La signature du compromis pour les nuls
Tu rentres de vacances, et BIM, les petites contrariétés sonnent à ta porte.
Pour être tout à fait clair: la nouvelle maison, c’est une putain de bonne nouvelle. Les démarches administratives qui vont suivre pendant 4 mois, c’est une moins bonne nouvelle.
Dans l’ordre donc, tu dois, trouver une banque qui te prête les sous, prendre rendez-vous chez le notaire de la partie qui vend, trouver un notaire, passer des tests médicaux au cas où tu serais en meilleure santé que ce que tu décris pour shoper une assurance vie (correction, une assurance solde restant dû, du con! apprends les termes! et maintenant qu’on en parle…), apprendre 2345 nouveaux termes de vocabulaires, lire un compromis de vente, et faire tes objections…
Bien bien bien.
Comme on est des gens intelligents (ou presque),on s’est simplifié la vie en passant par un courtier (#LAPLUSGROSSEERREURDETAVIE). Il est beau, il est drôle, il parle bien, il te considère pas comme un pauvre, il comprend tes inquiétudes et partagerait presque son pognon avec toi, tellement il t’apprécie. T’as beau avoir le “warning”, la sonnette d’alarme, la sirène des pompiers derrière,… tu te dis que si ça peut pas être si mauvais si 345 098 personnes lui font confiance. (HEH! MAUVIETTE, RAPPELLES-TOI DE DEXIA!!!)
Donc, il te conseille la meilleure banque, en fonction du taux (qui changent sans cesse ces derniers temps : lui il suit ça tous les jours, il ne peut que bien te conseiller!), et en fonction de tes critères. Les nôtres sont simples: taux fixes, pas plus de 700 euros par mois et peu d’obligations avec.
Résultat en tête: Fortis et une succursale de Belfius. J’aime pas trop les succursale, mais on a rien à prendre chez eux. Donc s’ils venaient à se noyer, on a qu’un truc à déménager…. Enfin, dans ma tête, c’est ça. Je mets pas tous les oeufs dans le même panier! (même si les réseaux sous-terrain des banques et les fornications de coffre, la circulation du pognon dans les caves existe… dans ma tête de bonne mère de famille, ça me paraît judicieux. Avec du recul, le fait que j’ai pas d’enfant devrait être un indicateur non négligeable).
Il est content lui, plus il fait des contrats, plus il a des sous.
Moi j’ai aussi l’impression d’avoir bien négocié. Il nous invite à revenir avec des papiers du médecin qui atteste que je suis en bonne santé (je fais du sport, c’est à risque à ce qu’il paraît maintenant! Heureusement que j’ai pas dit que je mangeais bio!), le compromis signé, et lui reviendra avec l’accord de la banque, avec je cite, “un taux qui d’ici là, ne peut que diminuer”.
Pour faciliter les démarches, et tellement ça s’est bien passé vite, on décide d’aller se déclarer cohabitants légaux avec mon voisin. Je rigole parce que c’est dans la section mariage de la commune. On signe… Et quand la madame du guichet nous félicite, je commence à flipper grave. Elle nous file un petit papier officiel (je le sais parce qu’il y a le drapeau belge brodé sur le livret de papier) et un papier pour le don d’organes… Je ne ris plus du tout. Je pense que je viens de me paxer.
J’ai l’impression de pas avoir lu les microconditions en petit sur le fond de la feuille d’un contrat pour les télécommunications qui dit “on va t’enculer jusqu’à la fin de ta vie, signe ici et dis qu tu as tout lu, amen”… (un jour, si je suis toujours en vie d’ici là, j’écrirai sur mon expérience dans les télécommunications #dégouttotal #2ansdetaviegâché).
Pour qu’elle comprenne bien que je n’avais rien compris de ce que je faisais, je lui demande “comment on fonctionne si je veux me décohabitanter?” On signe un petit papier (et il est même pas obligé d’être signé par les deux parties!) et on est désengagé. Ca me rassure. J’ai une peur panique des engagements. C’est sans doute pour ça qu’on a pas encore de gamins. C’est au moins 18 ans d’engagements et d’emmerdes. Je supporte pas la contrainte!!!
Bref, avec mon voisin que je peux appeler mon cohabitant maintenant (c’est parce qu’on bite? c’est ça? c’est grossier le latin!), on a bien avancé. Y a plus qu’à….
