Nous suivons la voiturier au parking où il nous montre notre véhicule de location, une Ferrari. Je demeure bouche bée. Avec un accent italien, il vérifie :
— Vous savez comment l’utiliser ? Vous avez des questions ? Leyla semble surexcitée. Je me retourne vers elle, en sachant qu’elle adore les belles voitures, mais ignorant si elle est capable de les conduire. Incrédule, j’arque mon sourcil malgré moi. Elle plisse ses paupières et pince ses lèvres d’un air expert, tout en tendant sa main au steward :
— Je suis la conductrice. J’écarquille les yeux :
— Allez, Leyla, je te ferai faire des tours sur un parking d’abord.
Elle pouffe de dérision :
— Mon chéri, vraiment, tu ignores une chose : j’ai pris des cours de conduite extrême à San Marino. Je peux piloter tout ce qui a quatre roues et sur n’importe quel type de route !
— La clef ? Il la lui presse au creux de sa main tout en lui lançant une expression stupéfaite. Elle est consciente de l’effet qu’elle a sur la gent masculine et en profite pour obtenir ce qu’elle veut. Ma femme est une adorable petite garce… Placée au volant, elle règle l’inclinaison et la hauteur du volant, du siège, des rétroviseurs, décroche un élastique de son poignet en nouant ses cheveux en une queue de cheval et rabat ses lunettes sur son nez. J’observe ses gestes du coin de l’œil tout en déposant nos valises dans le coffre et je m’installe comme passager. Elle envoie un baiser virtuel au voiturier, qui laisse tomber sa mâchoire inférieure en signe de stupéfaction. Je pense : C’est ma femme !
— Comme je t’expliquais, pour me défendre, j’ai appris à conduire"
Janet Josse. Une bouée dans le noir (posizioni nel Kindle 5372-5379). Chapitre 21














