Émergence dans le jeu vidéo
Mémoire de fin d'études de Léo Catonnet à l'Ésad d'Amiens, DNSEP 2015
mention design numérique.
Etude phénoménologique du médium vidéoludique, et du rapport en l’oeuvre, le joueur et le créateur.
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Ce n’est qu’en acquérant par la pratique la compréhension de l’expérience du jeu, et en en manipulant ses signes et son langage, que l’analyste disposera d’outils pour en dégager les intentions, les enjeux, le processus et la finalité. Bref, pour analyser le jeu vidéo en tant qu’oeuvre vectrice d’une expérience signifiante.
Les anglophones ont un mot tout particulièrement dédié à cet objet complexe qu’est l’expérience de jeu : gameplay (qui se retrouvera souvent tristement traduit en « jouabilité » dans la langue de Molière). C’est que le mot gameplay détient une force particulière aux mots-valise de l’anglais ; il est composé de game, le jeu dans ses règles et ses limites, et de play, l’action de jouer. On pourrait plus précisément traduire gameplay par « comment le jeu se joue » soit comment le système formel du jeu, ses règles et son contexte influent sur notre manière de jouer et forgent notre expérience de jeu.
Dans n’importe quel medium, le processus créatif se termine lorsque l’oeuvre est stabilisé, considéré comme finie. L’oeuvre est alors figée, tout altération consciente en ferait une autre oeuvre, elle n’est plus que reproductible, à la rigueur. La forme du jeu vidéo délivrée par le game designer garde elle une grande part d’instabilité. Sa nature même est interactive ; sa matérialité, numérique : malléable, altérable.
S’il existe des jeux communicants, des jeux fermés, vecteurs d’information ; il y a déjà tant de jeux ouverts et libres interprétation qui véhiculent des questionnements qui n’ont jamais était aussi puissamment adressés qu’au travers du médium vidéoludique. Bref, il est des actes de résistance vidéoludiques.