Conversation between friends (Complete)
Résumé : Alors que l'après-midi touche à sa fin, Leïla décide d'aller chercher sa colocataire à la sortie de son travail. Pearl et Leïla discute alors des nouveaux changements dans leur vie sur le chemin retour à la NAYDA
Nous étions mercredi après midi, et c’était l’un des rares jours ou Leïla s’accordait un peu de temps libre. Elle n’avait jamais cours le mercredi pour ce semestre là, et allait en profiter. Après avoir déjeuner avec Gab à l’école, Leïla avait attrapé Les liaisons dangereuses et avait prit la direction du parc Wilkins
Elle devait profiter au maximum car bientôt les journées deviendraient trop sombres et froides pour pouvoir profiter du calme et de la paix de ce parc. Elle n’avait pas lu Laclos depuis un moment et l’envie lui avait repris. L’arrivée de Naomi à New-York y était sans doute pour beaucoup.
Après une bonne heure et demi de lecture, Leïla referma son livre en regardant l’heure. Pearl terminait son travail dans une heure, et elle décida qu’elle allait cueillir sa coloc’ au sortir du bureau. Elle rangea son livre sans son sac et mis ses écouteurs sur ses oreilles.
Quand elle marchait dans la rue, une musique dans les oreilles, Leïla se retenait difficilement de ne pas danser dans la rue, mais parfois elle ne pouvait se contrôler et son corps bougeait presque tout seul. Certains la dévisageait alors consternés, tandis que certains l’applaudissaient en riant. La beauté de New-York.
Avant de rejoindre Pearl, Leïla passa au Starbuck, une de leur tradition, et elle leur prit deux mocha, comme d’habitude, avec un cookie chacune. Bien qu’elles étaient colocataire, les deux jeunes femmes avaient du mal à se voir autre que le soir en se couchant, chacune voguant à ses activités scolaires ou amoureuse. Et Leïla voulait réparer ça.
Elle arriva devant le bureau un peu en avance et décida de profiter encore un peu du soleil. Elle s’assit en tailleur devant les grandes portes en verres de l’immeuble ou le bureau de secrétaire de Pearl se trouvait.
Elle n’eut pas le temps de rouvrir son livre qu’une main tapota sur son épaule, en relevant la tête, elle reconnu Pearl à qui elle adressa un sourire
- Surprise Business Woman ! Un mocha et une balade, ça te dit ?
Les horaires de travail de Pearl, en période scolaire, étaient plutôt confortables. Trois après midi par semaine, selon les jours où son emploi du temps le permettait et tout le samedi. Elle finissait vers 19h en règle générale, et c’était bien assez. Le temps filait à une vitesse effrayante dans ce bâtiment, tellement elle avait de tâches en tout genre à accomplir. C’était un peu oppressant, ce sentiment de ne pas voir la vie passer.
En ce beau mercredi, Pearl ne s’était pas faite prier pour embarquer vite ses affaires et filer sans attendre, avant qu’on ne lui donne une besogne de dernière minute. Elle eut le bonheur de trouver Leïla, son adorable coloc et amie depuis 3 ans maintenant, qui l’attendait à la sortie. Et le sourire de la jeune fille s’agrandit lorsqu’elle constata que Leïla n’avait pas oublier les boissons chaudes et les cookies.
Elles se saluèrent avec affection et son amie lui tendit sa collation et sa douceur. C’est en les saisissant avec les yeux pétillants que Pearl prit la parole à son tour.
- Tu parles que ça me dit ! Je pouvais pas rêver mieux en sortant du boulot. Lady gaga rapplique demain. C’est la fin du monde à l’intérieur- dit-elle en désignant le studio de la tête - j’en pouvais plus. Heureusement que je bosse pas demain.
Elles commencèrent à marcher doucement en direction de leur campus. Les moments qu’elles avaient pour elles étaient rares. Malgré le fait qu’elles soient dans la même chambre. Alors quand ça arrivait, l’une et l’autre en profitaient à fond.
