Maintenant que je m’engage, je ne veux plus m’arrêter.
En avril, c’est au collège Agnès Varda à Ligné que Cécile Liège - Le Sonographe - est allée animer un atelier sonore. Retour sur un projet qui a plongé les élèves de 4ème A au cœur de la notion d’engagement.
“ On décrit souvent les adolescents refermés sur eux-mêmes, repliés sur leur smartphone, en quête de virtuel plus que de réel. Il n’en est rien. Il suffit de prendre le temps de réfléchir avec eux, de les écouter pour se rendre compte qu’ils ont les yeux et les oreilles grandes ouvertes sur ce qui agite notre planète… “
Voilà comment l’auteure sonore introduit ce projet, à l’aube de sa présentation à la Chapelle des Ursulines à Ancenis. En invitant toute une classe à réfléchir collectivement à la notion d’engagement, Cécile Liège a découvert ce que cela représentait pour eux, quelles étaient les thématiques qui les touchaient particulièrement. Dans les échanges et les travaux réalisés ont été abordé l’homosexualité, les enjeux environnementaux, la justice sociale, les inégalités, les droits de l’homme ou le harcèlement.
“Je leur ai proposé un cadre de réflexion qu’ils ont su s’approprier”.
La parole s’est d’abord libérée sans qu’elle soit enregistrée. Le but était d’échauffer les esprits, de générer du débat et des idées. Très vite, Cécile propose aux élèves de passer à la technique : enregistrement, nettoyage de rush, montage. L’idée étant qu’ils puissent expérimenter toutes les étapes du travail. En effet, à l’instar des ateliers de Scouap (mapping) ou Adeline Praud (photographie), l’écriture sonore ne se résume pas à elle-même : de nombreuses étapes sont nécessaires pour aboutir au projet final.
“ Ce que m’importe c’est que chacun trouve sa place. Entre l’écriture, le théâtre ou la technique de prise de son, je me dis qu’il y a des chances que chacun trouve son compte”.
De la parole intime comme point de départ du projet, Cécile propose ensuite la réalisation de projets de fiction en groupe. Six autoportraits d’héroïnes d’aujourd’hui émergent alors. Quand un demi-groupe est à l’enregistrement des paroles avec Cécile, l’autre partie de la classe travaille avec Dominique Picat (professeure d’enseignement musical), à la création des ambiances sonores qui accompagnent les portraits.
Le risque était qu’ils énumèrent de grandes causes qui écrasent, voire inhibent leurs témoignages sur des engagements plus quotidiens. Pour éviter cela tout en captant leur révolte et leurs sujets d’indignation, j’ai choisi d’alterner la fiction et le réel. La fiction, c’est l’écriture et la mise en voix et en sons. À travers leur histoire, les adolescents pointent les sujets, les grandes causes qui leur tiennent à cœur. Puis, il y a la partie témoignage : là encore, les jeunes décrivent ce qui les fait réagir dans le monde et autour d’eux, ce qui les dérange, eux, personnellement ; leur manière de s’informer sur les causes qui les touche aussi.
Les six projets sont à découvrir les 24 et 25 mai à la Chapelle des Ursulines pour la restitution globale du projet Mille et un Visages.
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