Qui est ce Belge dont les médias parlent tout le temps ? Le Belge qu’ils louent ou critiquent à tort et à travers ? Ils disent que le Belge est un gros consommateur de waterzooi. Qu’il mange trop de « pain français » et de frites à la mayonnaise. Qu’il boit trop de bière, surtout de la Gueuze. Qu’il est en surpoids, à la limite de l’obésité. Qu’il a un accent à couper au coutelas, avec des rrrr râpeux qui écorchent le larynx, surtout en fin de mots. Des mots comme bière, dont il a bu une demi-douzaine de verres. Ce dont il n’est pas fier. Qu’il abuse de l’expression une fois, comme dans « Écoute une fois, fieu ! » Vous n’avez qu’à ouvrir la radio ou la télévision : tôt ou tard il sera question de ce Belge. Il fait 1,72 m de taille pour 79 kg. Il est marié et père de 2,4 enfants. Mais c’est qui au juste ? Il s’appelle comment ? Jan Peeters ou Pierre Dubois ? Allez, dites-le une fois !
J’ai interrogé là-dessus ma famille au énième degré, mes voisins, mes collègues et néanmoins amis, mes congénères, le ban et l’arrière-ban. Jusqu’aux simples passants dans la rue. Eh bien, autant l’avouer tout de suite : je suis revenu bredouille de mon sondage. Un passant m’a dit tout au plus que ça doit être un homme. Disons un type, un garçon, peut-être un monsieur. En tout cas un mâle. Puisqu’on emploie toujours l’article masculin le. On dit le Belge. « Le Belge raffole de ceci, le Belge a horreur de ça. » Si c’était une femme, on dirait la Belge, non ? Faut croire que l’écriture inclusive n’est pas encore passée par là.
C’est ce qui m’amène à poser une question à mille francs belges : finalement, qu’est-ce qui est belge ? Le pays avec ses 11,46 millions d’habitants ? Le drapeau, l’hymne, l’armée, l’équipe nationale de foot ? On est d’accord, tout ça est belge. Mais encore ? Eddy Merckx et Eden Hazard ? Aussi ! Le Lion de Waterloo et le signal de Botrange ? Itou ! Et tout ce que le Belge produit, est-ce de ce fait aussi du belge ? Ça dépend ! Si c’est de la trappiste de Westfleteren ou du fromage de Herve, sans doute ! Mais des bouquins ? Des livres belges ? Bien sûr, profitant de la vague du « circuit court » et du slogan Achetez local !, un éditeur peut tenir ce langage : « Vous êtes belge, je suis belge, achetez donc mes livres belges ! » Mais n’est-ce pas là un abus de langage inspiré par l’appât du gain ? Car qu’y a-t-il de vraiment belge dans ces livres ? L’auteur, l’éditeur, l’imprimeur, le distributeur, le libraire ? Le papier et l’encre ? Un assortiment de tout ça ? Mettons-nous au moins d’accord sur ceci : dès qu’il s’agit de création littéraire ou savante (poésie, romans, monographies, essais, bandes dessinées, chansons, théâtre), la belgitude disparaît au bénéfice des trois langues nationales. Certes, il existe des dialectes belges, qui se prêtent aussi à la création, mais il n’existe pas de « langue belge ». On ne peut parler ou écrire belge que par ironie.
Pour ménager les susceptibilités locales, transposons le problème de l’autre côté de la frontière linguistique. On se souvient de Hugo Claus et de son roman Le chagrin des Belges. Encore des Belges, direz-vous, mais ce n’est pas ma faute. (Dans le titre néerlandais Het verdriet van België, il s’agissait du chagrin de la Belgique.) Néanmoins, est-ce un livre belge ? L’auteur l’était, puisque né à Bruges en 1929. Toutefois son roman (1983) est édité par une maison hollandaise (De bezige bij à Amsterdam), entreprise issue de la Résistance et dont un des premiers titres fut une traduction néerlandaise du Silence de la mer de Vercors. Cette nouvelle avait été publiée clandestinement en France dès 1942 par les Éditions de Minuit, autre maison née de la Résistance et dont Vercors fut le cofondateur. On voit que pour ces gens-là, la nationalité d’un livre était le cadet de leur souci. C’est d’ailleurs la même maison d’Amsterdam qui publia la première traduction de La peste de Camus.
Mais faisons un pas de plus. Angèle Manteau, vous connaissez ? Une Dinantaise née de père français et de mère belge. Une dame on ne peut plus belge et francophone. Sauf qu’elle apprend le néerlandais à Bruxelles, crée sa propre maison d’édition, l’implante à Amsterdam, où elle édite entre 1938 et 1970 des dizaines d’auteurs hollandais et flamands (sans parler des traductions d’auteurs français, comme Françoise Sagan), et finit distinguée par l’ordre d’Orange-Nassau. Encore une dont la bibliothèque ne classe pas les livres par drapeaux nationaux. Une qui ne connaît – et ne reconnaît ! – que la littérature sans frontières. Un peu comme ces médecins du même nom, qui voulaient soigner et nourrir au mépris des passeports ou des fiertés nationales. Vive donc les livres qui nourrissent, soignent, instruisent ou amusent, quel que soit le pré carré qui les a vu naître ! Des livres qui n’ont rien à déclarer à la douane ! Des livres libres, en somme !
In early spring I participated in a 2-day-hike with the boyscouts to my most beloved landscapes of the high fens. Starting point was the Maison du Parc Botrange, the 20km tour brought us back to Monschau for a wet night in the tent. (Lot’s of rain, but hey that’s part of the landscapes...) Still my favourite hang out - bring the rubber boots!
Signal de Botrange Enjoying the landscape #panorama #horizon #sunset #ardennes #botrange #signaldebotrange #belgium #wallonie #wildlife #oneplus (bij Signal de Botrange) https://www.instagram.com/p/BoURe-MAQ4b/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=ai3ji9uf1yy3
De Oostkantons – mooi plekjes en een oorlogsverleden!
Het eerste deel van de Oostkantons stond niet bij ‘nieuwe artikelen’ – als je het gemist hebt, hier is de link : Oostkantons en vallei van de Salm en Ambleve
in dit deel reizen we verder naar:
7. Stavelot
Het stadje Stavelot bezit oude huizen, sommige met vakwerk, en gezellige pleintjes met een fontein. De stad werd gesticht door monniken van…