- J’ai besoin de penser à autre chose… Alors, le prof de piano n’a pas trop reluqué tes seins aujourd’hui ? Parce qu’il se dit que ta poitrine est sa deuxième passion.
Leïla la regarda en secouant la tête, l’air amusé, devant la spontanéité et enthousiasme de son amie.
- On peut parler d’autre chose hein. De ce que tu veux sauf de contrats, de coups de téléphone en tout genre ou de Lady Gaga.
C’était si agréable de retrouver Pearl pour une soirée entre fille. La jeune fille et elle avaient assez rapidement accroché et la colocation se passait très bien. En apprenant à se connaitre, elles avaient appris à s’apprécier aussi, et Leïla était heureuse finalement de ne pas avoir eu une chambre simple.
- Ils deviennent tous Gaga ? Elle laissa un silence de pitié s’installer quelques secondes avant d’exploser de rire , ok j’avoue c’était nul. Mais comment t’as fait pour sortir des griffes de Cruella si l’apocalypse a commencé ?
Cruella était la supérieure de Pearl, pas le big boss, juste quelques degrés au dessus de Pearl, et donc l’impression de pouvoir diriger tout le monde à la baguette, même si pour cela il fallait traiter les gens comme des chiens.
- Mais d’accord, parlons d’autre chose plutôt. Je veux tout savoir sur ce Aiden dont Gossip Nyada aime bien cracher son venin. Enfin venin… est ce que cette fille ou chose, pour ce que j’en sais, sait parler d’autre chose que de la vie privée des autres à ton avis ?
Elle apporta son mocha a ses lèvres et croqua un bout de son cookie avant de reprendre. Mais elle devait essayer de se calmer avant, être aussi énervée contre du vent était une perte de temps.
- D’ailleurs madame, peut-on savoir pourquoi je ne suis pas au courant avant elle hein ? Je savais que vous fricotiez un petit peu mais de là à ce que GN parle de trempe biscuit.
Ah Leïla et ses blagues nulles dites avec tellement d’innocence qu’elles faisaient rire quand même.
- Tu vois Leïla c’est ça le truc. Une fille comme toi peut sortir la blague la plus nulle du monde, ce sera toujours scandaleusement mignon. C’est pas juste.
Elle sirota son mocha avant de reprendre.
- Et puis en ce qui concerne Cruella, cette saleté de vieille peau emmerdeuse peut bien aller se faire foutre. Je suis pas payée des masses pour tout le travail que je fournis. Alors quand c’est l’heure de partir, je me fais pas prier. Et puis je la connais trop bien maintenant. J’arrive toujours à me débrouiller pour me barrer sans qu’elle puisse m’en empêcher - Elle se mit à rire à gorge déployée - et je sais à quel point ça la fait chier.
Elle considéra un moment le sujet “Aiden”. Il était vrai que, du fait que leur histoire avait débuté en été, la plupart des amis de Pearl n’en savaient finalement pas grand chose. Mais Leïla avait quand même reçu quelques textos durant le mois d’Août, de Pearl qui lui avait raconté son rapprochement avec l’étudiant de 3ème année.
- Non mais de quoi elle se mêle cette connasse sérieux ? Qu’est-ce que ça peut lui foutre de savoir si oui ou non, j’ai couché avec Aiden ? Encore une qui doit être mal baisé tien.
Leïla et elle se mirent à rire ensemble. Elles adoraient casser du sucre sur le dos de Gossip NYADA. C’était une façon comme une autre d’extérioriser la haine dont l’auteur inconnu du blog faisait l’objet.
- Plus sérieusement, on en n’est pas encore là avec Aiden. On a encore un peu de chemin à faire je pense. Mais c’est vraiment un garçon génial.
Que pouvait-elle dire de plus ? Son secret n’était connu que de Jessie, et elle ne s’était jamais sentie d’en parler à qui que ce soit d’autre. Elle n’avait pas eu à mentir en parlant d’Aiden à son amie. C’était déjà ça.
