“Edouard est en gueule de bois, des cernes immenses lui tombent sous les yeux. Il ramasse les cafés de la table avec une lenteur gênante et retourne derrière le bar essuyer quelques verres. Un client qui semble pressé arrive au comptoir. « Bonjour, un café et un croissant avec une... », il s’arrête en croisant le regard d’Edouard, ce regard fatigué mélangeant la haine et la pitié qui semblent hurler en silence : « ne prend rien, fais demi-tour et disparaît ». Le client est perplexe, à la fois apeuré et désireux de passer commande. Il tente à nouveau. « … avec une... » Le regard d’Edouard qui s’intensifie le coupe à nouveau. Une bataille de regard s’engage entre les deux protagonistes. L’un lutte pour reprendre sa commande, l’autre pour avoir la paix. A chaque tentative du client, Edouard durcie son regard, passant peu à peu de la pitié à la colère. Il préfère visiblement s’épuiser à faire fuir un client avec ses yeux plutôt qu’à faire un café.”
La non-mue des lézards
“Edouard sort devant le café, porte une cigarette à sa bouche avec la lenteur qui le caractérise puis l’allume. Il tire quelques barres et contemple le dehors qui semble l’agresser, tout autant que le dedans.”
La non-mue des lézards
“Edouard finit lentement sa cigarette et voit passer devant lui Gus suivit du couple et du vendeur de rose qui le traquent. Quelques pétales de rose virevoltent derrière eux. Il reste flegme, éteint sa cigarette sous ses pieds et la jette à la poubelle avant de reprendre son poste en marchant très calmement.”
Le non-mue des lézards
“Edouard est derrière son bar, il n’a plus rien à faire. Il contemple sa salle. Quelques étudiants étudient, un vieux vieillit, un couple s’accouple. Devant la simplicité heureuse de ces vies, Edouard se met à pleurer sans trop savoir pourquoi, sans bouger, sans se cacher, sans essuyer les larmes qui perles sur ses joues. Le client de tout à l’heure s’approche à nouveau. « Donc c’était pour un café et un croissant avec une… » “
La non-mue des lézards
Maître Mims le frère de mon frère n'aime pas les mondanités, les paillettes, les strass. Trop beau pour les appareils photo. Ceux-ci ne parviennent pas à restituer le centième de son charme et son odeur si agréable. Il aime à se pavaner en slip des semaines, des mois entiers. Et lorsque ça le démange il peut vous faire cinquante pompes comme ça là en plein repas, entre la saucisse et la purée. Et quand je dis cinquante...ça peut aller jusqu'à 52 ou 53, ça lui fait pas peur. Il aime beaucoup les belles filles un peu douces avec des yeux de chat et dès qu'il en voit une on peut plus le tenir. Le mieux dans ces cas là c'est de décrocher sa laisse sinon il vous arracherait un bras.















