Deux thèmes se distinguent particulièrement et donnent singulièrement du mal à l’analyste. (…) Les deux thèmes sont liés à la différence des sexes ; l’un est tout aussi caractéristique de l’homme que l’autre de la femme. Malgré la différence du contenu il y a là des correspondances évidentes. Quelque chose qui est commun aux deux sexes a été forcé par la différence des sexes, à se mouler dans l’une et l’autre formes d’expression.
Les deux thèmes en correspondance mutuelle sont pour la femme l’envie du pénis - l’aspiration positive à la possession d’un organe génital masculin – pour l’homme la rébellion contre sa position passive ou féminine envers un autre homme. Ce qu’il y a de commun entre les deux a été très tôt mis en relief par la nomenclature psychanalytique en tant que comportement à l’égard du complexe de castration ; Alfred Adler a plus tard mis en usage l’appellation, pleinement pertinente pour l’homme, de «protestation virile» ; je pense que le «refus de la féminité» aurait été dès le début la description exacte de cette part si remarquable de la vie de l’âme humaine. (…).
Chez la femme, (…) du désir inassouvi de pénis doit naître le désir de l’enfant et de l’homme qui porte le pénis. Nous trouvons cependant, avec une fréquence inhabituelle, que le désir de virilité est resté conservé dans l’inconscient et déploie à partir du refoulement ses effets perturbateurs.
S. Freud, L’analyse avec fin et l’analyse sans fin, 1937 (Résultats, idées, problèmes – II, PUF 1985, pp. 266-267).