- Et toi ? Tu m’avais pas dit que t’avais revu Naomi.
Le visage de Leïla s’assombrit quelque peu.
- Aïe ! Gab t’en a parlé ?
Leïla se mit à rire à la réflexion de Pearl et balança ses cheveux en arrière dans un geste exagéré de Diva.
- Oui je sais, je suis au top de ma mignonneté. Mais attention à la diablesse qui dort.
Elle rassembla ensuite ses doigts et les tapota les uns contre les autres en produisant un rire maléfique qui fit exploser de rire Pearl.
- Un jour, il faudra rendre la monnaie de sa pièce à cette vieille, répondit la jeune femme au discours qu’avait tenu Pearl au sujet de Cruella,Je suis sûre qu’elle a une voiture bien chère qui mériterait un petit cadeau de notre part, à l’occasion.
Leïla sourit sadiquement avant d’approcher son gobelet de ses lèvres. Elle n’avait jamais aimé les tyrans, et l’avait toujours cruellement montré. Un jour au lycée, elle avait écopée d’une semaine d’exclusion car elle avait recouvert la maison de Greenberg, prof tant aimé de math, à l’aide de papier toilettes et cocktail farine-oeuf fait maison.
- Aaah les frustrées de la vie ! Des vraies épines dans nos pieds. Malheureusement, je pense que GN risque de rester un moment dans les parages. Ma tentative de démasquage en première année s’ayant soldé par un merveilleux échec, je n’ai pas retenté depuis. Mon ego en souffre encore.
C’était peine perdue que de se battre contre un adversaire invisible. Si Gossip Nyada aimait se cacher derrière un écran, très bien, Leïla ferait en sorte de toujours être fière des actes que cette mégère publierait.
- Concernant Aiden, je trouve que tu as raison d ‘attendre. Rien n’est plus important qu’une première fois. Précipité les choses ne servirait à rien. En tout cas, je suis contente de voir que ça prend petit à petit forme.
Elle bouscula gentiment Pearl de l’épaule en avalant son dernier morceau de cookie. Les deux jeunes femmes n’avaient jamais eu aucun problèmes à se confier leurs histoires de cœur et - pardonnez la vulgarité- de cul. Bien que Leïla demeurait toujours un peu plus réticente à l’idée de parler d’elle.
Et quand Pearl aborda le sujet de Naomi, Leïla n’était pas sur de vouloir en parler. Elle se disputait tellement à cause de Naomi, avec Gab, mais aussi avec son père qui l’avait appelé pour lui dire que la réapparition de la jeune femme ne lui plaisait pas du tout.
Mais Pearl était son amie, elle ne jugerai pas. Leïla se lança alors.
- Il n’a jamais pu la blairer, soupira-t-elle, et c’est pas faute d’avoir essayé de les rassembler lors de soirée. Rien à faire, Gabriel est pire qu’une mule, et Naomi fait toujours tout pour l’énerver encore plus. Elle m’a recontacté il y a pas longtemps, c’est pour ça que je ne t’ai rien dit. Mais j’adore cette fille, et même si nos soirées sont assez mouvements, je me sens vivante, loin des pressions ou des problèmes tu vois ? J’aimerai que Gab comprenne ça.
Pearl écoutait Leïla avec attention. Elles marchaient lentement pour faire durer ce moment entre copines. Et puis, le sérieux avait fini par gagner leur conversation.
- Gossip NYADA doit susciter des envies de meurtre chez tous les étudiants de l’école. Crois moi, elle sait qu’elle a tout intérêt à ne pas être découverte. Et elle met tout en œuvre pour que ça n’arrive jamais. Faut pas avoir de doute là dessus. On se fait pigeonner sans pouvoir rien faire… Comme beaucoup avant nous. Qu’est-ce que ça peut être frustrant !
