toutes les fois qu’on est mieux chez soi que dans la rue, on doit être battu par ceux qui sont mieux dans la rue que chez eux. C’est le principe des révolutions et même des conquêtes." On a peine à croire qu’un texte d’une telle violence ait pu être adressé au roi, mais Rivarol n’avait nulle raison de craindre la cour, à laquelle il n’avait jamais été attaché et qui avait provoqué, par ses erreurs, les malheurs dont souffrait la France."
Arnaud Odier, « Rivarol, "le Tacite de la Révolution" », in Renaud Escande (dir.), Le livre noir de la Révolution française, 2009.