- trouver un notaire: facile, on prend le meilleur de Namur. Enfin le deuxième meilleur, parce que les vendeurs on pris le meilleur.
- lui demander de lire le compromis des vendeurs et attendre ses remarques. (TOUT DE SUITE, NON! Ca ne s’est pas passé comme ça: on a attendu, attendu, attendu… La veille du rencard, la secrétaire du notaire ou plutôt probablement la clerc de notaire nous a sonné pour voir si nous avions des remarques…. alors oui, ma première question sera la suivante: pourquoi le paye-t-on si c’est à nous de lire les papiers et de dire si il y a des erreurs? … DOMMAGE que je ne l’ai pas posée! Donc, rouf rouf, je lis entre les lignes, la superficie, en mètre cube de la maison (quelque fois que tu voudrais la remplir d’eau, tu sais à quoi t’attendre), le cadastre, le chemin qui longe qui est pas à toi mais que tu devras entretenir, que si y a des emmerdes après, tu signes que tu promets de pas poursuivre les vendeurs, que si les sols sont pollués, tu promets de pas poursuivre les vendeurs, que si il y a des annexes pas conformes, tu promets de pas poursuivre les vendeurs,… Comme le notaire a l’air confiant en tout cas sa secrétaire, tu fermes les yeux, tu inspires profondément en espérant de tout cœur “pas devoir poursuivre les vendeurs pour aucunes des raisons précitées”. Puis tu valides. Le notaire est content, mais comme son temps est bien plus précieux que le tien (tu gagnes quoi, 70 euros par jour? Il en gagne quoi 7000 par jour? Son temps est nettement plus précieux que le tien, cqfd), vous irez seuls signer le compromis… Ma seule question reste sans réponse : pourquoi le paye-t-on? Tutututu, ne fais pas ton originale, fais comme tout le monde, paye et tais-toi. Si on te dit qu’il faut un notaire, tu en prends un, puis c’est tout.
- prendre rendez-vous pour signer le compromis
- signer le compromis (et suer tout ce qu’on peut suer, et mettre des clauses suspensives partout pour être certains de pas se retrouver à devoir payer une maison sans avoir le crédit hypothécaire, et puis prier pour qu’il y ait pas de vices cachés. Puis demander pour visiter la maison parce que ça fait jamais que 1 visite et demi… ça c’est possible que si tu remplis deux formulaires, que tu introduis une demande 1 semaine à l’avance, que tu danses autour du feu et que tu invoques six fois satan).
- attendre le retour de la banque
Pour clore tout de suite le suspens, elle a dit oui!!!! Toutefois, elle s’est permis de revoir le taux à la hausse. Quand tu interroges le courtier pour savoir pourquoi, alors qu’il promettait que le taux ne puisse changer que vers le bas, celui-ci te dit “parce que vous ne gagnez pas assez”. Somme toute, parce que je suis pauvre, je vais avoir un taux plus haut. Ça me parait assez logique qu’on prélève plus chez les pauvres. Ensuite, et c’est là que c’est vicieux, elle ne te prêtera pas 15 000 euros de travaux mais 8354€. Quand tu interroges ton courtier en lui demandant “pourquoi?”, il sait plus trop bien et tu commences à l’emmerder, alors il te passe son collègue. Quand je dis, “peut-on recommencer les démarches avec une autre banque et les contraindre à revoir leur taux et leur offre?” (t’es payé pour ça, après tout) “Alors oui, mais, il faudra refaire une expertise de la maison (350 euros) à vos frais” “Mais, les experts sont indépendants, non?” “Oui, mais l’autre banque peut choisir de faire appel à son propre expert” “Bon, et vous pensez que ça vaut la peine -toi qui a six diplômes de gestion financière, d’études boursières de placements de mes fesses?-” “Honnêtement, ça veut dire recommencer toutes les démarches, repasser chez le médecin, repayer 350 euros,…et vous n’êtes pas sure d’avoir un meilleur taux chez l’autre banque”. “bon, bon, bon…. Bin on va accepter hein alors….”
#jailasensationdemefaireenfilersansprotester
- boire pour fêter ça! Mais surtout BOIRE (pour fêter ça :/ => j’ai déjà mal au cul!).
Santé!
A la maison
- ça va chou? t’es heureuse?
- Ouais, je sais pas trop, j’ai l’impression que certaines choses nous dépassent dans cet Univers….
- Santé hein.
- A cette belle aventure! (j’ai mal au cul!)