Dit-elle en donnant un coup de pied dans un caillou qui se trouvait sur son chemin. La 3ème année, mordit dans sont cookie, prenant le temps de considérer les paroles de son amie.
- J’ai jamais vu cette fille, mais de ce que tu m’en as dit, je sais que tu t’es souvent retrouvé dans la merde avec elle.
Leïla commença à la fusiller du regard.
- Écoute Laya, je suis pas en train de dire que c’est elle la responsable. Mais si je me mets à la place de Gab, je peux comprendre qu’il puisse pas la blairer. Tu es l’un des trésors les plus précieux de sa vie. Et cette fille te met en danger d’une certaine manière. Alors la réaction surprotectrice de Gab est normale. Même si tu la comprends pas et que tu la trouves exagérée… Tu vois ce que je veux dire ? C’est encore une superbe preuve d’amour de sa part. Les preuves d’amour des fois ça fait chier. Mais dans le fond on est bien content qu’il y en ait. Maintenant je conçois parfaitement qu’on puisse avoir envie de lâcher prise. Et Naomi semble être la comparse idéale pour ça.
Pearl ne souhaitait pas s’étendre d’avantage sur le sujet Aiden. Comme elle développait pour lui une affection nouvelle et particulière, elle voulait la protéger un maximum. Et donc en parler un minimum.
- Et oui, pour Aiden, je trouve ça très bien qu’on y aille en douceur. Ça prouve qu’on tient l’un à l’autre et ça me suffit pour avoir confiance.
Leïla ne reprit pas la parole tout de suite. Une certaine mélancolie avait pris possession de ses traits et Pearl s’arrêta de marcher.
- Laya. Je sais que je te donne l’impression de soutenir Gab plus que toi dans l’histoire. Mais je te jure que j’essaie juste d’être objective. De voir les choses de ton point de vue et du sien. Tu préfèrerais que je te mente et que je te dise que tu as raison ?
Elle parlait avec douceur. Il n’y avait aucun reproche dans sa voix. Mais elle sentait bien que la tension était palpable ses derniers temps, entre Leïla et son petit-ami. Pearl voulait simplement que la jeune fille comprenne qu’elle pouvait compter sur elle pour en parler. Savoir que quelqu’un était capable de voir le problème dans son ensemble pour mieux l’aider à le résoudre.
- Arrêtons de parler d’elle tu veux bien. Je trouve qu’on en entend déjà trop parlé pour ce qu’elle mérite. Si en plus de ça, on essaye encore de lui accorder de l’importance, rien ne va plus. Mais si ça se trouve, cette conversation sera retranscrite sur son torchon de blog.
Elle poussa un soupir de frustration en mélangeant doucement son gobelet, plus par habitude que par nécessité. Cette petite promenade était revigorante, Pearl était l’une des rares amies qu’elle avait réussi à se faire à NYADA, et elle était contente de la complicité des deux jeunes femmes. Même si elles abordaient parfois des sujets qui pouvaient fâchés.
- Je comprend qu’il veuille me protéger, bien sur que oui. Mais il en fait trop Pearl, finit-elle par lui répondre, il est inquiet pour moi et je suis désolée qu’il ressente ça, mais je suis une grande fille, et je n’ai pas besoin d’un second père. J’aimerai qu’il me fasse assez confiance pour oublier qu’il n’a pas confiance en Naomi.
Elle s’arrêta un moment et regarda le ciel, tiraillé par ses points de vues différents, tentant de mettre tout le monde d’accord.
- Naomi est importante pour moi, continua-t-elle, je… je veux pas avoir à choisir entre les deux, tu comprends. Et merci d’être honnête, je n’en attends pas moins de toi. Je veux juste profiter de mes 20 ans pendant qu’il en est encore temps.
Pearl se rendait peu à peu compte qu’elle avait mis le doigt sur un sujet sensible. La question Naomi était encore loin d’être réglée pour le couple. Et voir Leïla un peu perdue et fatiguée de la situation l’attristait. Elle qui respirait la joie de vivre. C’était dur de la voir dans ce genre d’état de questionnement désagréable et de confusion.
