Il ne fallait pas être devin pour le prévoir tant cela crevait les yeux. La série de tweets de l'Ambassade de Chine en France, des ambassades de Chine dans le monde, enfonce le clou comme nous savions qu'il allait être enfoncé. "Nous sommes déçus par l'incurie des pays occidentaux, leur incapacité à lutter contre l'épidémie comme les pays d'Asie l'ont fait. En Asie, des démocraties bourgeoises comme la Corée du Sud, le Japon, une province chinoise comme Taiwan ont su réagir et limiter le mal. Mais ils ne comptent que quelques dizaines ou centaines de millions d'habitant. La République de Chine a eu à faire face à un défi plus considérable, avec ses presque un milliard et demi d'habitant. Elle y est parvenu, grâce au civisme de ses habitants, à leur discipline, à l'excellence de son système et de son organisation, à son souci de ses habitants. Avec son individualisme et son incapacité à mettre le bien commun au premier plan, l'occident a failli, il a trahi la confiance de ses populations. Pour se défendre, il parle de dictature, mais le Japon, la Corée du sud en sont-ils ?"
Offensive frontale, directe, sans doute efficace. Oh, il se peut que la Chine ait sous-estimé ses pertes, elle a tardé à se mobiliser, il n'empêche. Il existe deux circonstances ou l'individualisme et la sensibilité libertaire ont du mal à rivaliser avec la discipline et le sens de l'autorité, ce sont les conflits militaires (le poids des partis et réflexes anarchistes n'ont pas facilité la lutte des républicains espagnols contre les armées franquistes)..et les épidémies. Le défi qui attend les démocraties occidentales sera notamment de démontrer que la liberté individuelle est compatible avec la mobilisation, l'unité et le sens de l'organisation. Même dans ce cas, elles auront perdu des plumes.