Pearl commençait à cerner Gabriel, depuis le temps qu’elle le côtoyait. L’affection qu’il avait pour sa petite-amie était profonde et sans limite. Leïla avait-elle seulement conscience de l’infinie tendresse avec laquelle il la regardait quand elle riait, parlait, chantait, jouait de la guitare ? S’il lui arrivait quelque chose, ça le rendrait malade. Il était comme ça. Surprotecteur sans doute. Mais il avait tellement conscience des petits plaisir qu’offrait la vie. De tous les cadeaux qu’elle lui faisait, qu’il les protégeait et les chérissait autant qu’il était humainement possible de le faire.
Elle comprenait ce que Leïla ressentait. Avoir un petit-ami si prévenant, qui avait constamment peur qu’il arrive quelque chose, pouvait sans doute avoir quelque chose d’étouffant pour la fille libre qu’elle était.
“J’aimerai qu’il me fasse assez confiance pour oublier qu’il n’a pas confiance en Naomi.”
Il était là le vrai problème. Gabriel devait apprendre à lâcher du lest et à prendre un peu sur lui. Depuis le temps qu’il connaissait Naomi et qu’il savait qu’elle était importante pour sa bien aimée. C’était une concession qu’il n’était, certes, pas encore prêt à faire, mais Pearl savait que s’il voulait préserver son couple et renforcer la confiance qui l’unissait à Leïla, il fallait qu’il lâche un peu prise.
- Je comprends ma belle. Crois moi je comprends. Je connais pas Naomi. Je ne peux pas juger. Et puis t’es une grande fille. Tu sais ce que tu fais. Mais je pense que tu devrais changer d’angle de vue avec Gab.
Leïla manifesta sa non compréhension.
- Au lieu d’imposer Naomi et de lui dire que tu continueras de la voir que ça lui plaise ou non. Tranquillise le. Oui tu sais qu’il ne l’aime pas. Oui tu comprends son point de vue. Oui il t’aime et ne veut que ton bien. Mais tu l’aimes toi aussi. Toi aussi tu ne feras rien qui puisse le faire souffrir. Et ce sera toujours le cas. Même quand tu sors avec Naomi. Il doit accepter que t’aies envie de t’amuser de temps en temps. Et te faire suffisamment confiance pour ne pas se focaliser sur ton amie. Il faut que vous réussissiez à trouver le juste milieux tous les deux.
Pearl prit une longue gorgée de son mocha avant de poursuivre.
- Après je sais que je suis pas la mieux placée pour donner des conseils. Ma relation la plus longue avec un mec, je suis en train de la vivre en ce moment même. Mais je pense vraiment que je suis pas trop dans le faux dans tout ce que je te dis. T’en penses quoi ?
Leïla voulait dire à Pearl qu’elle se trompait sur toute a ligne et avoir plus de solidarité féminine de sa part. Mais elle devait reconnaître que la jeune femme marquait des points. Elle comprenait ce qu’elle disait, et Leïla, pour avoir vécu si longtemps auprès de Gab, savait aussi ce que ressentait Gab, et comprenait ses actes.
Il l’aimait, et elle remerciait Dieu tout les jours pour la chance d’être aimé par un garçon si merveilleux, elle voulait juste qu’il la protège un moins, tout en l’aimant autant. Mais demander ça, c’était comme lui demander de ne pas vouloir l’aider, comme lui demander d’être une autre personne.
Et même si son amoureux pouvait être exaspérant au possible quand il était inquiet, Leïla ne pouvait s’empêcher de le trouver mignon dans ses moments là. Ah l’amour, il pouvait vous faire relativiser bien des choses.
Elle poussa un profond soupir, plus par abnégation que par frustration.
- Je vais essayer, j’essayerai toujours tu sais, répondit-elle a son amie, c’est juste que ses disputes à propos de Naomi ne devrait pas être habituelle… Je comprend ce qu’il ressent, vraiment, et j’essaie au mieux de faire en sorte de servir nos deux intérêts à égalité. Mais parfois, on est si différent que ça semble impossible.
Elle replaça une mèche rebelle derrière son oreille, et repensa à un souvenir particulièrement heureux avec Gab. Le soir ou ils avaient faire un feu de camp sur la plage à deux pas de leurs appartement loué pour les vacances. Ce soir là, Gab avait accepté de ne pas respecter la loi et d’allumer ce feu alors qu’il était interdit de brûler du bois sur le sable fin de ce banc de plage. Mais il l’avait fait, parce qu’il l’aimait. Et il avait passé l’une des plus romantiques soirées de leur vie.
- Je l’aime tellement Pearl, je l’aime tellement que si un jour on venait à… je suis pas sûre que j’arriverai à surmonter. Alors je vais suivre ton conseil. Mettre ma fierté de côté ne peux me faire que du bien, et je vais écouter tes conseils. Mais… J’ai besoin de réfléchir un peu avant.
Elle adressa un sourire à Pearl, lui demandant tacitement de ne plus parler de Gab. Elle s’était suffisamment épanché pour toute une vie, vu son gout pour se confier aux gens. C’était à Pearl de passer à la casserole maintenant.
- Mais assez parler de moi ! Maintenant je veux tout savoir de toi. Et je sais que tu ne veux pas parler de ce Aiden, mais c’est injuste, tu sais tout toi, alors je veux savoir aussi !
Pearl était vraiment touchée que Leïla envisage de suivre ses conseils. C’était une fille très réfléchie et très à fleur de peau quand on la connaissait bien. Alors qu’elle prenne en considération ce que son amie avait pu lui dire était une grande preuve de confiance.
Elle sentit Leïla tressaillir alors qu’elle était entrain d’imaginer le pire et décida de la rassurer tout de suite.
- Mais ne pense pas à des choses comme ça. On parle de Gab et toi là. Rien qui vous éloignera l’un de l’autre.
Elle réfléchit un instant avant de poursuivre.
- Trouver un juste milieux, ça veut pas forcément dire que tu dois mettre ta fierté de côté. Ça veut juste dire que tu dois faire plus attention et que lui doit être un peu moins sur toi. C’est faisable et je suis sûre que vous y arriverez très bien tous les deux.
La jeune fille avait fait le tour. Pearl sentait bien qu’elle voulait changer de sujet. Donc elle n’insisterait pas plus sur le sujet. Le plus important avait été dit après tout.
Évidemment, la chanteuse revint à la charge sur le sujet Aiden. Pearl se disait aussi qu’elle avait lâché le morceau bien vite. Elle se mit à rire en secouant un peu la tête. Elle n’avait par tort cela dit. La musicienne se devait d’apporter un peu plus de précisions à son amie, quand ça sa toutes jeune histoire avec ce garçon de troisième année.
- Je sais pas ce que je pourrai te dire de plus. Mais il y a tout de même un truc qui vaut la peine d’être évoqué.
Elle marqua une pause, prenant plaisir à mettre la curiosité de Leïla à rude épreuve.
- Je crois bien que c’est le premier gars pour qui je suis susceptible d’avoir de vrais sentiments. Je veux dire… C’est la première fois que je me fais ce genre de réflexion. Que je ressens ça. Ça m’était jamais arrivé avant. Alors, je suppose que ça veut dire qu’Aiden est vraiment quelqu’un de spécial tu vois ?
Elle vit un enfant jeter une cannette de soda par terre au loin et soupira en secouant négativement la tête. Lorsqu’elles arrivèrent au niveau du déchet jeté à terre, Pearl le ramassa et le mit dans une poubelle qui se trouvait à même pas deux mètres.
- On croit rêver. Y a une poubelle sous ses yeux, et ce ptit con jette ça comme ça. Et sa bouffonne de mère qui dit rien putain…
Leïla rirait et Pearl la poussa un peu pour la taquiner à son tour.
- Arrête de te moquer. Je trouve ça débile de snober les poubelles alors que y en a partout maintenant. Un peu de propreté ça fait pas de mal.
La jeune fille était loin d’être une écolo modèle, mais elle avait des principes et aimait voir que certains se soucient, même un tout petit peu, de la propreté et du bien être de leur environnement immédiat. Elle revint ensuite à ce qui intéressait son amie.
- Bref… J’ai des sentiments. J’en sais pas plus. Alors j’en dirai pas plus. Mais promis, dès que j’ai du nouveau c’est à toi que j’en parle. Juste après Jessie. Ajouta-t-elle à voix basse.
Leïla la poussa à son tour et elle se mirent à rire toutes les deux en passant l’entrée du campus de la NYADA.
- Tu dînes avec Gab j’imagine ? Demanda Pearl alors qu’elles se dirigeait vers le dortoir des filles.
Leïla écoute avec attention les conseils de Pearl sur sa relation mais décida de ne pas rebondir dessus. Elle était fatigué de toujours se disputer avec m’homme qu’elle aimait et elle savait qu’elle devait faire des efforts aussi. Revenir sur le sujet indéfiniment ne réglerait pas ses problèmes pour autant.
Elle appréciait néanmoins la sagesse douce de Pearl, et bien que la une fille avait très peu d’expérience dans ce domaine, elle restait une fille très maligne et douée dans les relations humaines.
Pearl finit par enfin parler d’elle, même si la jeune fille était comme elle, et préférait être discrète sur ses relations. Elle incita néanmoins son amie à se confier, ce qu’elle ne tarda pas à faire.
Elle mettait sa patience à rude épreuve mais trouva cela de bonne guerre et attendit patiemment que Pearl parle.
- Je vois, comme je le dis si bien, il faut du temps au temps. Et surtout ne pas précipiter les choses. Et tes sentiments viennent petit à petit, je trouve ça génial, je connait pas ce Aiden, mais s’il a réussit à avoir ton attention c’est qu’il doit être cool. Je suis contente pour toi Pearl, tu vas enfin découvrir les joies d’un cœur battant trop vite.
Elle lui lança ensuite un clin d’oeil mais Pearl fut vite déconcentrer par autre chose. Au loin, elles virent un petit garçon lancé sa canette au sol plutôt que dans la poubelle, et l’âme école de Pearl s’enflamma d’un coup ce qui fit rire Leïla
- Excuse-moi, dit-elle en essayant de reprendre son sérieux, maintenant je sais que tu vas intégrer le GITNS pour l’écologie et non pour les abdos de mon mecs, ça me rassure.
Elle se remit à rire tandis que l’autre jeune femme la bouscula légèrement pour la taquiner.
- Je veux être la deuxième sur tout compris ? Je veux presque connaitre Aiden aussi bien que toi ! Enfin sans le gout de sa langue, évidemment.
Elle se mit à rire en bousculant légèrement la jeune femme à son tour alors qu’elle franchissait lla porte du campus.
Le chemin avait été court, mais comme à chaque fois, Leïla savait que c’était parce qu’elle le faisait avec plaisir et en bonne compagnie plus que parce que le chemin était rapide.
A la mention de son petit ami, Leïla se frappa le plat de la main sur le front.
- Oh merde ! J’ai complètement oublié que je devais le retrouver devant la salle de musique. Si je dis que j’étais avec toi, ça passera, mon retard ne sera pas sanctionner.
Elle commença a courir en direction de la dite salle sous les rires de son amis quand elle se retourna après quelques mètres pour lui crier :
- On se voit demain ok ?
Elle n’attendit pas de réponse et se remis à détaler dans l’autre sens, vers son petit ami qui devait l’attendre depuis déjà une bonne vingtaine de minutes.











